PSG: Neymar, un roi qui attend sa couronne

L’attaquant brésilien du Paris-SG, Neymar, lors du quart de finale de la Coupe de France à domicile contre Angers, le 21 avril 2021
Par Alexis HONTANG / © 2021 AFP

Superstar aux dribbles de génie, Neymar attend encore de mettre la planète football à ses pieds, comme Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. Mais au Paris SG, il a trouvé le tremplin qu’il souhaitait.

Au pied de la Tour Eiffel, un romantique de plus a fait son nid. Comme il le répète souvent, Neymar da Silva Santos Junior place son bonheur au-dessus de tout.

“Je suis très heureux aujourd’hui, a-t-il glissé en janvier au micro de TF1. Mais ça a beaucoup changé.”

Depuis 2017, l’humeur de “Ney” a fait la pluie et le beau temps au-dessus du Parc des Princes, tantôt épris de son jeu spectaculaire, tantôt énervé par ses envies d’aller voir ailleurs.

En prolongeant son contrat au PSG jusqu’en 2025, il a signé la déclaration d’amour que les supporters attendaient depuis longtemps. Pour Neymar l’artiste, c’est le contrat de la maturité.

A 29 ans, le Brésilien aux multiples vies a connu une ascension fulgurante.

Venu du futsal, il devient professionel à 17 et père à 19.

A 21 ans, il gagne la Coupe des Confédérations avec la Seleçao, pour sa première compétition internationale. Son transfert dans la foulée au FC Barcelone le propulse encore plus haut, au sommet de l’Europe, avec un sacre en Ligue des champions en 2015.

Au Brésil, Neymar est considéré comme l’héritier de Pelé, mais ses ambitions le placent plutôt dans les pas des monstres Lionel Messi et Cristiano Ronaldo.

Pour se défaire de l’ombre de Messi au Barça, il rejoint le PSG à l’été 2017, qui fait de lui le joueur le plus cher de la planète (222 M EUR).

Des blessures…

“Je veux un plus grand défi”, disait-il lors de sa présentation.

Dans un club qui partage son ambition de bousculer l’ordre établi, Neymar pense avoir trouvé l’endroit idéal pour poursuivre son ascension. Mais certains dans la capitale sont déroutés par les égarements d’un N.10 qui ne grandit plus.

Le classement du Ballon d’or livre une indication de cette trajectoire: trosième en 2015 et 2017, il chute au 12e rang en 2018… avant de disparaître de la liste des 30 nominés l’année suivante.

Ses deux blessures au pied droit, aux hivers 2018 et 2019, lui ont collé l’étiquette de superstar fragile, absent quand le PSG en a le plus besoin.

En 2019, ses sorties au carnaval de Rio, alors qu’il est en convalescence, lui donnent des airs d’enfant terrible.

Le soir de l’élimination contre Manchester United, en 8e de C1 en 2019, il insulte les arbitres de la rencontre sur les réseaux sociaux. Deux mois plus tard, il frappe un spectateur qui le chambre après la finale perdue de Coupe de France contre Rennes.

Cette même période, une femme l’accuse de viol, mais la justice brésilienne n’entame pas de poursuites, faute de preuves suffisantes.

En sélection, au Mondial-2018 où le Brésil s’arrête en quarts contre la Belgique, ses roulades répétées suscitent la moquerie. Mais ce n’est rien par rapport à la colère, en septembre 2019, des ultras parisiens, échaudés par ses envies de retourner au Barça l’été précédent.

Alors que tombaient les insultes, il offre la victoire au PSG d’une superbe bicyclette contre Strasbourg (1-0): son talent énorme aura le dernier mot.

Son entente avec l’entraîneur Thomas Tuchel, arrivé en 2018, réchauffe l’atmosphère, dans un vestiaire hispanophone où il se sent comme un poisson dans l’eau. Son complicité avec Kylian Mbappé sur le terrain est également criante.

“C’est quelqu’un de sympathique, très joyeux, il s’entend bien avec tout le monde. C’est un phénomène avec le ballon, c’est aussi un coéquipier top”, a expliqué à l’AFP le latéral du PSG Juan Bernat.

145 M de followers

Heureux, en bonne santé, Neymar réussit une excellente saison 2019-20, qui a propulsé le PSG jusqu’en finale de C1, perdue face au Bayern (1-0). A partir de là, “Ney”, assagi, clame son amour au PSG.

Le feuilleton de sa prolongation n’en a pas été un, l’optimisme affiché du Brésilien ayant permis des discussions sereines. Et si le Covid-19 a grévé les finances du club, “Ney” rapporte tellement que le PSG n’a pas hésité à le prolonger.

“Neymar rayonne, et dans plus d’endroits que le PSG! Son +personal branding+ (sa marque personnelle, NDLR) est tellement fort. Il intéresse plein de gens, et pas uniquement des fans de foot”, explique Jérôme Neveu, président-fondateur du cabinet Advent, spécialiste du marketing sportif.

As du marketing, actif sur tous les réseaux, même Twitch où il est l’un des rares footballeurs à diffuser en direct ses parties de jeux vidéo, Neymar compte 145 millions de followers sur Instagram, derrière Messi et Ronaldo, les deux monstres derrière lesquels il continue de courir.

Une Ligue des champions ou un Ballon d’or pourrait réduire l’écart. “Dans le capital de marque, il y a un facteur palmarès, qui nourrit l’adhésion”, rappelle Boris Helleu, expert des stratégies numériques dans le sport. Son horizon est tout trouvé.