Qualif. Mondial-2022: Griezmann, un statut en Bleu qui vacille

Antoine Griezmann se prend la tête entre les mains après une occasion ratée lors du match des Bleus en Ukraine, le 4 septembre 2021 à Kiev
Par Antoine MAIGNAN et Jérémy TALBOT / © 2021 AFP

Cadre incontesté du mandat de Didier Deschamps, Antoine Griezmann a vu pâlir son statut en équipe de France, menacé par l’importance grandissante de Kylian Mbappé et perturbé par le retour de Karim Benzema, au coeur d’une parenthèse manquée au FC Barcelone.

D’ordinaire épanoui et souriant à chaque rassemblement des Bleus, l’attaquant de 30 ans vit une rentrée de septembre mitigée en sélection, avant d’affronter la Finlande à Lyon, mardi (20h45), en qualifications pour le Mondial-2022.

Certes toujours titulaire, et même buteur chanceux mercredi contre la Bosnie-Herzégovine (1-1), “Grizou” est apparu plus emprunté qu’à l’accoutumée.

Jusqu’aux ultimes instants du mercato, le 31 août, il a dû gérer à distance son départ in extremis du Barça pour retourner en prêt à l’Atlético Madrid.

Fait rare, le champion du monde s’est aussi fait plus discret sur le terrain médiatique, s’effaçant devant Paul Pogba ou Hugo Lloris, chargés de commenter, devant la presse, la mauvaise passe des Bleus, englués dans une inquiétante série de cinq matches sans victoire.

“Rentrer à la maison”

Lui s’est contenté de remercier les fans barcelonais pour leur “amour”, dans un bref message publié sur les réseaux sociaux, avant d’annoncer succinctement aux supporters des “Colchoneros” qu’il avait “hâte de rentrer à la maison”.

Sur la pelouse, le gaucher a livré deux prestations quelconques, à Strasbourg mercredi puis à Kiev samedi contre l’Ukraine (1-1).

Titularisé pour la septième fois de suite au sein du “triangle d’or” tricolore face aux Bosniens, avec Mbappé et Benzema, il a peu combiné avec ses deux partenaires, presque désorienté sur un côté droit qu’il affectionne peu.

Trois jours plus tard, dans une rencontre qui s’annonçait taillée pour lui, sans Mbappé blessé ni Benzema préservé, il n’a pas retrouvé non plus l’influence observée au Mondial-2018, terminé avec quatre buts.

L’ancien joueur de la Real Sociedad est en quête de repères, après deux saisons dans l’ombre de Lionel Messi en Catalogne. Le départ de l’Argentin lui promettait un statut renforcé au Barça ? Griezmann a tout de même choisi le retour au bercail en fin de mercato.

Avant de rejoindre Madrid et l’Atlético, le hasard du calendrier lui propose un détour proche de ses racines familiales mardi soir, à 80 kilomètres de sa ville natale, Mâcon.

Exilé à droite

Le cadre sera-t-il propice pour raviver la flamme ? Au Groupama Stadium de Décines-Charpieu, le meneur de jeu a déjà brillé, y inscrivant un doublé fin mai 2018, en finale de la Ligue Europa contre Marseille (3-0).

Quelques jours plus tard, il devenait l’incontestable leader de l’attaque française à la Coupe du monde, s’adjugeant sans trembler tous les coups de pied arrêtés, penalties inclus, aux côtés d’un buteur toujours fidèle, Olivier Giroud, et d’un prodige encore émergent, Mbappé.

En 2021, le premier n’est plus dans la liste et le second prend de l’épaisseur: l’attaquant du Paris SG conteste désormais les penalties, les coups francs comme les corners, et il a déserté le flanc droit pour un positionnement plus offensif et plus axial, le terrain de jeu favori de Griezmann.

“Comme Kylian, je sais très bien que plus il est près du but, mieux c’est”, notait Deschamps ces derniers jours. Mais le sélectionneur “sait aussi qu’il fait les efforts s’il doit les faire, même si cela l’impacte”, or “il faut trouver un équilibre”.

Avec le retour surprise fin mai de Benzema, l’axe est embouteillé et “l’équilibre” souhaité par le Basque passe logiquement par Griezmann, souvent sollicité défensivement.

Avec déjà 97 sélections et 39 buts, le N.7 répond par sa constance.

Sauf improbable forfait ou mise à l’écart, il s’apprête à étirer mardi son record à 55 matches de suite en sélection sans en avoir manqué un seul.

Avant de devenir, dès le mois d’octobre, le 9e “centenaire” de l’histoire des Bleus et l’égal de Michel Platini avec 41 buts ? Cela lui permettrait de soigner une confiance en berne et de redresser un statut qui vacille.