Rennes: l’heure de franchir un cap pour Jérémy Doku

L’attaquant belge du Stade Rennais, Jéremy Doku, sous la pression du milieu de terrain de Rosenborg, Edvard Sanvik Tagseth, lors du barrage aller de la Ligue Europa Conférence, le 19 août 2021 au Roazhon Park
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

Puissance, vitesse, percussion, dribbles… A Rennes, Jérémy Doku impressionne toujours autant, mais l’impatience croît face à l’inefficacité du jeune ailier international belge (19 ans) dans le dernier geste.

Encore en rodage lors de la reprise face à Lens, le joueur le plus cher de l’histoire du club (transfert estimé à 26 M EUR en octobre 2020) a de nouveau fait étalage de son talent à Brest (1-1) et contre Rosenborg (victoire 2-0) ces derniers jours, mais toujours en vain.

En seconde période lors du barrage de Ligue Europa Conférence jeudi soir, il a ainsi récupéré un ballon dans le camp rennais pour remonter plus de la moitié du terrain, effaçant trois adversaires… avant de s’arrêter à l’entrée de la surface pour une inoffensive passe en retrait.

Plus rageant, il a manqué plusieurs occasions nettes, avec une frappe à ras de terre passée juste à côté de la cage contre Rosenborg, une autre pas assez appuyée à bout portant face au gardien brestois Marco Bizot, et même une qui a fui le cadre alors qu’il était seul face au but vide en tout début de match à Brest.

“Je crois que je la voyais déjà dedans”, a-t-il expliqué après la rencontre, visiblement déçu. “Ce sont des occasions que je dois mettre. Je m’en veux. J’aurais dû être plus appliqué.”

Déjà l’an dernier, son rendement avait déçu: 2 buts et 4 passes décisives en 37 matches sous le maillot rennais toutes compétitions confondues, soit l’équivalent de ce qu’il avait produit en seulement 7 matches de championnat belge avec Anderlecht en début de saison avant son transfert.

Ses entraîneurs, Julien Stéphan puis Bruno Genesio, n’ont cessé de plaider la clémence et la patience, rappelant sa jeunesse et son manque d’expérience au plus haut niveau.

“Déjà vieux”

Mais dans un effectif particulièrement jeune, avec des titulaires de 17 ou 18 ans et l’arrivée par exemple de Mathys Tel, entré en jeu à Brest à 16 ans et 3 mois

plus jeune encore qu’Eduardo Camavinga à ses débuts en 2019-, l’âge n’est plus vraiment un argument à Rennes.

“Moi j’ai 19 ans et je me sens déjà vieux!”, a plaisanté Doku après le match à Brest.

Surtout, après une saison complète en Ligue 1 et un Euro réussi avec la Belgique, où il s’est illustré en particulier en provoquant un pénalty lors du quart de finale perdu contre l’Italie (1-2), l’argument commence à s’émousser.

L’impression de gâchis est d’autant plus forte que sur l’autre aile, l’alter ego de Doku, l’ailier ghanéen Kamaldeen Sulemana, buteur dès son premier quart d’heure rennais contre Lens, s’est montré lui aussi plus brouillon lors des derniers matches.

“Quand vous êtes défenseur et que vous êtes en face de joueurs comme ça, vous regardez souvent la pendule dans l’espoir que ça finisse plus vite. Vous n’avez pas le droit à l’erreur”, a pourtant assuré Genesio après le match contre Rosenborg.

Mais le côté imprévisible des deux petites bombes rennaises peut parfois aussi désarçonner leurs propres équipiers. “Avec eux, c’est parfois difficile, ils peuvent aller à gauche, aller à droite”, a expliqué l’attaquant Serhou Guirassy.

“Parfois, ils font des feintes à l’attaquant”, a-t-il ajouté en souriant. “Quand tu es avant-centre (…), il faut rester attentif car ils peuvent centrer à tout moment”.