Paris-SG: Kimpembe, du “maestro” à la cacophonie

Paris (AFP) – Du “maestro” chanté au Mondial, le défenseur Presnel Kimpembe est devenu cette saison le symbole de la cacophonie au Paris SG. Depuis sa main fatale en Ligue des champions, il traverse la pire période de sa carrière, à 23 ans.

Le 12 février, il marquait pour la première fois sous les couleurs de son club formateur, lors du 8e de finale de C1 aller maîtrisé face à Manchester United (2-0). Trois mois plus tard, son bilan compte davantage de buts contre son camp, deux, que pour son équipe.

Alors qu’il a décroché avec les Bleus l’été dernier sa première étoile en Russie, “Presko” (8 sélections) n’a pas confirmé ses nouveaux statuts. Ni de champion du monde ni de taulier du PSG, qui l’a prolongé en août jusqu’en 2023.

Pis, il a enchaîné les bourdes, sur le terrain comme en dehors, avant la réception de Nice samedi (17h00) en Ligue 1.

A Montpellier mardi, la série noire a connu un nouvel épisode. Kimpembe a trompé Gianluigi Buffon de la tête, sur un coup franc qu’il a lui-même provoqué en commettant une grossière faute sur Mathias Suarez. Sa maladresse a redonné espoir aux Héraultais, qui ont fini par infliger aux Parisiens, en plein marasme, leur troisième défaite consécutive à l’extérieur (3-2).

Quatre jours plus tôt, en finale de la Coupe de France, c’est du pied gauche qu’il battait Alphonse Areola pour relancer malgré lui Rennes, qui s’est imposé aux tirs au but (2-2 a.p., 6-5 aux t.a.b.). L’humiliation de trop pour le PSG.

-“Améliorer la concentration”-

“Il doit améliorer sa concentration, pendant 90 minutes et tous les trois jours. Nous ne sommes pas en colère contre lui. Ce sont des détails, comme son positionnement par exemple. Il doit rester attentif sur ça, rester concentré chaque minute dans le match”, a expliqué vendredi son entraîneur Thomas Tuchel.

“Il est toujours un joueur jeune. Il est là pour s’améliorer, on travaille ensemble. J’ai dit déjà beaucoup de fois que j’aimais beaucoup +Presko+. Il a un bon état d’esprit et beaucoup de qualités”, a-t-il poursuivi.

Au sein de la défense parisienne décimée par les blessures, Kimpembe, épargné, a enchaîné les titularisations ces dernières semaines. Il a même porté le brassard de capitaine à Nantes (défaite 3-2) le 17 avril. De quoi le placer en première ligne… et l’exposer aux critiques.

Avec lui, le PSG a encaissé 13 buts lors des six derniers matches, le pire bilan pour une équipe française sur cette période.

– Vidéo critiquée –

La succession des mauvais résultats questionne son leadership, et plus généralement son mental, un problème récurrent pour les Parisiens cette saison. Pour les supporters, il est celui qui a “craqué” en donnant – d’une faute de main dans le temps additionnel – à Manchester United le penalty qui a éliminé le PSG de la C1 (3-1 en 8e de finale retour).

Sa vidéo confession publiée trois jours plus tard, où il évoquait “beaucoup de suffisance” collective a été mal perçue, et Tuchel l’a recadré aussitôt: “S’il s’est senti trop confortable, ça le concerne lui et il faut que ça change”.

Son dossier a été alourdi par la charge de Neymar au soir de la défaite en Coupe de France contre “les jeunes qui sont perdus”. “Ce que je vois, c’est qu’il y a des jeunes qui ont besoin d’oreilles, et non d’une bouche. Ils doivent plus écouter. Un joueur expérimenté parle, et ils répondent. L’entraîneur parle, et ils répondent”, a lancé la superstar brésilienne, pourtant avare en déclarations devant la presse cette saison.

“Ney” n’a mentionné aucun nom, mais Kimpembe a le profil… Contre Nice, à lui de montrer un autre visage.