L’attaquant de l’OM Dario Benedetto (g) à la lutte avec le défenseur de Strasbourg Mohamed Simakan, en L1 au Vélodrome, le 20 octobre 2019
Par Emmanuel BARRANGUET / © 2019 AFP

Dario Benedetto a tout pour séduire l’Olympique de Marseille: la grinta, le maillot mouillé, et surtout les buts. L’idole naissante est priée de briller pour son premier Clasico, dimanche au Paris SG.

“Super Dario” a vite effacé “Super Mario” Balotelli, éphémère canonnier de l’OM en fin de saison dernière.

Mieux, le buteur argentin est même en passe de faire oublier aux supporters les saisons de pénitence sans “grantattakan”, divinité traditionnellement révérée au Vélodrome, la terre du Droit au but, grâce à son efficacité, son jeu et sa personnalité.

. Monsieur 42%

“Pipa” Benedetto tourne déjà à un but tous les deux matches et a marqué 5 des 12 buts marseillais (42% environ). C’est évidemment l’essentiel.

Mais il a le bon goût de marquer souvent des jolis buts, comme cette frappe sèche à Amiens, qui n’a pas empêché la défaite (3-1) ou ce superbe mouvement collectif aboutissant au but contre Saint-Étienne, avec l’Argentin à l’ignition et à la finition.

Oublié le penalty manqué contre Nantes (0-0) au premier match, Benedetto monte en puissance et en efficacité.

“J’ai juste eu un peu de retard au démarrage, mais je l’ai rattrapé et je me sens bien”, rembobine Benedetto. “Quand je suis arrivé à l’OM, je n’étais pas bien physiquement, je revenais de blessure, mais maintenant je suis 100%, mentalement aussi”, rappelle-t-il.

Du coup, les fans marseillais attendent monts et merveille de leur nouveau buteur.

“Il ne va pas marquer à chaque match”, prévient son entraîneur, André Villas-Boas.

“Je suis habitué à vivre avec cette pression de l’attaquant, répond l’intéressé. J’ai l’habitude de me la mettre moi-même”.

. “Des mouvements incroyables”

Dario n’est pas qu’un finisseur, il a aussi l’habitude de participer au jeu. “On se régale de jouer avec lui, salive le milieu Morgan Sanson, car il décroche, dézone, bouge beaucoup, il fait bouger les adversaires et crée des espaces entre les lignes. En plus il marque des buts!”

Pipa est “un joueur différent de ceux qu’on a eus ces dernières années à l’OM. Il marque des buts, dit Valère Germain, sans malice. Il participe au jeu et il est à la finition”.

Villas-Boas est “très content” de l’attaquant qu’il est allé chercher à Boca Juniors. “Il a des mouvements incroyables, un bon timing dans les déplacements, note l’entraîneur portugais. Il fait les mêmes choses qu’à Boca: venir entre les lignes, donner des ballons en profondeur, mettre les autres en jeu…”

Benedetto participe, se replie, et offre des déviations subtiles et un engagement qui font vibrer le “Vél”, comme ce tacle glissé pour conquérir le ballon contre le Strasbourgeois Mohamed Simakan, qui courait pourtant plus vite que lui.

. Généreux

Cette générosité du buteur tatoué a emballé tout le petit monde de l’OM, ensorcelé par un genre de personnalité comme les Marseillais les adorent.

Communicatif, Benedetto râle quand ses partenaires l’oublient, comme Bouna Sarr contre Strasbourg, mais s’excuse quand lui-même “bouffe la feuille”, comme cela lui est arrivé deux fois contre Rennes. “Un individualisme qui ne lui ressemble pas”, l’avait défendu “AVB”.

Toujours parmi les premiers à l’applaudimètre lors de l’annonce des équipes, Pipa a même été accueilli par un tifo formant le drapeau argentin contre Rennes, en virage Nord, et contre Montpellier le virage Sud avait écrit Dario dans un drapeau “albiceleste” (et Alvaro dans un drapeau espagnol, pour le défenseur Gonzalez).

“Je remercie beaucoup les gens qui m’ont si bien reçu, au club, les supporters…”, répond l’Argentin, qui se sent comme à Boca. “Cette passion, cette même manière de vivre le foot, ça me plaît beaucoup, c’est le but du football”, compare-t-il.

Il est tellement généreux, qu’il a déjà encaissé ses trois jaunes en dix matches, synonymes de suspension pour le choc suivant, au Vélodrome contre Lille.

Mais il ne ratera pas le PSG, “un match que je ne veux pas perdre”, affirme Benedetto. Il aborde son premier OM-PSG sans crainte: un buteur qui a joué tant de “Superclasicos” Boca-River n’a pas peur du Clasico version française.