PSG-Lille: Marquinhos et José Fonte, la parole est à la défense

Le défenseur du PSG Marquinhos, lors du match de Ligue 1 contre Nantes, le 14 mars 2021 au Parc des Princes
Par Alexis HONTANG, avec Nicolas BLASQUEZ à Lille / © 2021 AFP

Du “joga bonito” au “defende bonito”: le Brésilien Marquinhos et le Portugais José Fonte incarnent la robustesse du Paris SG et de Lille, coleaders de Ligue 1 qui ont misé sur la défense pour atteindre le titre.

Si le diffuseur Canal+ vante les mérites d’un choc excitant opposant les deux premiers ex æquo du classement, samedi, les statistiques plaident plutôt pour un 0-0.

Le PSG est l’équipe qui a réussi le plus de “clean sheets” (17) des cinq plus grands Championnats européens, juste devant… Lille (16), qui partage la place de dauphin avec Manchester City.

D’ailleurs, la rencontre aller, le 20 décembre, n’a pas fait d’étincelles: les deux formations se sont quittées dos à dos (0-0) au terme d’un match engagé sans grande occasion.

Ce soir-là, Marquinhos et Fonte avaient à nouveau démontré que les stars n’étaient pas forcément en attaque, malgré le talent présent en nombre dans les deux effectifs, entre Neymar, Kylian Mbappé, Yusuf Yazici ou Jonathan David.

“Il a joué à un niveau extraordinaire, on peut distribuer des vidéos de lui. C’est Ballon d’or. Il change tout pour nous”, s’était enflammé l’entraîneur parisien d’alors, Thomas Tuchel, au sujet de “Marqui”.

Fonte toujours là

Entre le jeune Marquinhos (26 ans) et l’expérimenté Fonte (37 ans), une génération d’écart, des parcours différents, mais la même aura de leader, la même constance au haut niveau, renforcée par leur statut international.

Vainqueur de l’Euro-2016 avec la “Seleçao” en ayant joué la finale victorieuse contre la France (1-0 a.p.), le Lillois aux 45 sélections se bonifie encore mieux que le “vinho verde” produit dans sa ville natale de Penafiel (nord).

Arrivé en 2018 à Lille, après un long passage en Premier League (dix ans), le Portugais est en train de réaliser une excellente saison aux côtés du jeune Néerlandais Sven Botman (21 ans), qui ne l’a rejoint que l’été dernier.

“Leur complémentarité ? 37 ans et 21 ans, droitier et gaucher. Un gamin qui arrive dans un effectif qui a eu des résultats, et qui a une capacité à vite imprimer. A côté de lui, un joueur qui dirige, qui commande, qui partage, qui a besoin de la jeunesse”, a décrit Galtier.

Presque jamais blessé, ni suspendu (1 seul match de L1 raté cette saison), décisif sur coups de pied arrêtés (3 buts), d’un naturel serein, Fonte coche toutes les cases… et même celle qui exige d’un défenseur “moderne” de participer à la construction du jeu.

“Pas Gérard Piqué”

“Pour être honnête, ce que réclame Christophe Galtier à un défenseur central dans la construction du jeu m’a un peu bousculé (au début). A mon arrivée, les attaquants dont Nicolas Pépé me réclamaient ce type de passes (vers l’avant). Je leur répondais: +Oh les gars ! Je ne suis pas Gerard Piqué !+”, en a-t-il souri dans un entretien à France Football, paru en janvier.

Les longs ballons vers l’avant, délivrés avec justesse, c’est justement la marque de fabrique de Marquinhos, tellement précieux dans l’exercice que Tuchel l’a repositionné, un temps, au milieu.

Mauricio Pochettino, arrivé en début d’année, a coupé court au débat, en plaçant pour de bon son capitaine dans la charnière, aux côtés de Presnel Kimpembe.

Le Brésilien (51 sélections) le lui a bien rendu, en contribuant à l’élimination du FC Barcelone en 8es de finale de la Ligue des champions. Seul hic: quelques pépins physiques, qui lui ont fait rater dix matches de L1 cette saison.

Mais en quelques mois, Marquinhos a fait oublier le départ, l’été dernier, de Thiago Silva, avec la volonté de marquer l’histoire de son club comme l’a fait son prédécesseur au poste. Son but décisif sur le terrain de Manchester United (3-1) a notamment marqué les esprits.

“Cela fait 8 ans maintenant bientôt que je suis ici, et atteindre 300 matches à 26 ans… On peut penser que je peux encore jouer beaucoup de matches, et j’ai encore envie de me donner à fond pour ce maillot”, a-t-il confié fin janvier. Ca passe par un succès contre Lille.