Yémen: une enfant tuée par des tirs de célébration de fans de foot

Des supporters yéménites dans un stade de Sanaa d’où ils suivent sur écran géant la finale de la Coupe d’Asie junior contre l’Arabie saoudite, le 13 décembre 2021
/ © 2021 AFP

Une enfant est décédée et 36 personnes ont été blessées lundi soir à Sanaa par des tirs de célébration à l’occasion de la victoire sans précédent de l’équipe yéménite junior à un championnat de football régional, a annoncé une source médicale.

Les habitants de ce pays pauvre, miné par la guerre, ont laissé éclater leur joie dans les rues et des célébrations ont eu lieu dans toutes les villes yéménites, aussi bien dans celles contrôlées par les rebelles que dans les régions tenues par le gouvernement, les deux parties en conflit depuis sept ans.

Dans la capitale Sanaa, contrôlée par les Houthis, des tirs de célébration ont “tué une fillette de quatre ans et blessé 36 personnes”, a affirmé la source médicale à l’AFP.

Des coups de feu ont été entendus pendant plusieurs heures, pendant que des familles se promenaient dans les rues et que des feux d’artifices étaient tirés, a rapporté un correspondant de l’AFP.

La huitième édition du championnat d’Asie de l’Ouest des moins de 15 ans, organisée en Arabie saoudite, s’est achevée lundi par une victoire de l’équipe yéménite face aux Saoudiens.

Cette prouesse est une rare source de joie pour le pays le plus pauvre de la péninsule arabique, en proie à un conflit sanglant depuis 2014 entre les rebelles Houthis, proches de l’Iran, et le gouvernement, soutenu par une coalition militaire menée par l’Arabie Saoudite.

Les deux parties ont félicité la jeune équipe et promis de la soutenir financièrement, les joueurs provenant de différentes villes du pays.

“C’est touchant de voir l’unité, le bonheur, et les célébrations à travers le pays”, a tweeté l’envoyé spécial de l’ONU au Yémen, Hans Grundberg.

Selon l’ONU, la guerre aura causé la mort de 377.000 personnes d’ici la fin de l’année 2021, dont environ 227.000 décès dus aux conséquences indirectes du conflit, telles que le manque d’eau potable, la faim et les maladies.

La guerre, qui a également déplacé des millions de personnes, a conduit plus de 80% de la population d’environ 30 millions d’habitants à dépendre de l’aide internationale, dans ce que la communauté internationale considère comme l’une des pires crises humanitaires au monde selon l’ONU.