Le milieu de Montpellier, Teji Savanier (g), lors du 16e de finale de la Coupe de France face Ă  Caen, Ă  la Mosson, le 19 janvier 2020
/ © 2020 AFP

En revenant à Montpellier, Teji Savanier a retrouvé le quartier de son enfance et renoué le fil de son histoire avec son club formateur, qui affronte le Paris SG samedi, pour la 22e journée de Ligue 1.

Il voulait revenir Ă  la maison, dans ses maisons.

Proche du club des Nicollin, proche des siens, à la Cité Gély, enclave gitane de Montpellier, Savanier est très attaché à sa famille, et ses amis.

Il vit toujours dans ce quartier quelque peu abandonnĂ©. Sous son portrait, qui trĂ´ne sur une façade Ă  l’entrĂ©e, est Ă©crit: “Rien n’est impossible, il suffit d’y croire”.

Mais son chemin a Ă©tĂ© tortueux. Pendant que Younès Belhanda, RĂ©mi Cabella ou Benjamin Stambouli, vainqueurs avec lui de la Coupe Gambardella en 2009, s’Ă©mancipent et gagnent l’historique titre de champion de France (2012), il s’exile aux bornes de la rĂ©gion, Ă  Arles-Avignon (Ligue 2).

Après quatre saisons Ă  l’ACA (2011-2015), puis Ă  NĂ®mes (2015-2019), le milieu de terrain, âgĂ© de 28 ans, a retrouvĂ© des responsabilitĂ©s au sein de l’Ă©quipe de Michel Der Zakarian, qui vise une place europĂ©enne cette saison.

“Revenir chez nous”

“Teji a manifestĂ© Ă  plusieurs reprises son dĂ©sir de revenir chez nous”, explique le prĂ©sident Laurent Nicollin, qui a dĂ©boursĂ© 10 millions d’euros, un transfert record pour Montpellier, pour le recruter Ă  NĂ®mes cet Ă©tĂ©.

Il avait dĂ» quitter le centre de formation pour mieux apprendre les exigences du mĂ©tier. “Il avait tout pour devenir pro mais il lui manquait l’hygiène de vie”, rappelle Fabien Lefèvre, l’un de ses formateurs.

“Il n’avait pas encore compris qu’il fallait faire attention Ă  la nourriture, au sommeil et faire des efforts. Il Ă©tait juste lĂ  pour jouer au foot”, poursuit le technicien.

DĂ©sormais, Savanier est “un compĂ©titeur intelligent, dotĂ© d’une lecture du jeu au-dessus de la moyenne. Il sent le foot”, poursuit Lefèvre.

À Arles comme à Nîmes, il étale le potentiel palpable à la première touche de balle.

“Il lui manquait juste d’un peu de confiance. Quand je le voyais Ă  NĂ®mes l’an passĂ©, je n’Ă©tais pas surpris”, relève Younès Belhanda.

“Il fait aujourd’hui en match ce qu’il faisait Ă  l’Ă©poque chaque jour Ă  l’entraĂ®nement, oĂą il Ă©tait l’un des meilleurs”, poursuit le N.10 de l’annĂ©e du titre, dĂ©sormais meneur de jeu de Galatasaray.

“Comme s’il n’Ă©tait jamais parti”

A 27 ans, Teji Savanier est alors prĂŞt pour emprunter le chemin du retour. “Il est chez nous comme s’il n’Ă©tait jamais parti. Petit Ă  petit il prend sa pleine mesure mĂŞme si sa blessure a contrariĂ© ses dĂ©buts”, savoure Laurent Nicollin, faisant rĂ©fĂ©rence Ă  l’entorse du ligament latĂ©ral interne du genou droit contractĂ©e le 27 juillet Ă  Huddersfield en amical.

Depuis son retour à la compétition, le 19 octobre à Reims (1-0), le milieu de terrain a inscrit trois buts en L1.

Au côté de Jordan Ferri, son ancien partenaire à Nîmes, du N.10 Florent Mollet, Savanier soigne la maîtrise collective de Montpellier, trop limitée lors des deux précédentes saisons.

Il se mue en animateur, voire en patron. “Il est en train de montrer qu’il a d’Ă©normes qualitĂ©s et fait du bien Ă  l’Ă©quipe. De toute façon, il a le statut pour ĂŞtre un meneur de jeu”, assure le capitaine brĂ©silien Vitorino Hilton.

Aujourd’hui, Ă  l’aube de son contrat de quatre ans, Teji Savanier est aussi lĂ  pour incarner auprès de son complice Andy Delort le Montpellier de demain.

“Teji est un gamin sensible et attachant, qui a besoin d’affection comme Andy, note le prĂ©sident Nicollin. Ces deux joueurs, qui sont souvent ensemble, donnent envie de faire de belles choses”.

“Si nous n’avons pas l’Ă©tat d’esprit, dont ils sont porteurs, on aura du mal Ă  exister, on sera un club quelconque. Ils se permettent de gueuler quand ils estiment que les choses ne vont pas comme elles devraient aller”, se fĂ©licite le prĂ©sident, content d’avoir retrouvĂ© avec Savanier l’esprit maison.