Qualifs Mondial-2022: sans Mbappé, une attaque bleue à remodeler et des chances à saisir

Les attaquants français Karim Benzema, Antoine Griezmann et Kylian Mbappé, à l’échauffement avant le match contre la Bosnie-Herzégovine, qualificatif pour le Mondial-2022 au Qatar, le 1er septembre 2021 au Stade de La Meinau à Strasbourg
Par Antoine MAIGNAN et Jérémy TALBOT / © 2021 AFP

Le forfait de Kylian Mbappé rebat les cartes de l’attaque française, figée depuis sept matches sur un trio avec Antoine Griezmann et Karim Benzema aussi alléchant que décevant. A Kiev samedi (20h45) contre l’Ukraine, certains joueurs auront enfin une carte à jouer.

Depuis le rappel surprise de Benzema pour l’Euro, Didier Deschamps a fait du trident formé avec Mbappé et Griezmann un incontournable de son onze de départ, en dépit d’un rendement pas à la hauteur des talents individuels alignés.

Le sélectionneur l’a reconnu après le quatrième match consécutif de l’équipe de France sans victoire, mercredi à Strasbourg contre la Bosnie-Herzégovine (1-1): “La marge de progression est la plus importante sur la phase offensive, avec la qualité individuelle de ces trois joueurs”.

Sans parler d’échec, l’association entre l’avant-centre du Real Madrid, l’attaquant du Paris SG et le meneur de l’Atlético Madrid est loin d’avoir fourni toutes les promesses attendues. Et la Une du quotidien sportif L’Equipe du 2 juin, prétendant que “tous les pays nous les envient”, a pris la poussière.

Discret en Alsace, Benzema s’est montré peu dangereux à la pointe de l’attaque. Et les offrandes qu’il a reçues sont davantage venues des pieds de Paul Pogba, auteur de plusieurs longs ballons en profondeur, que de ses partenaires offensifs.

A sa gauche, Mbappé a plus réussi à combiner avec le défenseur Lucas Digne qu’avec lui. Le champion du monde de 22 ans, certes toujours capable de faire tourner la tête des défenses adverses, reste sur une série inédite de six matches sans marquer, Euro compris.

Quant à Griezmann, son influence sur la ligne d’attaque semble avoir lentement décliné depuis plusieurs matches. Son exil sur l’aile droite mercredi lui a probablement rappelé ses deux saisons sans éclat au Barça, qu’il a quitté mardi au dernier jour du mercato.

Coman en embuscade

Finalement, l’association si prometteuse entre les trois stars d’attaque n’a fonctionné que par séquences. A l’Euro, par exemple, la magie a opéré sur le deuxième but de Benzema contre la Suisse, lors du huitième de finale perdu aux tirs au but (3-3, 5-4 t.a.b.), avec une combinaison éblouissante impliquant ses deux autres compères.

Malgré ce constat en demi-teinte, Deschamps a maintenu le trio dès le coup d’envoi depuis leur première association, le 2 juin à Nice contre le pays de Galles en préparation du Championnat d’Europe.

Olivier Giroud en a fait les frais, d’abord en restant sur le banc des remplaçants durant le tournoi, puis en étant carrément écarté du groupe retenu pour la rentrée de septembre, malgré un statut de titulaire et de buteur retrouvé à l’AC Milan.

Problème supplémentaire, ce choix persistant du sélectionneur n’a jusqu’à présent laissé que très peu d’espoir aux remplaçants de la ligne d’attaque qui, très souvent, doivent se contenter de quelques minutes en fin de match.

Kingsley Coman, un des hommes forts des Bleus à l’automne 2019, est une des victimes principales de cette hiérarchie figée. Durant l’Euro, qu’il a brièvement quitté pour assister à la naissance de l’un de ses enfants, l’ailier du Bayern Munich s’est contenté d’entrées en jeu contre le Portugal et la Suisse. Contre la Bosnie, il n’a joué qu’un quart d’heure.

Le forfait de Mbappé, touché à un mollet, lui offre l’opportunité d’une titularisation devenue quasiment inespérée, alors qu’il n’a plus été aligné au coup d’envoi depuis fin mars en Bosnie-Herzégovine.

La situation rappelle d’ailleurs l’un des matches références des Bleus depuis la Coupe du monde, en novembre 2020 à Lisbonne (1-0) contre le Portugal. Coman, associé à Anthony Martial juste devant Antoine Griezmann, avait été précieux en l’absence de Mbappé.

En Ukraine, samedi, Deschamps pourrait ainsi être tenté de replacer Griezmann dans l’axe, où il excelle, et de réinstaller des ailiers de métier dans son onze de départ. Dans cette optique, l’autre gagnant pourrait être Moussa Diaby. Le joueur du Bayer Leverkusen a disputé ses quatre premières minutes internationales mercredi après avoir remplacé… Mbappé.