Mondial-2019: Avant la finale, les supporters US (trop?) confiants

Les supporters américains lors de la finale du Mondial face aux Pays-Bas à Lyon le 7 juillet 2019
Par Sandra LAFFONT / © 2019 AFP

Ils sont confiants, “assurément” confiants les supporters américains qui ont débarqué à 20.000 à Lyon pour la finale de la Coupe du monde de football féminin face à des Néerlandais qui ont tout misé sur leurs tenues pour impressionner l’adversaire.

Le soleil de plomb n’a rien enlevé à l’ambiance bon enfant qui entoure ce dernier match dans la 3e ville de France. Public très familial, avec quelques bébés même prêts à entrer dans le Groupama Stadium, qui s’annonce plein à craquer.

“Bonne chance”, lance en français une Américaine avec ses lunettes étoiles à un Néerlandais. Derrière ces bons mots, les poignées de main échangées, les Américains sont conquérants.

“Nous sommes surexcitées, prêtes, confiantes, assurément”, lance Jenna, venue de New-York avec une amie, drapeaux américains noués autour du cou, dessinés sur les joues et les épaules.

“Moi je pronostique, 2-1, un but de Rapinoe et un autre de Lavelle”, lance cette jeune fille venue de Boston déguisée en super-woman. A côté, son père a un coq sur la tête, un petit clin d’oeil local.

Au pied du stade, une foule en délire crie devant la caméra de la chaîne américaine Fox Sports qui enchaîne les directs, le soccer féminin étant très populaire outre-Atlantique. Sur scène, l’ex-gardienne américo-canadienne Karina LeBlanc et la présentatrice star Jenny Taft électrisent la foule avec leurs robes élégantes rouge et violette.

Nicole de Boston lui fait coucou. “Nous confiants? Non, on est optimistes”, rétorque-t-elle avant de glisser: “trois pour nous, rien pour eux”. “Mais chut, c’est une confidence”.

Des Néerlandais oranje et modestes

Les supporters sont finalement sur la même ligne que leur équipe, triple championne du monde et tenante du titre, parfois taxée d’arrogance.

“Nous avons cette légèreté que les gens voient comme si on était au-dessus de tout, mais vous savez, tout ce que nous devons affronter tout le temps, c’est quelque chose de lourd, nous sommes les leaders du football féminin, et vous savez, on est entré dans cette lutte pour l’égalité”, s’était justifiée samedi l’attaquante star Megan Rapinoe. Aussi connue pour ses buts que pour ses prises de positions contre les discriminations et contre Trump.

Un peu plus loin, un homme passe en combinaison moulante aux couleurs du drapeau américain, un autre a même le visage masqué dans un tissu aux mêmes motifs. Mais à la bataille de supporters, les Américains ont beau être trois fois plus nombreux, ils sont moins visibles et moins loufoques que les Néerlandais et leur folie “oranje”.

Grietje a été aperçue dans le centre de Lyon chapeau orange à fleurs, sur cape drapeau bordée léopard, petite jupe à volants rouge-blanc-bleu à cœurs et bien sûr baskets oranges. Au stade, il y ce beau costard orange incrusté de petits drapeaux néerlandais avec à l’intérieur un homme (ou une femme ?) au visage peint en orange, rehaussé d’un chapeau… orange.

“On est bien, on veut être positif”, glisse ce jeune garçon cheveux orange et chemine fluo satinée. “On peut les battre”, dit-il en misant sur un 2-1.

“Nous sommes contre la plus grande équipe du monde alors nous sommes plus ou moins confiants”, lance Dyon, venu d’Utrecht, après une partie de baby-foot géant contre des Américains, interrogé dimanche matin dans le centre-ville.

Au milieu de tous ces supporters étrangers, quelques Français observent hilares le défilé. “Les Néerlandaises, je trouve qu’elles jouent bien mais il leur manque un peu”, analyse l’un d’eux. La finale lui donnera-t-il raison?