La Française Delphine Cascarino (d) poursuivie par la Serbe Marija Ilic en match de qualification pour l’Euro-2021, le 9 novembre 2019 au Matmut-Atlantique Ă  Bordeaux
Par Jeremy TALBOT / © 2019 AFP

L’Ă©quipe de France fĂ©minine de l’intenable Amel Majri, auteure d’un triplĂ©, a fait parler sa puissance devant la modeste Serbie (6-0), samedi dans le bien garni Matmut Atlantique de Bordeaux, un second succès en qualifications pour l’Euro-2021 qui lui permet de passer l’hiver au chaud.

PeinĂ©e par la victoire poussive contre le Kazakhstan (3-0), dĂ©but octobre, la sĂ©lectionneuse Corinne Diacre avait demandĂ© Ă  ses joueuses d’ĂŞtre “plus sĂ©rieuses”, plus efficaces. Le message a Ă©tĂ© entendu!

A Chymkent, le premier but Ă©tait arrivĂ© Ă  l’heure de jeu. A Bordeaux, il y avait dĂ©jĂ  3-0 après la première demi-heure.

Les chiffres ne disent pas toujours la vĂ©ritĂ© d’un match mais, en l’occurrence, ces derniers ont Ă©tĂ© le tĂ©moin prĂ©coce d’une rencontre Ă  sens unique entre les Bleues, quarts de finalistes du Mondial l’Ă©tĂ© dernier, et les Serbes, classĂ©es au 41e rang au classement Fifa.

La capitaine du soir Marion Torrent avait eu beau appeler Ă  la mĂ©fiance face Ă  “une Ă©quipe accrocheuse, qui joue avec le coeur”, il n’y a pas eu match face Ă  l’Ă©quipe des Balkans, dĂ©jĂ  surclassĂ©e lors des quatre prĂ©cĂ©dentes confrontations (19 buts marquĂ©s et aucun encaissĂ© en 4 duels).

PortĂ©es par plus de 21.000 supporters, les Françaises ont asphyxiĂ© d’entrĂ©e leurs adversaires avec un doublĂ©-express de Majri (7e, 12e), parfaitement servie par sa coĂ©quipière de l’Olympique lyonnais Delphine Cascarino. La Parisienne Grace Geyoro, d’une superbe reprise de volĂ©e entrĂ©e avec l’aide d’un poteau (31e), a corsĂ© une note qui aurait pu ĂŞtre beaucoup plus salĂ©e.

Car en première pĂ©riode, l’Ă©quipe de France a aussi gâchĂ© une multitude d’actions, que ce soit ValĂ©rie Gauvin Ă  bout portant (5e) ou de la tĂŞte (14e, 20e) ou Kenza Dali sur des tentatives contrĂ©e (1re) ou au-dessus (26e).

La perfectionniste Diacre s’est sĂ»rement chargĂ©e de sermoner ses joueuses, d’autant qu’elles auraient pu s’offrir quelques sueurs froides sans un arrĂŞt dĂ©terminant de Sarah Bouhaddi (29e).

La sĂ©lectionneuse aura nĂ©anmoins de nombreux motifs de satisfaction Ă  savourer dans les cinq mois Ă  venir, jusqu’Ă  la reprise de la campagne europĂ©enne contre la MacĂ©doine le 10 avril Ă  domicile, suivie quatre jours plus tard d’un dĂ©placement en Autriche.

La performance de Majri en est un.

En dĂ©but de saison, la Lyonnaise avait demandĂ© Ă  Diacre de jouer de jouer sur l’aile gauche, comme en club, et non plus en dĂ©fense oĂą la technicienne l’utilisait. L’ancienne entraĂ®neure de Clermont (2e division masculine) n’a pas dĂ» regretter de l’Ă©couter, tant Majri a crevĂ© l’Ă©cran.

Asseyi pour clore la fĂŞte

PrivĂ©e de la Parisienne Kadidiatou Diani (mollet) Ă  droite, la sĂ©lectionneuse a aussi pu compter sur sa remplaçante Cascarino, toujours aussi vive et efficace. C’est elle qui a dynamitĂ© la dĂ©fense sur les deux premiers buts, avant de centrer pour Majri.

C’est aussi une des leçons de la soirĂ©e: les Bleues ont un banc de touche de haut vol.

Samedi, les absences de Diani, de l’habituelle capitaine Amandine Henry (cervicales) et d’EugĂ©nie Le Sommer (cuisse), la deuxième meilleure buteuse de l’histoire des Bleues, n’ont pas Ă©tĂ© remarquĂ©es.

Et au coup d’envoi, il y avait encore du beau monde sur le banc de touche avec notamment GaĂ«tane Thiney, Viviane Asseyi et surtout Marie-Antoinette Katoto, la deuxième meilleure buteuse du Championnat de France cette saison.

Les trois sont entrĂ©es en jeu au cours d’une seconde pĂ©riode Ă©galement maĂ®trisĂ©e par les Bleues, rarement inquiĂ©tĂ©es sauf quand Bouhaddi a relâchĂ© un ballon anodin (54e) devant sa cage. Et elles se sont mises en valeur.

Katoto a surpris Milica Kostic de la tĂŞte (52e), Thiney s’est distinguĂ©e avec un centre dĂ©cisif pour Majri (63e). Quand Ă  Asseyi, la Bordelaise qui Ă©voluait Ă  domicile, elle a fermĂ© la marque (90e+3) dans le temps additionnel. La fĂŞte Ă©tait complète.