Paolo Rossi, du Totonero à héros du Mondial 82

L’attaquant italien Paolo Rossi avec le trophée de la Coupe du Monde, le 12 juillet 1982
/ © 2020 AFP

Il n’aurait pas dû jouer la Coupe du Monde 1982, il en est devenu le héros avec six buts et un sacre, puis un Ballon d’Or: l’attaquant italien Paolo Rossi, dont la mort à l’âge de 64 ans a été annoncée dans la nuit de mercredi à jeudi, est passé du statut de banni du scandale du Totonero à héros azzurro.

Mars 1980, un scandale de matches de football truqués et de paris illégaux éclate en Italie. Dans cette affaire du Totonero, nom dérivé du Totocalcio (loto sportif italien), cinq clubs et 18 joueurs sont condamnés dont Paolo Rossi, suspendu pour trois ans.

La sanction est réduite à deux ans en appel et permet au joueur âgé de 25 ans d’être convoqué pour le Mondial 1982 en Espagne, malgré le scepticisme de la presse et des tifosi.

Triplé contre la Seleçao

Au “Mundial”, Rossi explose avec un triplé lors d’un mythique Italie-Brésil (3-2) qui élimine la Seleçao et envoie les Azzurri en demies. Face à la Pologne, il s’offre un doublé et une place en finale. Lors de cet ultime match contre la RFA, le Toscan marque le premier des trois buts italiens (3-1).

L’Italie remporte sa 3e Coupe du monde, Rossi finit meilleur joueur et buteur. Le Ballon d’Or vient couronner cette année exceptionnelle.

Sa carrière en club est plus contrastée. Déniché adolescent par les recruteurs de la Juventus, ses premières années bianconere sont ternies par trois blessures à un ménisque.

Meilleur buteur de Serie B avec 21 buts et montée en Serie A: avec le Lanerossi Vicenza, rejoint en 1976, il connaît ses premiers succès.

Palmarès XXL avec la Juve

La saison suivante, son club titille la Juventus pour le scudetto et il finit à nouveau “capocannoniere” (24 buts). La Juventus tente alors de le récupérer, en vain.

Après une dernière saison et une relégation avec Vicence, il part pour Pérouse, où son passage est chamboulé par le Totonero. Deux ans de suspension plus tard, Rossi revient à la Juve.

La saison 1983-84 est synonyme d’apogée pour Rossi. Il forme un redoutable trio avec Platini et Boniek et accumule les trophées: Serie A, Coupe d’Italie, Coupe des Coupes, et Supercoupe d’Europe. En 1985, la “Vieille Dame” remporte la Coupe des clubs champions lors de l’effroyable finale du Heysel et ses 39 morts, qui sera le dernier match de Rossi avec les Bianconeri.

Il file chez le rival, l’AC Milan. Handicapé par des blessures, son épisode milanais est un échec. Tout comme celui à l’Hellas Vérone.

En 1987, Rossi décide de tourner la page à 31 ans après près de 400 matches de championnat, 154 buts et 48 sélections (20 buts).