Mondial-2022/Qualifs: Kingsley Coman, le joker abat ses cartes

L’attaquant Kingsley Coman déborde le milieu de terrain kazakh Maksat Taykenov, lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2022 au Qatar, le 13 novembre 2021 au Parc des Princes à Paris
Par Jeremy TALBOT / © 2021 AFP

Six ans jour pour jour après sa première sélection, passée inaperçue le soir des attentats du 13-Novembre, Kingsley Coman a illuminé Paris samedi avec ses coups de rein fulgurants et son efficacité clinique, profitant d’une de ses rares titularisations contre le Kazakhstan (8-0).

Voir l’ailier du Bayern Munich se morfondre souvent sur le banc des remplaçants, chez les Bleus, peut être vu comme un immense gâchis. Mais cela montre surtout à quel point la concurrence est rude en équipe de France, où les places en attaque valent plus cher qu’ailleurs.

Au Parc des Princes, son ancien jardin qu’il a quitté en 2014, le feu-follet de 25 ans est sorti de sa boîte avec l’énergie de celui qui a des choses à montrer à Didier Deschamps, à un an de la Coupe du monde au Qatar pour laquelle les Français se sont qualifiés samedi.

Le sélectionneur avait choisi de lui offrir une chance de briller sur l’aile droite, dans un rôle de “piston” habituellement dévolu à son partenaire du Bayern, Benjamin Pavard, dans le désormais système préférentiel des Tricolores à trois défenseurs centraux.

Il a saisi la main tendue, fait parler la puissance de ses accélérations, la finesse de ses dribbles, la précision de ses centres et il a régalé les quelque 45.550 spectateurs massés dans le stade du Paris SG, son club formateur.

“Provocation”

Ils l’ont vu, bousculé, se relever et adresser un centre pour la tête de Karim Benzema (5e), mais aussi servir Kylian Mbappé d’une louche subtile (24e) et, surtout, donner le tournis à ses vis-à-vis (20e, 41e, 44e, 63e, 68e) à d’innombrables reprises, déclenchant la clameur de l’enceinte parisienne.

“La base de mon jeu sera toujours la provocation mais maintenant j’alterne beaucoup plus en essayant d’être aussi à la finition, aussi dans la dernière passe”, disait l’ancien joueur de la Juventus Turin avant l’Euro.

Des passes décisives, justement, Coman en a délivré deux pour Mbappé, crédité samedi du premier quadruplé de sa carrière chez les Bleus.

Sur le 2-0, le Bavarois a piqué un sprint depuis la moitié française en s’infiltrant entre deux adversaires, à la réception d’une superbe balle en profondeur transmise par Jules Koundé. Il a poussé le cuir pour effacer le gardien, sorti de sa surface, avant d’adresser un centre pour Mbappé au point de pénalty (12e).

Encore servi par Koundé, alors qu’il était resté collé à la ligne de touche, Coman a de nouveau offert un caviar à Mbappé avec un centre parfaitement dosé pour la tête du Parisien (32e).

Sous les vivats

Par sa vivacité et son efficacité, le vainqueur de la Ligue des champions 2020 a marqué des points sur la route du Qatar, lui qui avait manqué la Coupe du monde il y a trois ans sur blessure, et la Ligue des nations le mois dernier après une légère opération cardiaque.

La faible adversité que représentait le Kazakhstan, 125e nation au classement Fifa, se prêtait cependant plus au profil offensif de l’ailier qu’à celui de Pavard, défenseur de formation et “piston” à la mécanique pas toujours bien huilée.

Si Coman devra montrer le même niveau contre une équipe plus robuste, il a totalement mis a profit sa deuxième titularisation internationale (après Ukraine-France début septembre) de l’année 2021, lui qui n’a pas souvent les honneurs de la Marseillaise depuis la pelouse.

Celle entonnée au coup d’envoi, conclue a cappella par la foule du Parc, restera probablement comme un souvenir fort pour le gamin de Paris, en pleine lumière pour sa 35e sélection et sorti sous les vivats à un quart d’heure de la fin du match.