Mondial-2022: Portugal, entre fiasco prévisible et raisons d’espérer

L’équipe du Portugal et Cristiano Ronaldo, battus à domicile au stade de Luz par la Serbie, le 14 novembre 2021, devront en passer par les barrages pour décrocher leur bllet pour le Mondial
Par Bruno CRAVO / © 2021 AFP

Surpris à domicile par la Serbie (2-1) dimanche en qualifications pour le Mondial-2022, le Portugal se retrouve une nouvelle fois condamné aux barrages, en mars, pour gagner le droit de voir le Qatar l’année prochaine. Avec tout de même quelques raisons d’y croire.

L’échec de Cristiano Ronaldo et des champions d’Europe 2016 à se qualifier directement pour la Coupe du monde a presque semblé logique au vu de la piètre qualité de jeu proposée lors du dernier Euro (élimination en huitièmes) et tout au long de l’année 2021.

Néanmoins, les Portugais gardent des atouts afin de surmonter le périlleux exercice des barrages, disputés fin mars via un format demi-finale puis finale sur matches secs, et participer à leur 8e Coupe du monde. Le tirage au sort, qui doit répartir les douze barragistes en trois voies, est programmé le 26 novembre.

Santos dépassé

Sélectionneur depuis 2014, Fernando Santos et sa frilosité tactique semblent avoir fait leur temps malgré les titres à l’Euro-2016 et à la Ligue des Nations 2019, les premiers de l’histoire de la Seleçao.

Lundi, la presse portugaise a unanimement désigné l’entraîneur de 67 ans comme responsable du désastre lusitanien sans toutefois avancer la question de sa démission. Le quotidien sportif Record l’a accusé dans ses colonnes “d’avoir eu peur” face à la Serbie tandis que son concurrent A Bola a fustigé un coach qui “n’a pas joué pour gagner”.

Interrogé hier en conférence de presse sur le peu de football développé par le Portugal malgré ses nombreux talents, Fernando Santos a été incapable de répondre, laissant un silence révélateur de son impuissance. “L’ingénieur”, comme il est surnommé, pense pourtant toujours être l’homme de la situation et martelait dimanche soir que son équipe “sera au Mondial”.

Manque d’identité

Au-delà du choix des joueurs ou du système de jeu, la presse portugaise évoque lundi un collectif en “désordre” et un “gâchis” se perpétuant depuis le sacre à l’Euro-2016.

“La question qui passe avant toutes les autres est celle de l’identité. Après tout, quelle équipe voulons-nous être?”, résumait sur son blog le célèbre commentateur portugais Antonio Tadeia.

Fernando Santos lui-même ne semble pas avoir tranché. Sa formation ne convainc pas quand elle doit assumer le jeu et elle montre des signes d’inconfort au moment d’adopter une attitude plus défensive.

Dans les deux cas, l’avis des spécialistes est sans équivoque: le manque de principes de jeu définis conduit à une somme d’individualités sans repères et un jeu collectif en perdition.

Habitude des barrages

La case des barrages, c’est une vieille rengaine pour le Portugal. Le pays ibérique a dû les disputer afin d’accéder au Mondial-2010, à l’Euro-2012 et à la Coupe du monde 2014.

A chaque fois, la Seleçao s’en est sortie avec plus ou moins de difficultés, même quand sa star Cristiano Ronaldo était absente sur blessure, comme lors de la double confrontation face à la Bosnie-Herzégovine sur le chemin de la Coupe du monde 2010.

Dos au mur, les Portugais savent répondre présents et comptent toujours à chaque ligne des joueurs d’expérience qui ont connu ces rencontres exigeantes.

Le gardien Rui Patricio, le défenseur Pepe, les milieux William Carvalho et Joao Moutinho sans parler de l’inévitable Ronaldo étaient tous dans leurs rangs contre la Suède en 2013 afin d’accéder au Mondial-2014 organisé au Brésil.

La garantie Ronaldo

Dans un groupe enrichi, composé de Bernardo Silva, Bruno Fernandes ou Joao Félix, la garantie offensive du Portugal s’appelle toujours Cristiano Ronaldo.

Le monstre sacré a jalonné sa longue carrière internationale (184 sélections, record européen) d’exploits, à coups de buts sortis de nulle part et d’actions de génie quand son pays en avait le plus besoin.

S’il veut participer à sa cinquième Coupe du monde, “CR7” pourra par exemple se souvenir de 2013: contre la Suède, il avait marqué tous les buts de son équipe, quatre réalisations en deux matches.

Solide dans les rencontres à enjeux et presque imperméable à la pression, le meilleur buteur de l’histoire des sélections (115 réalisations) sait qu’une grande partie des espoirs portugais reposeront sur ses épaules en mars, alors qu’il viendra tout juste de fêter ses 37 ans.