Les joueurs du Paris SG lors d’un entraĂ®nement Ă  Saint-Germain-en-Laye, le 5 novembre 2019
Par Antoine MAIGNAN et Yassine KHIRI, avec Daniel ORTELLI à Brest / © 2019 AFP

Sans Ă©gal en phase de groupes de Ligue des champions, le Paris SG n’est pas si intraitable en Ligue 1: après trois dĂ©faites cette saison, une brèche est ouverte dans l’armure parisienne et Brest fera tout pour s’y engouffrer, samedi lors de la 13e journĂ©e.

Le PSG a deux visages. Sur la scène européenne, il impressionne, gagne à tous les coups même quand il est moins bien. Il se qualifie pour les huitièmes de finale dès la quatrième journée, comme deux autres armadas du Vieux Continent seulement (le Bayern Munich et la Juventus Turin), doublant la politesse au grand Real Madrid dans le groupe A.

Mais en championnat de France, il alterne le très bon, comme en première mi-temps contre Marseille (4-0), et le médiocre, comme la deuxième période de ce même match ou la défaite à Dijon la semaine dernière (2-1).

Fait marquant: si Paris est la seule Ă©quipe de la compĂ©tition europĂ©enne Ă  ne pas avoir encore concĂ©dĂ© de but cette saison en phase de poules, il connaĂ®t la pire entame de l’ère qatarie (depuis 2011) en termes de dĂ©faites en championnat après 12 journĂ©es.

Autre chiffre alarmant dans la compĂ©tition domestique: huit, comme le nombre de revers en L1 sur l’annĂ©e 2019. Indigne d’un club budgĂ©tairement sans Ă©gal dans l’Hexagone.

Et pour ne rien arranger, la star Kylian MbappĂ© a Ă©tĂ© victime d’un pĂ©pin physique de dernière minute, dĂ©clarant forfait samedi Ă  Brest.

“Impossible de ne pas tout donner”

Que reprocher aux joueurs de Thomas Tuchel, toujours largement en tĂŞte d’une Ligue 1 incapable jusque lĂ  d’accoucher d’une hiĂ©rarchie claire derrière eux ?

Du relâchement, d’abord: que ce soit Ă  Dijon, contre Reims (2-0) ou Ă  Rennes (2-1), les trois revers concĂ©dĂ©s depuis l’Ă©tĂ©, la question de l’intensitĂ© s’est posĂ©e dans l’après-match.

“C’est impossible de descendre sur un terrain et de ne pas tout donner. Ça peut arriver une fois de rater un match, on en joue 60 par an, mais ça ne doit pas arriver souvent. Il faut respecter notre travail”, a pestĂ© Marco Verratti mercredi soir après la victoire contre Bruges (1-0) au Parc des Princes, oĂą les Parisiens auraient espĂ©rĂ© meilleure rĂ©action quatre jours après Dijon. “Si on doit perdre un match, on doit le faire contre meilleur que nous.”

Une panne offensive, ensuite ? “On en a marquĂ© 4 contre l’OM, 4 contre Nice, 5 Ă  Bruges et voilĂ … Maintenant, nous sommes pauvres en attaque ? Je ne peux pas rĂ©pondre car je n’ai pas le mĂŞme avis”, a rĂ©torquĂ© Tuchel le mĂŞme soir. “Si on attend de nous qu’on gagne toujours de 3 ou 4 buts, on va ĂŞtre très déçus Ă  la fin de la saison.”

Brest vise l’exploit

Sans Neymar, toujours blessĂ©, et avec un Mauro Icardi incertain après avoir Ă©tĂ© victime d’une contusion Ă  un pied, Paris se rend donc en Bretagne avec seulement deux buts inscrits en deux matches.

La dernière fois oĂą ils s’Ă©taient trouvĂ©s dans cette situation, dĂ©but octobre après deux rencontres contre Bordeaux (1-0) et Galatasaray (1-0), les Parisiens en avaient marquĂ© quatre contre Angers.

Brest, 9e, est prĂ©venu. Mais le promu, comme Dijon une semaine plus tĂ´t, trĂ©pigne d’impatience avant ce match de gala: le stade Francis-Le-BlĂ©, oĂą personne n’est venu gagner cette saison, sera plein Ă  craquer pour accueillir le plus gros budget de L1.

“Sur ce genre de match, le groupe est concentrĂ©. Tous les joueurs sont impliquĂ©s. C’est une facilitĂ© du fait de l’adversaire”, a dit l’entraĂ®neur breton Olivier Dall’Oglio jeudi matin en confĂ©rence de presse.

“Les Parisiens vont ĂŞtre motivĂ©s vu ce qui s’est passĂ© Ă  Dijon… A nous d’ĂŞtre prĂ©sents, avec un super esprit collectif. Ne pas faire que dĂ©fendre et pouvoir leur faire mal quand on en a la possibilitĂ©”, a ajoutĂ© le technicien.

Mais l’ancien entraĂ®neur de Dijon sait Ă  quoi s’attendre: pour sa dernière opposition contre Paris lorsqu’il occupait le banc bourguignon, le DFCO avait perdu… 8-0.