Mondial-2022/Qualifs: l’Italie face à la Suisse et les fantômes de 2018

L’entraîneur de l’Italie, Roberto Mancini, avant la demi-finale de Ligue des Nations entre l’Italie et l’Espagne au stade San Siro de Milan, le 6 octobre 2021
/ © 2021 AFP

L’Italie, championne d’Europe, n’imagine pas rater le Mondial-2022 après le rendez-vous manqué de 2018: battre la Suisse vendredi (20h45) à Rome l’enverrait presque au Qatar, mais éloignerait surtout le spectre d’éventuels barrages, fatals il y a quatre ans.

“Une victoire nous permettrait d’être quasiment au Mondial”, a rappelé cette semaine Roberto Mancini, arrivé aux commandes des Azzurri sur les ruines de la non-qualification pour la dernière Coupe du monde, après le barrage perdu en novembre 2017 contre la Suède (0-1, 0-0).

Le sélectionneur italien voit le duel contre la Suisse, devant 52.000 spectateurs au Stadio olimpico (soit 75% de la capacité, la limite en vigueur en Italie actuellement), comme le “match le plus important” depuis l’Euro.

Gagner vendredi ne sera pasencoresynonyme de qualification. Ni pour l’Italie, ni pour la Suisse, à égalité de points (14) à deux journées de la fin, avec un léger avantage pour les Azzurri à la différence de buts générale (+11 contre +9).

Mais l’éventuel vainqueur aura fait un très grand pas vers un billet direct (promis au premier, le deuxième ira en barrages), n’ayant plus qu’un point à prendre en clôture lundi, en Irlande du Nord pour la Nazionale, à domicile contre la Bulgarie pour la “Nati”.

“Rester tranquilles”

“On doit rester tranquilles et faire ce qu’on sait faire”, a estimé jeudi Mancini au moment de retrouver une équipe helvétique que l’Italie avait dominée à l’Euro (3-0), en juin à Rome, mais qui avait bien résisté (0-0) lors ces qualifications en Suisse.

“Après l’amertume de la qualification manquée en 2018, cette fois on doit réussir à aller au Qatar (…), parce que c’est là qu’une équipe comme l’Italie doit toujours être”, a lancé Francesco Totti, appelé à la rescousse comme dix autres champions du monde italiens pour encourager Mancini, jeudi dans la Gazzetta dello Sport.

La Nazionale arrive un peu déplumée, sans Marco Verratti, Ciro Immobile, Lorenzo Pellegrini ni Nicolo Zaniolo, tous blessés, en plus de l’absence de longue date Leonardo Spinazzola, victime d’une rupture du tendon d’Achille en juillet.

Mais elle a aussi perdu mercredi son capitaine Giorgio Chiellini, qui va laisser son brassard et la responsabilité de la défense à son complice Leonardo Bonucci. Ce dernier avait vécu sur le terrain le traumatisme du barrage perdu en 2017 contre la Suède, comme Lorenzo Insigne, Jorginho ou Andrea Belotti, qui devrait être titularisé en pointe en l’absence d’Immobile

La Suisse pour “gagner”

“L’expérience de 2017 est encore en nous, comme toutes les expériences positive et négatives. Mais il faut regarder devant et vivre ce match avec la juste pression, entre concentration et envie de se faire plaisir”, a lancé Bonucci jeudi en conférence de presse

Outre l’envie de revanche des grognards de 2017, Mancini comptera sur ceux qui symbolisent désormais la renaissance italienne, comme Federico Chiesa, Manuel Locatelli, auteur d’un doublé contre les Suisses à l’Euro, et Nicolo Barella, a priori remis de son alerte musculaire lors du derby milanais dimanche.

La Suisse arrive en Italie toujours portée par son bel Euro, marqué par la victoire contre la France (3-3 a.p., 5 tirs au but à 4) en huitièmes. Mais elle aussi a un effectif amoindri, sans Granit Xhaka, Haris Seferovic ni l’attaquant Breel Embolo, qui s’est blessé la semaine dernière avec son club Mönchengladbach.

Et si elle défend très bien depuis l’arrivée cet été du sélectionneur Murat Yakin (elle reste sur quatre matches sans prendre de buts), la “Nati” veut aussi marquer: “la prestation défensive sera fondamentale, mais il faudra aussi prendre des risques parce que, sans prendre de risques, on ne gagne pas. Et on doit gagner ce match si on veut passer”, a-t-il affirmé jeudi.

“On ne vient pas avec l’envie de se fermer en défense mais de les gêner”, a confirmé le capitaine Xherdan Shaqiri, motivé par ce “match de la saison” pour la Suisse.