Rudi Garcia, alors entraĂ®neur de l’OM, et Dimitri Payet, lors d’un match de Ligue 1 Ă  Bordeaux, le 5 avril 2019
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Dimitri Payet lance le choc Marseille-Lyon: “On ne s’est pas sĂ©parĂ©s en bons termes” avec Rudi Garcia, raconte le N.10 Ă  propos de son ancien entraĂ®neur, de retour dimanche Ă  Marseille, ironisant sur le fait qu’au moins le Portugais “parle français”, et non “la langue de bois”.

Q: Ressentez-vous l’attente des supporters Ă  votre Ă©gard, surtout sur un gros match comme celui-lĂ ?

R: “Je l’ai toujours dit, je fonctionne aussi comme ça, je sais qu’il y a beaucoup d’attente, gros, petit ou moyen match. On attend de moi que je sois dĂ©cisif, je me mets moi-mĂŞme la pression.”

Q: Qu’est-ce que ça vous fait de recroiser et d’affronter Rudi Garcia?

R: “Ça fait bizarre de le voir dans le camp d’en-face. Il y a quelques mois on recevait Lyon (dĂ©faite 3-0) et vu sa causerie sur les joueurs lyonnais, les supporters lyonnais et le prĂ©sident lyonnais, ça fait bizarre qu’il ait postulĂ© pour ce club-lĂ . Mais il y est, il a eu raison.”

Q: Qu’avez-t-il dit dans cette causerie?

R: “Je ne vais pas rentrer dans le dĂ©tail, je vais juste dire que je n’aimerais pas qu’il parle de nous comme ça. On garde ça dans un coin de notre tĂŞte, mais il ne faut pas dĂ©jouer.”

Q: Vous avez aussi atteint la finale de la Ligue Europa (perdue 3-0 contre l’AtlĂ©tico Madrid) avec lui, quel est votre bilan des annĂ©es Garcia Ă  l’OM?

R: “MitigĂ©. Je n’oublie pas l’annĂ©e de la coupe d’Europe (2018), mais derrière on a eu une annĂ©e assez difficile. Nos rapports se sont dĂ©tĂ©riorĂ©s et ça je ne l’oublie pas non plus, et je suis lĂ  aujourd’hui (en confĂ©rence de presse, ndlr). Je ne sais pas trop comment le dire, mais on a eu des moments plutĂ´t chauds (Payet, capitaine, est un temps sorti de l’Ă©quipe, ndlr), une communication qui ne passait plus, des prises de tĂŞte… Mais je parle de mon cas personnel, j’ai un caractère assez difficile, aussi. On ne s’est pas sĂ©parĂ©s en bons termes.”

Q: Pourriez-vous comme Rudi Garcia passer de Lyon Ă  Marseille en trois mois?

R: “Je ne pense pas, non.”

Q: Quelles différences voyez-vous entre André Villas-Boas, votre actuel entraîneur, et Garcia?

R: “Ce sont deux façons diffĂ©rentes de voir le football. Avec le nouveau coach l’entraĂ®nement est basĂ© sur beaucoup de ballon, de jeu, avoir la possession, attaquer, presser haut, rĂ©cupĂ©rer au plus vite quand on n’a pas le ballon… La diffĂ©rence la plus flagrante est qu’aujourd’hui on a un coach qui parle avec son cĹ“ur, qui dit les choses, qui parle français. Il n’essaie pas de faire de la langue de bois, il rĂ©pond aux questions sur les sujets sensibles et ça fait du bien.”

Q: Villas-Boas avait par exemple dit que la première mi-temps contre Monaco (dĂ©faite 2-1 en Coupe de la Ligue) Ă©tait une “honte”…

R: “C’Ă©tait la première fois que le coach tenait un tel discours sur un de nos matches, mais il n’avait pas tort, c’Ă©tait clairement ce qu’on ressentait aussi. Mais cela nous a fait rĂ©agir, on a montrĂ© un autre visage face Ă  Lille (2-1), on a su montrer du caractère et de l’agressivitĂ© et on a Ă©tĂ© rĂ©compensĂ©. On pourra dire qu’on a battu un +gros+ cette annĂ©e, un autre arrive ce week-end…”

Propos recueillis en conférence de presse