Uruguay: une nouvelle terre du milieu à défricher à la Copa América

L’Uruguayen Federico Valverde (d) à la lutte avec le Chilien Eudardo Vargas lors de la Copa América, le 24 juin 2019 à Rio de Janeiro
Par César LÓPEZ / © 2019 AFP

Les superstars Cavani et Suarez ont déjà 32 ans, mais l’Uruguay n’est pas dépourvu de sang neuf pour la Copa América au Brésil, avec un milieu de terrain jeune et talentueux façonné par le “Maestro” Oscar Tabarez.

En poste depuis 2006, le sélectionneur de 72 ans a vu défiler plusieurs générations au sein de la Celeste, avec un souci permanent: trouver des joueurs capables de distribuer de bons ballons à ses cracks de l’attaque.

La solution: une cure de jouvence, avec un entrejeu à 24 ans de moyenne d’âge.

Le symbole de ces nouvelles pépites du milieu: Rodrigo Betancur, 22 ans et déjà une valeur sûre de la Série A italienne avec la Juventus, où il joue depuis 2017.

Titulaire inamovible au Brésil, il a été associé dans l’axe à Matias Vecino (27 ans, Inter Milan), Lucas Torreira (23 ans, Arsenal) ou Federico Valverde (20 ans, Real Madrid).

Pour le quart samedi face au Pérou (19h00 GMT, 21h00 françaises), à Salvador, c’est Valverde qui tient la corde.

Vecino, blessé lors du premier match, est forfait pour le reste de la compétition, mais ses jeunes équipiers ont montré qu’ils avaient leur mot à dire.

“Nous avons de meilleures options au milieu que lors d’autres occasions”, a affirmé récemment Tabarez en conférence de presse. “Le milieu est notre secteur le plus prometteur”.

“Le secteur le plus prometteur”

Dans son sempiternel 4-4-2, il compte aussi des ailiers de talent, eux aussi interchangeables: Nahitan Nández (23 ans, Boca Juniors), Giorgian De Arrascaeta (25 ans, Flamengo) et Gaston Pereiro (24 ans, PSV Eindhoven) ont eux leur chance à droite.

Seul trentenaire de l’entrejeu uruguayen, Nicolas Loreiro (30 ans, Seattle Sounders) a débuté tous les matches à gauche, mais n’a disputé aucun match en entier.

Meilleur buteur de l’histoire de la Celeste avec 58 réalisations, dont deux lors de cette Copa, Luis Suarez est un des principaux bénéficiaires de cette évolution au milieu de terrain.

“L’Uruguay était habitué à avoir des équipes rugueuses, qui jouaient beaucoup en contre et ne produisaient pas beaucoup de jeu”, a avoué récemment l’attaquant du FC Barcelone.

“Aujourd’hui, le football a beaucoup changé de façon générale et cela se voit à travers nos joueurs qui manient bien le ballon”, a ajouté le numéro 9.

Nandez, Vecino, Bentancur, Torreira et De Arrascaeta, ne sont pas vraiment des petits nouveaux: ils ont déjà été dans les grand bain lors du Mondial-2018.

Les quatre premiers étaient même titulaires lors de la défaite 2-0 face à la France en quarts de finale.

Chacun son style

Au Brésil, avec ses huit milieux de terrain aux qualités différentes, Tabarez dispose d’un large éventail pour s’adapter aux caractéristiques de l’adversaire.

Torreira est le typique milieu “box to box” dont raffolent les clubs anglais: il joue à l’origine devant la défense mais peut apparaître par surprise dans la surface adverse. Le joueur d’Arsenal a aussi une frappe précise sur coups francs ou dans le jeu.

Betancur et Valverde ont joué ensemble le Mondial des moins de 20 ans de 2017 que l’Uruguay a terminé quatrième.

Aussi à l’aise comme relayeurs que dans la récupération, leur vision de jeu permet une transition rapide de la défense vers l’attaque.

Sur l’aile droite, Nandez est apprécié pour ses courses incessantes et son abattage défensif.

Gaston Pereiro est un milieu offensif plus classique, plus utilisé comme meneur de jeu, comme Giorgian De Arrascaeta, le numéro 10 uruguayen, qui joue pratiquement chez lui au Brésil.

Idole des supporters de Cruzeiro de 2015 à 2018, De Arrascaeta est devenu en début d’année le joueur le plus cher de l’histoire du Brasileirao, Flamengo ayant déboursé 63 millions de réais (environ 15 millions d’euros) pour s’attacher ses services.

“L’Uruguay est une équipe qui possède beaucoup d’armes, beaucoup d’outils. nous avons de quoi aller chercher le titre”, a prévenu Torreira, qui rêve d’ajouter un 16e trophée continental à la collection de la nation la plus titrée de l’histoire de la Copa América.