Qualifs Mondial-2022: les Bleus en Ukraine pour chasser les fantômes et relancer la machine

L’attaquant Kylian Mbappé, remercié par le sélectionneur Didier Deschamps, lors de son remplacement pendant le match contre la Bosnie-Herzégovine, comptant pour les qualifications pour le Mondial-2022 au Qatar, le 1er septembre 2021 à Strasbourg
Par Antoine MAIGNAN et Jérémy TALBOT / © 2021 AFP

Touchée par les blessures et le forfait de Kylian Mbappé, en panne de victoires et pas débarrassée des fantômes de l’Euro, l’équipe de France voyage sans certitude en Ukraine, où l’attend son principal adversaire des qualifications au Mondial-2022, samedi (20h45) au stade olympique de Kiev.

La dynamique des Bleus n’est pas celle d’un champion du monde: avec quatre matches d’affilée sans victoire, les hommes de Didier Deschamps sont enfoncés dans leur pire série depuis 2013.

La dernière sortie des Tricolores, mercredi à Strasbourg contre la Bosnie-Herzégovine (1-1), devait être celle du rachat après l’élimination précoce en huitième de finale de l’Euro contre la Suisse (3-3, 5-4 t.a.b.). Elle n’a fait que renforcer les doutes qui animent la sélection.

Ceux-ci sont d’abord physiques, avec l’absence de nombreux cadres (Lucas Hernandez, Benjamin Pavard, N’Golo Kanté, Corentin Tolisso) et le forfait annoncé jeudi de Mbappé, touché à un mollet et remis à la disposition du Paris SG.

Mais ils sont surtout sportifs, avec l’ouverture du score encaissée comme lors des trois matches précédents, une défense fébrile à l’image de l’exclusion de Jules Koundé et un trio offensif Griezmann/Benzema/Mbappé fonctionnant par intermittences malgré sept titularisations consécutives.

“Quoi qu’on en dise, il y a beaucoup d’enjeu sur le terrain. Il ne faut pas se mettre en difficulté. C’est notre responsabilité à nous, tous les joueurs, de faire le boulot”, a assumé le capitaine Hugo Lloris vendredi.

Les champions du monde disposent encore d’une avance de quatre points sur les Ukrainiens dans ces éliminatoires à mi-parcours, et Didier Deschamps assure qu’il n’a “pas de doute” sur l’implication de l’ensemble de son groupe dans les tâches défensives.

Mais depuis la victoire probante en Allemagne (1-0) en ouverture de l’Euro, les Français n’ont jamais retrouvé la solidité qui faisait leur force jusque-là.

Rabiot attendu, flanc droit démuni

Le déplacement à Kiev arrive à point nommé pour renouer avec la bonne recette: les Ukrainiens, quart-de-finalistes à l’Euro, avaient déjà perturbé l’équipe de France au mois de mars lors du match aller, conclu sur un autre nul (1-1).

Le majestueux stade olympique et ses 70.000 places, situé en plein centre ville de Kiev, rappellera de très mauvais moments aux plus anciens de l’effectif (Karim Benzema, Hugo Lloris, Paul Pogba).

La dernière visite des Bleus remonte au 15 novembre 2013 en barrage aller du Mondial-2014, et “ce n’était vraiment pas un bon souvenir” selon Deschamps, avec une catastrophique défaite (2-0) qui aurait pu coûter à la France sa qualification, sans l’historique retournement du Stade de France (3-0) quelques jours plus tard.

Près d’une décennie plus tard, la jauge a été ramenée à 45.000 spectateurs pour cause de restrictions sanitaires et les supporters français ne seront pas du voyage, l’UEFA ayant bloqué les déplacements des fans à l’extérieur.

Sur la pelouse, le rapport de forces a également bien changé: l’Ukraine vit une période de reconstruction après le départ cet été du légendaire Andriy Shevchenko, sélectionneur pendant cinq ans.

Le méconnu Oleksandr Petrakov, son remplaçant, a d’ailleurs manqué sa première avec un match nul au Kazakhstan (2-2) et doit faire face samedi à la suspension de l’un de ses plus grands talents, Oleksandr Zinchenko, joueur de Manchester City.

Côté français, Deschamps doit recomposer sa ligne d’attaque en l’absence de Mbappé. Kingsley Coman et Anthony Martial sont en embuscade, comme le néo-international Moussa Diaby.

Les incertitudes sont plus nombreuses au milieu et en défense. Adrien Rabiot, rappelé dans le groupe après avoir repris la compétition plus vite que prévu en club, semble favori pour une titularisation aux côtés de Paul Pogba.

Thomas Lemar, fautif mercredi sur le but bosnien, s’est contenté d’un footing vendredi en veille de match. De quoi laisser espérer une deuxième sélection pour Aurélien Tchouaméni, entré en jeu à Strasbourg, ou Jordan Veretout, titulaire à la Meinau.

A gauche de la défense, Theo Hernandez rêve d’une première sélection mais il faudra pour cela déloger Lucas Digne. Quant au flanc droit, il pâtit du forfait de Pavard et de la suspension de Koundé: Léo Dubois et le nouveau venu Nordi Mukiele se disputeront une place de titulaire.