Tirage Euro-2022: pour des Bleues rajeunies, la route de Wembley s’éclaircit

L’internationale Marie-Antoinette Katoto à l’entraînement avec l’équipe de France, le 5 avril 2021 à Clairefontaine
Par Antoine MAIGNAN / © 2021 AFP

Cap sur Wembley ! L’équipe de France féminine, rajeunie et invaincue depuis avril, découvre jeudi (18h00) à Manchester l’identité de ses futurs adversaires à l’Euro-2022 en Angleterre (6-31 juillet), lors d’un tirage au sort qui lui réserve à coup sûr un premier tour corsé.

Le mythique stade londonien, hôte de la finale de cette compétition repoussée d’un an pour Covid-19, est encore un lointain rêve pour les joueuses de Corinne Diacre, toujours en quête du premier titre international de l’histoire de la sélection féminine.

En effet, les Bleues se remettent à peine d’un long

mais satisfaisant

déplacement au Kazakhstan, mardi (5-0), venu clôturer un rassemblement d’octobre presque parfait après la victoire devant l’Estonie (11-0) en qualifications pour le Mondial-2023.

Mais déjà, il faut braquer les regards vers l’Angleterre et vers le Championnat d’Europe. Et le parcours à venir va s’éclaircir: peu après 18h00, les Bleues connaîtront leurs trois adversaires de la phase de groupes.

“L’Euro, c’est carrément dans ma tête. Pour moi qui suis encore jeune, comme on dit souvent, c’est ça que je veux aller chercher: des titres. Il faut viser haut, donc l’Euro, je le vise, ça c’est sûr”, assure à l’AFP l’attaquante Melvine Malard, auteure à 21 ans de ses premiers buts en Bleue mardi à Nur-Sultan.

Placées dans le premier chapeau, celui des têtes de série, les Françaises savent qu’elles éviteront quoi qu’il advienne trois grosses nations européennes: l’Angleterre de Fran Kirby (Chelsea), les Pays-Bas champions d’Europe en titre, et l’Allemagne sacrée huit fois en dix participations à l’Euro.

Mais les prétendantes ne manquent pas, parmi les 12 autres nations. Les Suédoises, N.2 mondiales, finalistes olympiques cet été à Tokyo et placées dans le deuxième chapeau, font frissonner les cadors du Vieux continent.

“Projet de jeu”

Quant à l’Espagne, la Norvège et l’Italie, toutes trois membres du top 15 mondial au classement Fifa, elles offriraient de sérieuses oppositions à Marie-Antoinette Katoto et ses partenaires, tout comme le Danemark, finaliste de la dernière édition, placé de son côté dans le troisième chapeau.

“Il n’y a pas de soulagement à être dans le premier chapeau. Quand vous voyez les équipes du pot 2, du pot 3 et du pot 4… Ce sera un tirage intéressant”, a estimé pour l’AFP Corinne Diacre, en pleine phase de renouvellement à l’approche de son premier Euro comme sélectionneuse.

La patronne des Bleues, qui a fêté au Kazakhstan son 50e match à ce poste avec une 40e victoire, a laissé de côté cet automne la meilleure buteuse de l’histoire, Eugénie Le Sommer, et l’ancienne capitaine, Amandine Henry, cadres du Mondial-2019 à domicile terminé dès les quarts de finale.

C’est donc sur une génération toute neuve, emmenée par les Parisiennes Kadidiatou Diani (26 ans), Grace Geyoro (24 ans) et Katoto (22 ans), mais aussi de prometteuses jeunes pousses comme Malard et Sandy Baltimore (21 ans), que Diacre entend emmener en Angleterre.

“Les joueuses qui intègrent l’équipe de France aujourd’hui doivent savoir que le plus important c’est l’équipe”, martèle l’ancienne coach de Clermont (L2). “Elles arrivent dans un groupe qui fonctionne bien, donc à elles de s’intégrer, de faire les efforts, de suivre le bon exemple des grandes et surtout de s’approprier le projet de jeu”.

D’ici juillet, la France a quelques rendez-vous, entre matches de qualification pour le Mondial-2023 en novembre 2021 et avril 2022, et Tournoi de France en février, dont le plateau reste à définir. Avec des repères à trouver, et des automatismes à peaufiner.