L’Ivorien Yaya TourĂ©, alors milieu de terrain de Manchester City, en confĂ©rence de presse, le 5 dĂ©cembre 2019 Kharkiv en Ukraine
Par Peter STEBBINGS / © 2019 AFP

L’Ivoirien Yaya TourĂ©, l’ex-milieu star de Manchester City qui Ă©volue dĂ©sormais en Chine, accuse la Fifa de “se ficher” du racisme dans le football, après les cris de singe visant des joueurs anglais lors du rĂ©cent Bulgarie-Angleterre.

Ce match qualificatif pour l’Euro-2020, disputĂ© mi-octobre, avait Ă©tĂ© interrompu Ă  deux reprises. Une frange du public bulgare avait Ă©galement adressĂ© des signes nazis aux footballeurs noirs, dĂ©clenchant un tollĂ© au Royaume-Uni.

Yaya TourĂ©, 36 ans et quatre fois Footballeur africain de l’annĂ©e (2011-2014), a rencontrĂ© l’AFP après la victoire ce weekend de son Ă©quipe des Qingdao Huanghai (2e division chinoise)

un succès synonyme de promotion en Super League (1ère division).

Malgré les cris de singe lors du match de qualification disputé en Bulgarie, les joueurs anglais avaient choisi de rester sur la pelouse afin de terminer la rencontre.

“C’est une honte. Pourquoi est-ce que vous jouez pour l’Angleterre?”, s’interroge Yaya TourĂ©, connu pour ses prises de position publiques contre le racisme dans les stades.

“Ils parlent tout le temps, bla-bla-bla, et puis qu’est-ce qui se passe ensuite? Rien ne change”, dĂ©plore l’ex-international ivoirien.

‘En rogne’

Mais l’ancien joueur du FC Barcelone dirige surtout ses critiques vers les instances du football mondial.

“Les gens de la Fifa s’en fichent de toute façon, ils en parlent mais ça continue, estime TourĂ©. Je n’ai pas envie de dire que je ne suis pas inquiet. Je suis inquiet. Ça me met en rogne.”

Yaya TourĂ©, triple vainqueur de la Premier League avec Manchester City et laurĂ©at de la Ligue des champions avec Barcelone, estime que c’est Ă©galement aux footballeurs visĂ©s de rĂ©agir.

“Ils doivent prendre le problème au sĂ©rieux, les joueurs doivent prendre des mesures fermes sinon ils (les racistes) vont continuer”, affirme-t-il. “Ils doivent faire en sorte que les joueurs quittent le terrain.”

La Fifa n’avait pas rĂ©pondu dans l’immĂ©diat Ă  une demande de commentaire de l’AFP.

Yaya TourĂ© s’exprimait samedi Ă  l’issue d’une rencontre Ă  l’extĂ©rieur remportĂ©e (2-0) par Qingdao contre le Shanghai Shenxin, devant quelques centaines de spectateurs.

Respect en Chine

Cette victoire permet d’assurer la promotion en Super League de l’Ă©quipe oĂą TourĂ© est arrivĂ© en juillet. Mais il ne devrait pas rester au club l’an prochain.

“Je pense que je finirai en dĂ©cembre ou en janvier. Et puis ensuite je partirai pour un nouveau dĂ©fi”, dĂ©clare-t-il, assurant vouloir jouer jusqu’Ă  l’âge de 40 ans. “Les gens pensent que je suis fini. Mais je ne suis pas encore fini.”

Yaya TourĂ© affirme apprĂ©cier son sĂ©jour en Chine, oĂą il dit n’avoir jamais vĂ©cu une quelconque forme de discrimination.

“C’est une très bonne expĂ©rience, parce que j’ai dĂ©couvert des gens avec une mentalitĂ© diffĂ©rente de l’Europe. Au niveau de la façon de jouer au football, de la vision, du comportement sur le terrain”, raconte-t-il.

“Quand je joue dans les stades ici, personne ne me hue parce que je suis noir. C’est une culture diffĂ©rente, il y a du respect. En Europe, ils ne respectent personne.”