PSG-OL dames: une intensité multipliée par “1000”, raconte Ashley Lawrence

Ashley Lawrence (à droite) avec Paris lors du choc contre Lyon en Ligue des champions, le 24 mars 2021 au Parc des Princes
/ © 2022 AFP

Après le match “très compliqué” perdu 6-1 en novembre, le PSG veut “rebondir” pour ses retrouvailles face à l’OL samedi en Coupe de France, une affiche “pas comme les autres” où l’intensité est multipliée par “1000”, raconte la Parisienne Ashley Lawrence à l’AFP.

Q: Vous avez été championne de France et championne olympique en 2021, c’était l’année parfaite ?

R: “Quand on pense aux titres, bien sûr, l’année 2021 avec le PSG et le Canada c’était vraiment l’une des meilleures de ma carrière. Mais c’était aussi une des plus dures. En Championnat, on n’avait aucune marge d’erreur, chaque match était comme une finale”.

Q: Quel est l’état d’esprit de l’équipe avant de retrouver l’OL, deux mois et demi après la lourde défaite en Championnat ?

R: “On souhaite faire un match cohérent par rapport à ce qu’on est capable de faire. Depuis la reprise, on a travaillé pas mal physiquement. Dans ces matches-là, on sait que les détails comptent mais qu’il faut surtout courir. Ca va être 90 minutes d’intensité. Ca ne va pas être facile, mais il ne faut pas oublier qu’on a gagné plusieurs fois contre Lyon la saison dernière. Nous sommes capables de le refaire. En novembre c’était très compliqué, avec un mauvais début de match, je ne veux pas trop revenir là-dessus. En tant que compétitrice, je souhaite rebondir. Il faut garder nos points forts et avoir la confiance de jouer ce match pour le gagner”.

Q: Etait-ce difficile de digérer ce match, joué dix jours après l’agression de Kheira Hamraoui ?

R: “Dans le sport, on a aussi nos vies en dehors. Des choses comme ça peuvent arriver, ce qui compte c’est comment on peut gérer sur le terrain. Il ne faut pas trouver des excuses non plus. Même si c’est difficile à gérer, individuellement et collectivement, à la fin ce qui compte c’est de savoir comment rebondir”.

Q: L’entraîneure de l’OL Sonia Bompastor considère que son équipe est favorite pour samedi. Partagez-vous son point de vue?

R: “Moi je n’aime pas trop parler avant de jouer. Ce qui compte, c’est de parler sur le terrain. Ce sont deux équipes de haut niveau, à chaque fois ce sont de bons matches, c’est très bien pour le foot féminin. J’espère que plein de gens pourront regarder ce match”.

Q: Il y a une grande rivalité sportive entre les deux équipes. Est-ce que ce sont des rencontres où il y a plus de coups donnés que d’habitude?

R: “Ce n’est pas un match comme les autres. Quand tu le joues, tu veux tout donner. Comme latérale droite, je suis hyper vigilante défensivement, je fais des aller-retours, c’est x1000 en intensité. Dans l’autre équipe, je connais Kadeisha Buchanan, il y a plein de filles qu’on connaît en dehors. Mais il y a la compétition, ça fait partie du foot et c’est bien!”

Q: Votre gardienne au PSG et en sélection Stéphanie Labbé a mis fin à sa carrière pour préserver sa santé mentale. Parliez-vous de ce sujet avec elle ?

R: “C’est une gardienne importante dans ma carrière. Elle est plus âgée, elle a fait une carrière très longue et elle partage ce qu’elle a vécu. Plus qu’une coéquipière, c’est vraiment une très bonne amie. Avec le Canada, elle était toujours ouverte pour en discuter, pour se livrer. Elle a vraiment toujours donné de l’importance à ce sujet. Elle est très courageuse et c’est un exemple pour moi. Je suis déçue parce que c’est une gardienne de qualité qui pouvait encore nous aider, avec le Canada et le PSG, mais elle a fait son choix et il faut le respecter”.

Q: La fatigue mentale, est-elle un sujet encore tabou dans le milieu professionnel ?

R: “C’est de mieux en mieux, parce que des sportives comme Simon Biles et Stéphanie Labbé ont eu le courage de parler. Nous sommes des sportives, mais souvent on oublie que nous sommes des personnes humaines. Ce n’est pas tabou mais ça reste difficile d’en parler. On peut le voir comme une faiblesse, mais c’est loin d’être le cas. C’est vraiment un sujet important et il faut qu’on en parle de plus en plus. Si on est prêtes, bien sûr, parce qu’il ne faut pas forcer non plus”.

Propos recueillis au téléphone par Jérémy TALBOT.