XV de France: Jaminet, une ascension à “2.000 à l’heure”

L’arrière de Perpignan Melvyn Jaminet célèbre son essai en finale de Pro D2 contre Biarritz, le 5 juin 2021 à Montpellier
Par Sébastien DUVAL / © 2021 AFP

“Un peu perdu”, Melvyn Jaminet a pensé arrêter le rugby il y a quelques années avant d’y reprendre goût dans “un club de village”, puis à Perpignan en Pro D2, dont il a été la grande révélation cette saison, au point d’être appelé pour la tournée des Bleus en Australie.

Le natif de Hyères dans le Var, qui fête ses 22 ans mercredi, venait avec ses coéquipiers de faire remonter l’Usap dans l’élite lorsqu’il a appris, au début du mois, que l’encadrement du XV de France s’intéressait à lui.

“J’ai été très surpris sur le coup”, confie le jeune arrière, auteur de 23 points à lui seul lors de la finale de Pro D2 contre Biarritz (33-14). “Mais j’ai relativisé ensuite, j’ai continué à m’entraîner et c’est bien d’être ici”.

Ici ? A plus de 17.000 kilomètres de Perpignan, en Australie, où l’équipe de France est arrivée la semaine dernière pour une tournée ponctuée de trois rencontres contre les Wallabies, les 7, 13 et 17 juillet.

La “cerise” sur un exercice 2020/21 très abouti pour Jaminet, l’un des meilleurs marqueurs et réalisateurs de la deuxième division (9 essais, 294 points), dont il a été l’un des grands animateurs grâce à ses relances tranchantes et son jeu au pied aussi puissant que précis.

Des qualités qui n’ont pas échappé au sélectionneur des Bleus Fabien Galthié. “Brice Dulin n’est pas disponible et les productions de Jaminet m’ont séduit”, a-t-il expliqué au journal Midi Olympique. “Il m’a semblé intéressant d’en faire un sélectionnable”.

“C’est une saison assez magique. Tout s’est enchaîné un peu à 2.000 à l’heure”, témoigne le joueur, comme s’il avait encore du mal à bien réaliser ce qui lui arrive.

“En-dessous physiquement”

Il faut dire que le Varois, bloqué par la concurrence dans les équipes jeunes de Toulon, a songé à tout arrêter il n’y a pas si longtemps, en 2015.

“Je me sentais un peu perdu. Physiquement, j’étais un peu en-dessous des autres, mis de côté”, raconte-t-il. “Je ne m’amusais plus au rugby, je n’avais plus envie de jouer ni de m’entraîner”.

C’est en quittant le RCT pour “un club de village” qu’il s’est “vraiment redécouvert”, et a commencé à reprendre du plaisir sur les terrains. “C’était plus familial, je me suis régalé”.

Après une saison au RC de la Vallée du Gapeau (Honneur), Jaminet a rejoint le RC Hyères-Carqueiranne-La Crau (Fédérale 1) dont le manager, Grégory Le Corvec, séduit par son potentiel, l’a mis en relation avec le centre de formation de son ancien club, Perpignan.

On connaît la suite. Lui qui n’avait disputé qu’un seul match de Pro D2 avant l’irruption de la pandémie est aujourd’hui en Australie avec les Bleus.

“Découvrir le groupe France pour la première fois, c’est des moments magiques”, savoure cet ouvreur de formation repositionné à l’arrière, qui est arrivé sur la pointe des pieds à Sydney.

“J’ai passé deux-trois jours en observation”, dit-il. “Je ne connaissais pas grand monde, à part quelques collègues d’enfance avec qui j’avais joué à Toulon”, parmi lesquels le demi d’ouverture Louis Carbonel.

“Dès que je redescends sur Toulon, que j’ai des vacances, on se voit”, note Jaminet. “C’est vraiment une belle amitié et je suis content de pouvoir le retrouver en équipe de France”.

De la même génération, Carbonel a pris quelques longueurs d’avance, en Top 14 comme en sélection mais, à “2.000 à l’heure”, l’arrière de Perpignan pourrait bien rattraper le temps perdu.