Mondial-2019 : Megan Rapinoe, suivez la guide

L’attaquante des Etats-Unis Megan Rapinoe auteure d’un doublé lors de la victoire 2-1 sur la France en quarts de finale du Mondial à Paris le 28 juin 2019
Par Yassine KHIRI / © 2019 AFP

Elle a laissé le brassard de capitaine à Alex Morgan, mais elle reste la guide des Etats-Unis sur et en dehors du terrain: Megan Rapinoe, déjà auteure d’un héroïque doublé au tour précédent, a récidivé vendredi contre la France (2-1), pour qualifier sa sélection en demi-finale du Mondial-2019.

Attitude impassible, le front légèrement relevé en guise de défi… pendant que ses 22 équipières chantaient la main sur le cœur devant plus de 15.000 supporters américains en transe dans l’enceinte du Parc des Princes.

Comme à son habitude, Rapinoe a boycotté l’hymne national avant le coup d’envoi, en soutien au mouvement lancé par le joueur de foot américain Colin Kaepernick en 2016 pour protester contre les violences policières visant les Noirs.

Comme à son habitude, la charismatique joueuse aux cheveux rose bonbon a ouvert la voie du succès pour son équipe, en ouvrant le score d’entrée de jeu sur un coup franc anodin.

Après une faute sur Alex Morgan à gauche de la surface de réparation française, Rapinoe est parvenue à transformer le coup de pied arrêté excentré en balle de but, en glissant un ballon vicieux qui a transpercé toute la défense bleue (1-0, 5e).

D’Amandine Henry, qui a vu le ballon passer entre ses jambes, à Sarah Bouhaddi, aspirée par ses équipières, personne n’a rien vu venir…

Encore un doublé

En signant l’ouverture du score, Megan Rapinoe, qui fêtera ses 34 ans deux jours avant la finale programmée le 7 juillet, a encore prouvé son importance pour l’équipe américaine.

La championne olympique 2012 et championne du monde 2015, toujours positionnée sur son côté gauche, avait déjà fait la décision au tour précédent en signant un doublé plein de sang-froid sur pénalty contre l’Espagne (2-1) à Reims.

Malgré des jambes moins dynamiques, la meneuse de jeu excentrée (1,67 m) a fait souffrir la latérale française Marion Torrent grâce à sa science du jeu et ses crochets courts imparables.

Avec sa technique au-dessus de la moyenne, à l’image de cette déviation en aile de pigeon (14e), elle a été la cible des principales interventions françaises, presque toujours poussées à la faute pour l’arrêter (19e).

Car le nouveau doublé n’était pas loin…Parfaitement lancée en profondeur par Alex Morgan, Rapinoe a vu Bouhaddi lui subtiliser le ballon au dernier moment sur une sortie bien négociée (15e). Partie simplement remise.

Parfaitement placée au second poteau, elle a sanctionné au retour des vestiaires le manque de réalisme des Françaises en étant à la conclusion d’un contre assassin (2-0, 65e). Suffisant pour l’emporter malgré la réduction du score de Wendie Renard…

Boycott de Trump

Leader exemplaire sur le terrain, Rapinoe est aussi une joueuse engagée en dehors.

A l’origine de la procédure en justice lancée contre la Fédération américaine pour obtenir l’égalité des salaires hommes/femmes, c’est aussi elle qui avait fait son +coming out+ juste avant les JO-2012 de Londres, militant activement pour les droits de la communauté LGBT.

Sa nouvelle prestation haut de gamme fera-t-elle désormais plier Donald Trump ?

Le président américain l’avait prise à partie dans une série de tweets, mercredi dernier, affirmant qu’elle “ne devrait jamais manquer de respect à notre pays, à la Maison Blanche et à notre drapeau”.

L’objet de son courroux ? Son refus de se rendre à la Présidence après la compétition. “Je n’irai pas à la putain de Maison Blanche”, avait-elle déclaré dans une courte vidéo publiée mardi par le magazine Eight by Eight.

“Je maintiens mes propos”, a-t-elle déclaré jeudi à la veille du quart de finale.

“J’encourage mes partenaires à réfléchir à cette tribune, qui pourrait se télescoper avec une administration qui ne pense pas comme nous et ne se bat pas pour les mêmes choses que ce pour quoi nous nous battons”, a encore assumé Rapinoe.

En cas de nouveau sacre mondial à Lyon, Trump osera-t-il la féliciter dans un tweet ?