L’attaquant du PSG Mauro Icardi trompe le gardien de Bruges, en C1 au Parc des Princes, le 6 novembre 2019
Par Antoine MAIGNAN et Yassine KHIRI, avec Daniel ORTELLI à Brest / © 2019 AFP

Sans Ă©gal en phase de groupes de Ligue des champions, le Paris SG n’est pas si intraitable en Ligue 1: après trois dĂ©faites cette saison, une brèche est ouverte dans l’armure parisienne et Brest fera tout pour s’y engouffrer, samedi (17h30) lors de la 13e journĂ©e.

Le PSG a deux visages. Sur la scène europĂ©enne, il impressionne, gagne Ă  tous les coups mĂŞme quand il est moins bien. Il se qualifie pour les huitièmes de finale dès la quatrième journĂ©e, Ă  l’instar du Bayern Munich et de la Juventus Turin, grillant la politesse au Real Madrid dans le groupe A.

Mais en Ligue 1, il alterne le très bon, comme en première période contre Marseille (4-0), et le médiocre, comme la seconde partie de ce même match ou la défaite à Dijon la semaine dernière (2-1).

Fait marquant: si Paris est la seule Ă©quipe de la compĂ©tition europĂ©enne Ă  ne pas avoir encore concĂ©dĂ© de but cette saison en phase de poules, il connaĂ®t la pire entame de l’ère qatarie (depuis 2011) en termes de dĂ©faites en championnat après 12 journĂ©es.

Autre chiffre alarmant dans la compĂ©tition domestique: huit, comme le nombre de revers en L1 sur l’annĂ©e 2019. Indigne d’un club budgĂ©tairement sans Ă©gal dans l’Hexagone.

“Tension diffĂ©rente”

Que reprocher aux joueurs de Thomas Tuchel, toujours largement en tĂŞte d’une Ligue 1 incapable jusque lĂ  d’accoucher d’une hiĂ©rarchie claire derrière eux ?

Du relâchement, d’abord: que ce soit Ă  Dijon, contre Reims (2-0) ou Ă  Rennes (2-1), les trois revers concĂ©dĂ©s depuis l’Ă©tĂ©, la question de l’intensitĂ© s’est posĂ©e dans l’après-match.

“C’est impossible de descendre sur un terrain et de ne pas tout donner. Ça peut arriver une fois de rater un match, on en joue 60 par an, mais ça ne doit pas arriver souvent. Il faut respecter notre travail”, a pestĂ© Marco Verratti mercredi après la victoire contre Bruges (1-0) au Parc, oĂą les Parisiens auraient espĂ©rĂ© meilleure rĂ©action quatre jours après Dijon. “Si on doit perdre un match, on doit le faire contre meilleur que nous.”

InvitĂ© Ă  s’exprimer sur le sujet vendredi, Tuchel a livrĂ© quelques Ă©lĂ©ments d’explication.

“Je n’ai pas l’impression que les joueurs choisissent leurs matches” mĂŞme si certains, Ă  l’image de Verratti, sont plus “habituĂ©s Ă  tout donner” que d’autres, selon l’entraĂ®neur allemand. En revanche, “la tension est diffĂ©rente” avant un choc “contre Marseille ou en Ligue des champions”, par rapport Ă  un avant-match contre un adversaire plus modeste, a-t-il remarquĂ©.

Sachant cela, “il ne faut pas donner l’impression Ă  l’adversaire qu’aujourd’hui c’est possible” de battre le PSG, a poursuivi Tuchel. Comment? En règlant la mire dès “le premier challenge, la première passe”.

Brest invaincu Ă  domicile

Sans Neymar, toujours blessé, avec Mauro Icardi incertain et Edinson Cavani en manque de temps de jeu (annoncé titulaire samedi par Tuchel), Paris se rend en Bretagne avec seulement deux buts inscrits en deux matches.

La dernière fois oĂą ils s’Ă©taient trouvĂ©s dans cette situation, dĂ©but octobre après des rencontres contre Bordeaux (1-0) et Galatasaray (1-0), les Parisiens en avaient marquĂ© quatre contre Angers.

Brest, 9e, est prĂ©venu. Mais le promu, comme Dijon une semaine plus tĂ´t, trĂ©pigne d’impatience avant ce match de gala: le stade Francis-Le-BlĂ©, oĂą personne n’est venu gagner cette saison, sera plein Ă  craquer pour accueillir le plus gros budget de L1.

“Sur ce genre de match, le groupe est concentrĂ©. Tous les joueurs sont impliquĂ©s. C’est une facilitĂ© du fait de l’adversaire”, a dit l’entraĂ®neur breton Olivier Dall’Oglio.

“Les Parisiens vont ĂŞtre motivĂ©s vu ce qui s’est passĂ© Ă  Dijon… A nous d’ĂŞtre prĂ©sents, avec un super esprit collectif. Ne pas faire que dĂ©fendre et pouvoir leur faire mal quand on en a la possibilitĂ©”, a-t-il ajoutĂ©.

Mais l’ancien entraĂ®neur de Dijon sait Ă  quoi s’attendre: pour sa dernière opposition contre Paris lorsqu’il occupait le banc bourguignon, le DFCO avait perdu… 8-0.