Les joueurs d’Angers après un but contre Nantes, le 21 décembre 2019 à La Beaujoire
Par Fanny CARRIER / © 2020 AFP

Retour au foot: au lendemain de la mise en examen du président du club pour agressions sexuelles agravées, le staff et les joueurs du SCO d’Angers (L1) ont préféré se recentrer sur le terrain, avant de recevoir Lille vendredi, pour un match sous pression.

“On a dit qu’on n’en parlerait pas”: lors de la traditionnelle conférence de presse d’avant-match de l’entraîneur Stéphane Moulin jeudi après-midi, les journalistes ont eu interdiction de poser des questions sur l’affaire judiciaire.

“Ce qui est important c’est le match. Evidemment vous, je ne vous ai jamais vus aussi nombreux, je pense que (l’affaire) vous intéresse plus que nous. Nous on est focalisés sur le match, moi le premier (…). Je fais mon travail”, a déclaré le coach.

Rideau donc sur l’actualité lourde qui plombe le SCO.

Rien non plus sur l’état d’esprit dans lequel se trouvent les joueurs: “On ne s’est vus qu’hier matin (mercredi) et on joue demain (vendredi), donc pas le temps de mesurer le groupe. On va voir, on a une séance cet après-midi, on va pouvoir voir comment ils sont sur le plan physique et mental”.

Mercredi pourtant, Saïd Chabane, le président qui a apporté depuis 2011 stabilité et efficacité au SCO Angers, a été placé en garde à vue puis mis en examen pour “agressions sexuelles aggravées” à la suite des plaintes déposées par quatre salariées ou anciennes salariées du club.

Les quatre plaignantes, parmi lesquelles une hôtesse, une secrétaire et une chargée de clientèle, avaient entre 20 et 25 ans au moment des faits, qui s’étalent de 2014 à 2019. Le magistrat a évoqué des “caresses très appuyées sur les parties intimes”, mais pas de viols.

Dans un communiqué mercredi, le club a assuré que l’industriel franco-algérien de 55 ans, élu “dirigeant de l’année” par France Football en 2019, réfutait toutes les accusations et coopérait totalement à l’enquête.

“Le reste appartient au président”

Depuis, motus. “Le club sera solide, comme toujours”, a assuré Olivier Pickeu, directeur sportif depuis 2006, arrivé au centre d’entraînement dix minutes après la fin de la

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conférence de presse de Moulin. “J’ai envie qu’on se concentre sur le club et sur notre travail, le reste appartient au président”.

Sous un franc soleil, les joueurs se sont entraînés sur la partie de terrain la plus éloignée du public et des objectifs, dans une ambiance apparemment bon enfant.

Le ton était plus sombre du côté des quelques dizaines de supporters présents, dont beaucoup se sont inquiété surtout des conséquences des déboires du président sur les résultats et l’avenir du club.

D’autant qu’Angers, fringant en première partie de saison au point de passer plus d’un mois sur le podium à l’automne, est redescendu à la 13e place. A l’exception de ses premiers tours de Coupe de France contre Dieppe (N3) puis Rouen (N2), le club n’a plus gagné depuis sa belle prestation le 21 décembre à Nantes (2-1).

“On n’est pas dans une bonne dynamique en terme de réussite en ce moment”, a reconnu Moulin jeudi, tout en rappelant que même si les résultats n’ont pas suivi, Angers a su pousser Rennes en prolongation lors d’un 8e de finale de Coupe de France complètement fou la semaine dernière (défaite 5-4) et a malmené Monaco mardi (défaite 1-0).

Angers, qui jouera vendredi son 5e match en 13 jours, n’a pas eu non plus un menu facile en ce début d’année: Nice, Marseille, Rennes, Reims, Lille…

“Sur les matches aller contre ces équipes-là, nous n’avons pris que 2 points. On a fait quatre matches de championnat depuis la reprise, on en a perdu deux, on a fait deux nuls. Si on perd demain contre Lille, on sera au même niveau de points qu’aux matches aller contre les mêmes équipes. Donc j’espère qu’on va faire mieux”, a expliqué Moulin.