Saint-Etienne: l’après-Printant, c’est déjà demain

L’entraîneur stéphanois Ghislain Printant lors du déplacement de son équipe à Villeneuve-d’Ascq, le 28 août 2019 pour le match contre Lille
Par Francois-Jean TIXIER / © 2019 AFP

En sursis jusqu’au déplacement des Verts à Nîmes dimanche (17H00): le sort de l’entraîneur Ghislain Printant paraît scellé par les deux actionnaires de l’AS Saint-Etienne, Bernard Caïazzo et Roland Romeyer qui s’activent déjà depuis plusieurs jours pour lui trouver un successeur.

Le technicien de 58 ans n’a pourtant été nommé qu’en juin dernier pour remplacer Jean-Louis Gasset dont il était l’adjoint. Et ce choix ne faisait pas l’unanimité en raison de son inexpérience au poste de N.1 dans un club aussi ambitieux que l’ASSE.

Après sa défaite à domicile contre Metz (1-0), Saint-Etienne occupe une position de relégable (19e), loin du Top 5 visé initialement.

L’équipe stéphanoise, qui n’a gagné, péniblement, que face à Dijon (2-1), dernier du classement en ouverture du championnat, reste sur sept matches sans victoire toutes compétitions confondues dont cinq défaites.

A chaque changement d’entraîneur, depuis 2006 et la succession d’Elie Baup (2004-2006), c’est la même cacophonie entre Caïazzo (65 ans), président du conseil de surveillance, et Romeyer (74 ans), président du directoire, pour décider du profil de l’homme appelé à diriger l’équipe professionnelle.

Puel en contacts avancés

Après l’annonce du départ de Jean-Louis Gasset, choisi en novembre 2017 par Caïazzo, ce dernier avait pris de court Romeyer qui travaillait à faire aboutir une piste menant à Claude Puel.

“Mon favori est Printant. C’est le conseil que me donne Jean-Louis Gasset et je fais confiance à Jean-Louis”, avait alors confié en juin Bernard Caïazzo, homme d’affaire parisien, né à Alger.

Déjà, en 2017, il avait emporté l’affaire en suggérant l’Espagnol Oscar Garcia pour succéder à Christophe Galtier en poste depuis décembre 2009.

Et là aussi, les deux dirigeants avaient été en désaccord.

Actuellement, Puel, qui est libre de tout contrat, est d’ailleurs de nouveau en contacts avancés avec l’ASSE et il pourrait arriver la semaine prochaine.

Ces situations qui se répètent, reflètent une image d’amateurisme qui irrite l’entourage du club stéphanois parmi lesquels Hervé Revelli, l’un des héros de l’épopée des Verts dans les années 1970.

“Qui fait le recrutement ? Qui a pris la responsabilité de mettre en place le staff technique actuel ?”, interroge-t-il.

“C’est à ces gens-là qu’il faut demander des comptes, en se demandant s’ils sont vraiment à la hauteur”, fulmine l’ancien buteur.

“S’ils décident qu’il sont à la hauteur, qu’ils rétablissent la situation. S’ils ne le sont pas… Il y a des entraîneurs qui démissionnent, ils n’ont qu’à démissionner et partir, c’est simple. Je parle des gens qui sont actuellement responsables de ce club”, poursuit-il encore.

“Il faut arrêter de prendre les gens pour des +cons+. Il faut dire la vérité. Qui a choisi ? Qui n’a pas choisi ? Est-ce qu’on a fait des erreurs ? Attention le club est en danger”, prévient Revelli (73 ans).

Neuf entraîneurs depuis 2004

Pourtant, tout n’a pas été négatif dans la gestion des deux hommes qui ont amené une stabilité au niveau du capital de l’ASSE où ils sont à égalité.

Caïazzo a été porté à la présidence de l’ASSE en 2004, rejoint en 2006 par Romeyer.

Si au début, ils ont confié la gestion opérationnelle du club à Vincent Tong Cuong pour l’administratif, et Damien Comolli pour le sportif, ils ont repris la direction effective en décembre 2009 alors que la faillite menaçait.

Financièrement la situation est bonne avec un budget de 109 millions d’euros, en augmentation de 40% depuis 2015, comme la masse salariale.

Mais sportivement, hormis une belle progression vers le Top 5 et le retour en Europe sous l’ère Galtier (2009-2017), le club reste instable avec neuf entraîneurs depuis 2004 et le retour de Baup.

Et c’est sans compter le personnel administratif et commercial qui change lui aussi très souvent.

Car dans les bureaux, chacun des deux dirigeants tente d’avancer ses pions aux postes stratégiques mais la présence quotidienne au club de Roland Romeyer, lui donne l’avantage de placer bon nombre de ses hommes.