Les supporters islandais et leur fameux “clapping” lors du match contre la Russie au Mondial-2018, le 26 juin 2018 Ă  Reykjavik
Par Jeremie RICHARD / © 2019 AFP

Un temps galvanisĂ©e par ses exploits de l’Euro-2016, l’Islande “ne surprend plus personne”: en manque de renouveau sportif, la sĂ©lection peine aussi Ă  mobiliser les foules et son fameux “clapping” rĂ©sonne un peu moins fort, avant la venue des champions du monde français vendredi.

Aucun doute pour cette fois, le Laugardalsvöllur, petit stade de Reykjavik, et ses 9.800 places vibrera comme un seul homme pour ses “Bleus” Ă  lui pour ce match qualificatif Ă  l’Euro-2020: l’intĂ©gralitĂ© des billets pour la rencontre s’est vendue en un peu plus d’une heure.

Mais l’enthousiasme dĂ©bordant de la nation toute entière qui soutenait son Ă©quipe Ă  coups de cris vikings face aux mĂŞmes Français en quart de finale (perdu) de l’Euro-2016, puis la ferveur des qualifications Ă  la Coupe du monde deux ans plus tard, oĂą elle avait fini première de son groupe, ont progressivement fait place au pragmatisme.

“Nous n’attendons pas de l’Ă©quipe qu’elle gagne plus que ce dont elle est capable”, assure Ă  l’AFP Hilmar Jökull Stefansson, 24 ans et increvable membre de “Tolfan” le seul groupe officiel de supporters du pays.

Et pour cause: la phase finale du Mondial en Russie a Ă©tĂ© discrètele pays a fini dernier de son groupepuis les dĂ©buts de son nouveau sĂ©lectionneur, Erik HamrĂ©npourtant un SuĂ©dois comme Lagerbäck avec qui l’Ă©quipe a cĂ´toyĂ© le succèscahoteux.

Aucune victoire lors de ses huit premières rencontres et des résultats décevants en ligue des Nations : quatre matches, autant de défaites.

“Nous n’avons pas tellement dĂ©veloppĂ© notre style de jeu et c’est une mauvaise chose”, dĂ©plore Haukur Hardarson, journaliste sportif Ă  la tĂ©lĂ©vision publique, la RUV. “Nous ne surprenons plus personne dĂ©sormais”.

Un “Huh!” plus timide

L’Ă©quipe s’appuie toujours sur ses anciens, expĂ©rimentĂ©s mais vieillissants, particulièrement dans le secteur dĂ©fensif qui manque aujourd’hui de vivacitĂ©.

Bien que talentueuse, Ă  l’image des milieux de terrain Albert Gudmundsson (22 ans, AZ Alkmaar) ou Arnor Sigurdsson (20 ans, CSKA Moscou) actuellement blessĂ©s, la nouvelle gĂ©nĂ©ration tarde Ă  s’Ă©panouir sur le terrain. Face Ă  la Moldavie dĂ©but septembre pour les qualifications Ă  l’Euro-2020, 9 des 11 joueurs alignĂ©s Ă©taient titulaires Ă  l’Euro-2016.

Si le mĂ©morable “Huh!”, rendu cĂ©lèbre pendant la saga de l’Euro, rĂ©sonne toujours dans le Laugardalsvöllur, les dĂ©buts d’HamrĂ©n ont douchĂ© l’enthousiasme de nombreux supporters islandais.

“Les gens ne se disputent plus les billets pour des Ă©quipes moyennes. C’est un changement majeur”, remarque Haukur Hardarson.

Le stade national Ă©tait loin d’afficher complet lors du dernier match Ă  ReykjavĂ­k contre les Moldaves, oĂą seulement 8.338 spectateurs Ă©taient prĂ©sents, la plus faible affluence pour une rencontre de l’Ă©quipe nationale masculine depuis cinq ans.

“Le stade Ă©tait rempli Ă  90% donc ce n’Ă©tait pas si terrible que cela en rĂ©alitĂ©”, relativise le prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration, Gudni Bergsson.

“Une petite nation du football”

Cet ancien international a renouvelĂ© sa confiance au sĂ©lectionneur dans un entretien avec un quotidien local car l’Islande est toujours en course pour une troisième qualification d’affilĂ©e Ă  un tournoi international.

41e au classement FIFA, l’Islande, dont l’Ă©quipe est surnommĂ©e “nos gars”, est toutefois Ă  son plus mauvais rang depuis 2014.

“Nous serons toujours une petite nation du football Ă  cause de notre faible population”, admet Gudni Bergsson. “Mais le succès rĂ©cent nous incite Ă  ĂŞtre encore plus ambitieux que par le passĂ© en voulant ĂŞtre compĂ©titifs au plus haut niveau”.

Le football reste de très loin le sport le plus populaire sur la petite Ă®le de l’Atlantique-Nord, avec près de 25.500 licenciĂ©s enregistrĂ©s en 2017, devant le golf (19.400) et l’Ă©quitation (12.100).

Et ce qui ne change pas non plus, c’est “l’agressivitĂ©, l’esprit combatif” de la sĂ©lection et “sa bonne rĂ©putation Ă  domicile”, comme le rĂ©sume un fan, Hilmar.

Au Laugardalsvöllur, l’Islande n’a perdu que trois des 22 matches qu’elle y a jouĂ© ces six dernières annĂ©es.