Séisme au PSG: Tuchel vers la sortie, Pochettino en approche

L’entraîneur du PSG Thomas Tuchel quitte le terrain lors d’un match contre Reims, le 25 septembre 2019 à Paris
/ © 2020 AFP

L’annonce jeudi par plusieurs médias du limogeage de son entraîneur Thomas Tuchel est un coup de théâtre: après deux saisons et demie et une finale perdue de Ligue des Champions, le Paris SG semble vouloir confier son avenir à un ancien de la maison, l’Argentin Mauricio Pochettino.

Annoncé par L’Equipe, RMC et le journal allemand Bild, ce limogeage n’a été ni confirmé ni infirmé par le club dont un porte-parole a dit à l’AFP n’avoir “aucune idée” sur le timing d’une communication officielle.

Le succès contre Strasbourg (4-0), mercredi, semblait promettre des vacances sereines, rejetant à l’arrière-plan les rumeurs de mésentente persistante entre Thomas Tuchel, 47 ans, et son directeur sportif Leonardo. Quelques heures plus tard, c’est le tremblement de terre!

Pour la deuxième fois de l’ère qatarienne entamée en 2011, après Antoine Kombouaré en décembre 2011, le PSG aurait décidé de changer de technicien en cours de saison, scellant la fin de deux années et demie de relations souvent compliquées avec le technicien allemand.

A la veille de Noël, Tuchel serait ainsi prié de faire ses valises, alors que la qualification pour les 8es de la C1, arrachée de haute lutte, laissait entrevoir son maintien jusqu’à la fin de son contrat expirant en juin.

Selon des informations des chaînes RMC et Téléfoot, Pochettino, libre, est attendu pour prendre sa place à la reprise de l’entraînement, le 3 janvier prochain.

Comme l’Allemand, l’Argentin avait été démis de ses fonctions à Tottenham, en novembre 2019, cinq mois après avoir atteint, et perdu contre Liverpool (2-0), la première finale de C1 de l’histoire du club londonien.

Manque de reconnaissance

De la même génération que “TT”, Pochettino a un avantage: contrairement à l’Allemand, il jouit d’une grande popularité auprès des supporters. Il a joué deux ans et demi comme défenseur central au PSG, entre 2001 et 2003, laissant l’image d’un capitaine irréprochable.

Tuchel s’est lui toujours plaint d’un manque de reconnaissance. Dans un entretien à la chaîne allemande Sport1 diffusé mercredi, il concédait se sentir “un peu triste ou fâché” devant un tel désamour, alors qu’il a remporté les quatre trophées nationaux la saison dernière.

Il expliquait aussi les à-côtés qu’exigeait son poste: “durant les six premiers mois, je me suis demandé: suis-je toujours un entraîneur ou un politicien du sport, un ministre des Sports ?”

“C’était une blague en allemand”, s’est-il défendu en conférence de presse dans la soirée. Une incompréhension de plus qu’il pourrait avoir payé cher… “Mais à quoi joue Tuchel ?”, s’interrogeait le quotidien Le Parisien jeudi matin.

Ces incompréhensions font partie de son héritage contrasté, avec six trophées et quelques casseroles.

D’un côté, l’entraîneur chaleureux, proche de ses joueurs, qui a redonné le sourire à la superstar Neymar, en froid avec son prédécesseur Unai Emery. Le fameux “spirit” qui lui tenait à cœur, a été l’un des moteurs de l’épopée de Lisbonne, jusqu’à la finale perdue contre le Bayern (1-0).

“Il est arrivé à créer un groupe très solide. C’est un entraîneur jeune, il a des idées, un très bon caractère avec nous”, résumait le milieu Marco Verratti le 1er décembre dernier.

Remontada bis

Tuchel est aussi un adepte du tableau noir. L’exploit sur le terrain de Manchester United (3-1) début décembre portait la marque de son expertise tactique.

De l’autre côté, le Souabe reste l’homme de la “remontada” bis subie face aux “Red Devils” en mars 2019, avec un 8e retour de C1 perdu à domicile (3-1, aller: 0-2). “Mon pire souvenir”, a-t-il concédé plus tard.

Dernièrement, sa passe d’armes avec le directeur sportif Leonardo au sujet du mercato, qui lui a valu un recadrage en public de la part du dirigeant, a donné l’image d’un entraîneur isolé.

Le début de saison mitigé a fini par faire pencher du mauvais côté la balance. Du “clasico” perdu contre Marseille (1-0) en septembre, à la défaite face à Lyon (1-0) en décembre, le PSG a vécu quatre mois difficiles, pollués par les nombreuses blessures.

Troisième de Ligue 1, à un point du leader Lyon, il reste cependant dans les clous pour un 10e titre de champion de France. Il est aussi favori pour le 8e de finale de C1 à jouer contre le FC Barcelone de Lionel Messi, en février et mars. Mais ça devrait être sans Thomas Tuchel.