Ronaldinho maintenu en détention au Paraguay

L’ex-footballeur star brésilien Ronaldinho à l’issue de son audition au Palais de justice d’Asuncion, le 5 mars 2020 dans une affaire de faux passeports
Par Hugo OLAZAR / © 2020 AFP

La justice paraguayenne a décidé mardi de maintenir en détention provisoire l’ancien footballeur-star brésilien Ronaldinho, soupçonné d’usage de faux passeport, tandis que les enquêteurs se penchent sur un éventuel “blanchiment d’argent”.

“Le juge a rejeté la demande de la défense de liberté conditionnelle ou d’assignation à domicile” de l’ex-joueur de 39 ans, a déclaré aux journalistes le procureur Osmar Legal à l’issue de l’audience de demande de remise en liberté.

A ses côtés, le nouveau juge en charge du dossier, Gustavo Amarilla, a déclaré avoir maintenu Ronaldinho et son frère Roberto derrière les barreaux pour qu’ils restent à “disposition de la justice”.

Il a affirmé que vu l’ampleur de l’affaire et l’implication présumée de fonctionnaires et de chefs d’entreprise qui ont facilité la venue de Ronaldinho au Paraguay, la présence des deux hommes à Asuncion était nécessaire au bon déroulement de l’enquête.

“Je reconnais que (ce cas) pourrait mériter une mesure moins contraignante (que la détention). Mais c’est ma responsabilité de ne pas perturber l’enquête du parquet. Et cela pourrait être le cas avec une fuite” éventuelle des deux mis en cause, a déclaré le juge.

La prochaine étape de l’enquête, selon le magistrat, sera l’examen des téléphones des deux suspects “pour connaître les véritables raisons de leur présence” au Paraguay.

“Il pourrait s’agir d’un usage de faux (documents), mais il pourrait y avoir d’autres choses, comme une association de malfaiteurs ou du blanchiment d’argent”, a prévenu Gustavo Amarilla.

“C’est cela qui interpelle et c’est la raison pour laquelle j’ai maintenu” la détention provisoire, a-t-il expliqué.

“Faire des affaires”

Ronaldo de Assis Moreira, dit Ronaldinho, a été arrêté le 6 mars en compagnie de son frère Roberto. Tous deux sont accusés d’être entrés au Paraguay en possession de faux passeports. Leur détention provisoire a été confirmée samedi par une juge de la capitale paraguayenne.

Le Ballon d’Or 2005 et son frère étaient arrivés mercredi à Asuncion pour faire la promotion d’un livre et participer à diverses opérations de bienfaisance, notamment à l’initiative d’une fondation, Fraternidad Angelical, qui vient en aide aux enfants pauvres.

Les deux hommes ont montré leurs passeports à la police de l’immigration, qui n’a pas immédiatement relevé d’anomalie. La police paraguayenne a ensuite perquisitionné l’hôtel où logeaient les deux hommes, et les enquêteurs y ont découvert de faux passeports paraguayens confectionnés à Asuncion il y a quelques mois, selon le ministre de l’Intérieur Euclides Acevedo.

La défense de l’ancien joueur a rejeté la responsabilité de l’organisation du voyage au Paraguay sur la fondation Fraternidad Angelical, dont la présidente Dalia Lopez fait l’objet d’un mandat d’arrêt.

Selon Sergio Queiroz, l’avocat brésilien du champion, les passeports ont été offerts par la fondation à “Dinho” pour “faciliter la possibilité de faire des affaires” dans le pays. “Ronaldinho n’a commis aucun délit car il ne savait pas que le passeport qui lui a été remis était un faux”, avait assuré l’avocat dimanche.

Marcos Estigarribia, l’avocat de Dalia Lopez, a indiqué de son côté que sa cliente avait demandé à des intermédiaires de faire les démarches pour obtenir des passeports authentiques à la demande des deux frères qui souhaitaient “faire des affaires au Paraguay”.

Mais elle “n’a jamais soupçonné que les intermédiaires traitant avec le gouvernement remettraient des passeports comportant de fausses informations”, a ajouté l’avocat, qui a affirmé que le joueur et son frère avaient payé 5.000 dollars (4.400 euros) pour “faciliter les démarches” d’obtention des passeports.

Outre Ronaldinho et son frère, un entrepreneur brésilien, Wilmondes Sousa, et deux Paraguayennes ont été arrêtés. Le scandale a également entraîné la démission du directeur national des Migrations, Alexis Penayo.