Pour Benzema, c’est l’heure du jugement dans “l’affaire de la sextape”

Karim Benzema au Camp Nou, le 24 octobre 2021 à Barcelone
Par Leo MOUREN / © 2021 AFP

Karim Benzema bientôt fixé sur son sort: le tribunal correctionnel de Versailles doit dire mercredi aux alentours de 9h30, si la star de l’équipe de France de football est coupable ou non de complicité de tentative de chantage envers son ancien coéquipier Mathieu Valbuena.

L’attaquant du Real Madrid, qui n’a pas assisté aux trois jours de procès le mois dernier en raison de l’agenda sportif de son club, selon ses avocats, ne sera pas non plus présent lors de la lecture du délibéré: son club joue dans la soirée un match de Ligue des champions sur la pelouse du Sheriff Tiraspol, en Moldavie.

Pour son implication supposée dans “l’affaire de la sextape”, un chantage à la vidéo intime à l’encontre du footballeur Mathieu Valbuena en 2015, le ministère public a requis à son encontre 10 mois de prison avec sursis et 75.000 euros d’amende.

Lors du réquisitoire, les procureurs avaient rappelé le devoir d’exemplarité de la star française, “porteur d’une image, d’espoir, de notoriété et de valeurs morales”.

Outre Benzema, quatre autres hommes ont été jugés à Versailles pour cette affaire.

Qui a eu l’idée de faire chanter Valbuena? A cette question centrale aucune réponse claire n’a pu émerger, la responsabilité de l’entreprise semblant diluée entre les prévenus.

Le parquet a ainsi demandé 18 mois de prison et 15.000 euros d’amende contre Axel Angot, à qui Valbuena avait confié son téléphone. Le prévenu y a trouvé la vidéo et l’a conservée en vue d’une utilisation ultérieure. Quatre ans de prison et 15.000 euros d’amende ont été requis contre son comparse Mustapha Zouaoui, considéré comme le “cordon ombilical” de cette affaire.

Contre un premier intermédiaire, Younes Houass, qui est rentré en contact téléphonique avec Valbuena pour lui parler de la sextape, 18 mois de prison et 5.000 euros d’amende ont été requis.

Enfin, l’accusation a demandé deux ans de prison et 5.000 euros d’amende contre Karim Zenati, ami d’enfance de Benzema, qui a fait entrer ce dernier dans la danse.

“En danger”

Lors de l’audience, Valbuena, 37 ans, actuel milieu de terrain de l’Olympiakos en Grèce, avait expliqué avoir “eu peur” pour sa carrière.

“Je savais que si la vidéo sortait, ça allait être compliqué pour moi”, avait-il expliqué à la barre, avant de préciser: “Je me suis senti en danger, mon premier réflexe a été de porter plainte”.

L’ancien joueur de Marseille et de Lyon avait également rappelé que cette affaire lui avait coûté sa place en équipe de France, lui qui comptait à l’époque 52 sélections avec les Bleus.

Karim Benzema, lui, est resté éloigné de la sélection tricolore pendant plus de cinq ans avant de faire un retour surprise avant l’Euro-2021.

Il y a deux semaines, le patron de la Fédération française de football Noël Le Graët a expliqué que l’attaquant de 33 ans “ne serait pas exclu” de la sélection en cas de “sanction judiciaire”.

Interrogé sur cette question début octobre, le sélectionneur Didier Deschamps était resté évasif, répétant qu’il faisait “des choix sportifs” au moment de convoquer ses joueurs.

Quant au Real Madrid, il semble très peu probable qu’il sanctionne l’un de ses meilleurs joueurs, qu’il a toujours soutenu dans cette affaire.

Benzema encourt théoriquement une peine maximale de cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende.

En cas de condamnation, il pourrait faire appel et bénéficierait donc de nouveau de la présomption d’innocence.

Lors de l’audience, ses avocats avaient plaidé la relaxe, arguant notamment que “l’élément intentionnel de l’infraction” qui lui était reprochée n’était pas caractérisé.

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