Mondial-2019: de Rapinoe à Martens, quatre stars pour une étoile

La joie de la défenseure de l’équipe d’Angleterre Lucy Bronze après son but contre la Norvège au Mondial, le 27 juin 2019 au Havre
/ © 2019 AFP

Angleterre-Etats-Unis et Pays-Bas-Suède, voici les affiches des demi-finales de la Coupe du monde féminine de football mardi et mercredi (21H) à Lyon, avec dans chaque équipe une joueuse emblématique, de l’anti-Trump Megan Rapinoe à la championne d’Europe néerlandaise Lieke Martens.

. Lucy Bronze, la locale de l’étape

La défenseure anglaise Lucy Bronze ne va guère être dépaysée en jouant sa demie au Groupama Stadium, puisqu’elle évolue à l’Olympique lyonnais.

“Quand j’ai signé à Lyon, il y a deux ans, le rêve était d’y jouer en Coupe du monde. Et finalement, deux ans plus tard, le rêve devient réalité. Je suis très impatiente, c’est ma maison. C’est un stade que j’aime, j’aime y jouer et c’est une ville que j’adore”, a-t-elle lancé après le quart de finale contre la Norvège (3-0).

L’arrière latérale, âgée de 27 ans, a été désignée joueuse du match, et pour cause: elle a inscrit le superbe but du 3-0, un coup de canon de loin, sous les applaudissements d’un certain David Beckham.

. Megan Rapinoe, l’emblème politique

L’attaquante américaine Megan Rapinoe, 33 ans, est la vedette du tournoi sur le terrain et en dehors. Elle a marqué le doublé de la victoire contre la France (2-1), comme elle l’avait fait contre l’Espagne (2-1) en 8e et partage la tête du classement des buteuses avec sa compatriote Alex Morgan, l’Anglaise Ellen White et l’Australienne Sam Kerr, cinq buts chacune.

La charismatique Américaine, qui boycotte l’hymne national pour protester contre les violences policières contre les Noirs, a en outre pris farouchement position contre Donald Trump, en refusant toute invitation à la Maison Blanche en cas de titre.

Elle vient d’accepter, via les réseaux sociaux, une invitation à la Chambre des représentants d’une jeune élue démocrate, l’étoile montante Alexandria Ocasio-Cortez.

. Lieke Martens, quand l’orteil le veut bien

Sa présence en quart contre l’Italie était la grande incertitude pour la sélection néerlandaise, en raison d’un orteil douloureux. Finalement, elle a bien participé au succès de son équipe (2-0), qualifiée pour la première fois de son histoire en demi-finale de Coupe du monde.

Même si elle s’en défend, la discrète attaquante du FC Barcelone (26 ans) est l’une des stars du football féminin. Cette ailière rapide et puissante est entrée dans la lumière pendant l’Euro remporté à domicile il y a deux ans, avec notamment son geste technique contre la Belgique en poule (2-1): une feinte de corps avec talonnade enchaînée connue sous le nom de “Cruyff Turn”, demi-tour à la Johan Cruyff, l’icône du football batave. Elle a ensuite marqué en finale et terminé meilleure joueuse d’un Euro qui a “radicalement changé sa vie”, de son propre aveu.

Durant le Mondial, elle a inscrit le doublé victorieux contre le Japon en 8e de finale (2-1).

. La promesse Stina Blackstenius

A 23 ans, l’attaquante du club suédois de Linköpings Stina Blackstenius n’est pas encore connue, dans une sélection sans véritable vedette depuis le départ à la retraite de Lotta Schelin.

Elle vient pourtant de marquer les deux buts les plus importants de sa jeune carrière. Face au Canada (1-0) d’abord dans un huitième de finale très fermé au Parc des Princes, où sa réalisation à la 55e minute a enfin sorti le public de sa torpeur.

Puis le but du 2-1 contre l’Allemagne, pourtant championne olympique en titre et nation majeure du football féminin. Le rêve se poursuit pour Blackstenius et les Suédoises, qui rêvent de faire au moins autant que lors du Mondial-2003 aux Etats-Unis, où l’équipe nationale s’était hissée jusqu’en finale, perdue en prolongation contre… l’Allemagne.