Qualifs Mondial-2022: l’Espagne mise sur Abel Ruiz

L’attaquant espagnol Abel Ruiz, à la lutte avec le défenseur anglais Joel Latibeaudiere, lors de la finale de la Coupe du monde (moins de 17 ans), le 28 octobre 2017 à Kolkata (Inde)
Par Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA / © 2021 AFP

Trois jours après sa cinglante défaite en Suède qui complique considérablement son parcours en qualifications pour le Mondial-2022, l’Espagne a perdu Gerard Moreno, son attaquant fétiche, et mise désormais sur le jeune Abel Ruiz pour combler le manque d’efficacité offensive contre la Géorgie, dimanche (20h45/18h45 GMT).

Est-ce lui, le futur avant-centre de la Roja pour la Coupe du Monde au Qatar ? Avec le manque de réalisme des Espagnols et le départ du groupe de Moreno (victime de douleurs à la cuisse droite après le match en Suède), Abel Ruiz (21 ans) se présente comme le pari de Luis Enrique pour cette fin de fenêtre internationale de septembre.

Aux côtés d’Alvaro Morata, l’indéboulonnable N.9 de Luis Enrique à qui le sélectionneur a continué à faire confiance malgré ses déboires à l’Euro, Abel Ruiz aura une chance de montrer l’étendue de ses talents au public espagnol, qui le connaît mal.

Etincelant à Braga

Formé entre Almussafes, sa ville natale, Valence, tout proche, et le FC Barcelone, qui l’a repéré dès l’âge de douze ans, Abel Ruiz n’a jamais franchi le cap de l’équipe première blaugrana… hormis ces vingt minutes en fin de match offertes par Ernesto Valverde contre Getafe, en remplacement de Philippe Coutinho en mai 2019.

Prêté à Braga entre janvier et juin 2020, il rejoint ensuite définitivement le club du nord du pays en échange de 8 millions d’euros.

Remplaçant au début de la saison 2020-2021, il a peu à peu gagné sa place dans le onze, finissant par devenir l’avant-centre attitré de la formation portugaise, qui a terminé 4e de Liga Nos derrière le trio Sporting, Porto, Benfica.

Le jeune avant-centre doté d’une vision de jeu au-dessus de la moyenne a surtout brillé en Coupe du Portugal: avec 7 buts et 3 passes décisives en 7 matches, il a mené Braga vers son 3e titre national, en battant le Benfica 2-0 le 23 mai à Coimbra, avec notamment un doublé contre Porto en demi-finale retour.

Avec Ferran ou Adama ?

Après la déroute suédoise (2-1), Luis Enrique devrait effectuer quelques changements pour affronter la Géorgie dimanche à Badajoz (sud-ouest de l’Espagne), un adversaire bien inférieur sur le papier.

Le sélectionneur espagnol a déjà tenté de bouleverser son organisation tactique en fin de match jeudi soir, mais c’était trop tard: la Roja a perdu trop de duels, a laissé filer trop d’occasions et a laissé trop grandes ouvertes les portes derrière sa défense pour les fulgurants contres scandinaves.

De retour sur son sol, l’Espagne pourrait afficher un nouveau visage contre la Géorgie: dans le sillage de ce qu’il a proposé durant l’Euro, avec une équipe remaniée et jeune, Luis Enrique pourrait donner leur chance aux jeunes talents offensifs espagnols, que ce soit Ferran Torres (21 ans), titulaire mais peu en vue jeudi à Solna, Adama Traoré (25 ans), qui a apporté un vent de fraîcheur et de vitesse sur l’aile droite dès son entrée en jeu à la 64e jeudi, Brais Mendez (24 ans), qui a lui aussi bénéficié de quelques minutes en fin de match jeudi à la place de Carlos Soler… ou l’avant-centre Abel Ruiz.

Maintenant que la première place du groupe est presque inaccessible, reste à l’Espagne à assurer ses victoires face aux équipes à sa portée comme la Géorgie dimanche ou le Kosovo mercredi, afin de ne pas entraver un peu plus, le chaotique chemin de cette prometteuse Roja vers le Qatar.