Le milieu du Paris-SG, Angel Di Maria, déçu après la défaite de son équipe à Dijon, le 2 novembre 2019
Par Antoine MAIGNAN / © 2019 AFP

Le Paris Saint-Germain semblait avoir trouvé son rythme, il a été stoppé net: les Parisiens, inquiétants, sont retombés dans leurs travers en se relâchant sans raison à Dijon vendredi. Un troisième revers cette saison qui rappelle à quel point le club reste fragile.

Le sentiment est mitigĂ©. Oui, il y a les victoires probantes sur le Real Madrid (3-0), sur Marseille (4-0), Ă  Bruges (5-0), les 17 buts marquĂ©s en quatre matches depuis le 5 octobre. Oui, l’Ă©mergence de la recrue Mauro Icardi en pointe promet beaucoup pour l’avenir de l’Ă©quipe. Et non, le sensationnel retour de blessure de Kylian MbappĂ©sept buts en quatre matchesn’a laissĂ© personne indiffĂ©rent.

Mais il a suffi de quatre-vingt-dix minutes pauvres en efforts et en “niaque” au stade Gaston-GĂ©rard (2-1) pour que Paris se pose Ă  nouveau des questions, quatre jours avant d’accueillir Bruges au Parc des Princes pour valider sa qualification pour les huitièmes de finale de Ligue des champions.

Après les accrocs contre Reims (2-0) et Ă  Rennes (2-1), et malgrĂ© l’avance confortable au classement, cela commence Ă  faire beaucoup. C’est d’ailleurs tout simplement la pire entame de l’ère qatarie du PSG en termes de dĂ©faites en championnat après 12 journĂ©es. C’est aussi un autre chiffre alarmant: huit, comme le nombre de revers en L1 sur l’annĂ©e 2019.

Et l’on pourrait mĂŞme durcir le trait en rappelant que lors de trois autres journĂ©es, contre Strasbourg, Lyon et Bordeaux, les victoires 1-0 n’ont Ă©tĂ© acquises qu’au seul talent de Neymar, buteur Ă  chaque fois en fin de rencontre et actuellement blessĂ©.

“On n’a jamais contrĂ´lĂ© le match, on n’a jamais jouĂ© avec la prĂ©cision, la vitesse et la mentalitĂ© qui sont nĂ©cessaires. On n’a pas mĂ©ritĂ©, on n’a pas jouĂ© ensemble, chaque joueur a jouĂ© Ă  son poste avec une idĂ©e, mais pas avec notre rythme”, a pestĂ© Tuchel vendredi soir.

“Nous serons attendus partout”

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir rĂ©pĂ©tĂ© plusieurs fois, avant la rencontre, qu’il fallait absolument “rester concentrĂ©”, mettre de “l’intention et des efforts”, que l’opposition Ă©tait loin de se rĂ©sumer Ă  un match “entre le premier et le dernier du classement”.

Pour l’entraĂ®neur allemand, c’est aussi la confirmation qu’il n’aura que rarement l’opportunitĂ© de laisser son groupe respirer, lui qui estimait au contraire jeudi que “dans cette phase oĂą les buts viennent plus facilement, c’est peut-ĂŞtre le moment oĂą le coach doit s’effacer, laisser les choses se faire”.

La performance en Bourgogne, mĂŞme si la liste des blessĂ©es du week-end Ă©tait longue (Meunier, Neymar, Silva, Verratti, Kehrer, Herrera), lui prouve que le relâchement guette Ă  tous les instants, dans un championnat oĂą chaque adversaire a l’occasion de crĂ©er l’exploit de sa saison lorsque se prĂ©sente chez lui l’ogre parisien.

“Il faut qu’on se mette dans la tĂŞte qu’en France, nous sommes la rĂ©fĂ©rence, l’Ă©quipe Ă  battre. Nous devons comprendre que nous serons attendus partout. Quand on est le PSG, on ne peut jamais se relâcher”, a confirmĂ© Marquinhos, l’un des premiers coupables du week-end.

Cela va d’autant plus grogner dans le vestiaire que Paris restait sur une très mauvaise note, dimanche, malgrĂ© la victoire contre Marseille (4-0 dès la mi-temps): la dĂ©cevante deuxième pĂ©riode proposĂ©e contre les Olympiens avait en effet profondĂ©ment froissĂ© Tuchel, et celui-ci l’avait fait savoir, Ă  ses joueurs comme devant la presse.

“Si on joue comme on l’a fait en seconde pĂ©riode contre Marseille, je ne vois pas comment on peut gagner un match de L1”, avait-il pourtant prĂ©venu. A Dijon, Tuchel n’a pas Ă©tĂ© contredit.