L’entraĂ®neur espagnol Robert Moreno, alors sĂ©lectionneur de l’Espagne, lors d’un match contre la Roumanie, le 17 novembre 2019 Ă  Madrid
Par Christophe BELLEUDI / © 2019 AFP

“Retrouver le podium”: Novice en tant qu’entraĂ®neur de club, l’Espagnol Robert Moreno, nouveau coach de Monaco, se retrouve face Ă  une mission difficile et doit faire oublier deux annĂ©es de gestion calamiteuse en PrincipautĂ©.

. Moreno sans parachute

A l’image de Leonardo Jardim lorsqu’il a dĂ©barquĂ© en 2014, Robert Moreno, Ă©phĂ©mère sĂ©lectionneur de l’Espagne entre juin et novembre 2019, ne possède pas un immense CV.

Contrairement Ă  son prĂ©dĂ©cesseur, il n’a en effet connu en club que le rĂ´le d’adjoint. D’abord de Luis Enrique (AS Rome, Celta Vigo et Barcelone), puis de Carlos UnzuĂ©, encore au Celta (2017-2018).

Une expĂ©rience encore mince alors qu’il aura la tâche de qualifier Monaco pour la prochaine Ligue des Champions, un impĂ©ratif Ă©conomique.

Pour le placer dans les meilleures conditions, Oleg Petrov, le vice-prĂ©sident du club, lui a donnĂ© l’opportunitĂ© de dĂ©buter avec son staff.

Quatre Espagnols l’accompagnent: Dani Guindos, ancien sĂ©lectionneur de la GuinĂ©e-Équatoriale, comme adjoint, Juanjo del Ojo comme prĂ©parateur physique, JosĂ© Sambade en tant qu’entraĂ®neur des gardiens et Marc Selleres pour l’approche psychologique.

Sur le plan contractuel, le jeune entraĂ®neur a signĂ© jusqu’en juin 2022. Mais son salaire serait environ le tiers de celui de Jardim, estimĂ© Ă  330.000 euros mensuels.

Moreno, dont l’Ă©quipe s’apprĂŞte Ă  rencontrer deux fois le Paris SG (12 et 15 janvier) en L1, doit reprendre 10 points Ă  Marseille, actuel deuxième du championnat. Sans qu’il soit question de casser encore la tirelire au mercato d’hiver.

Après avoir investi plus de 136 millions d’euros en transferts l’Ă©tĂ© dernier, la direction estime que le groupe actuel est suffisant pour atteindre les objectifs. Le propriĂ©taire Dmitri Rybolovlev n’attend qu’une chose: des rĂ©sultats !

. Petrov en première ligne

Pour permettre Ă  Monaco de revenir en haut, Petrov pensait, depuis longtemps, que Jardim n’Ă©tait plus l’homme de la situation.

RappelĂ© en personne par Rybolovlev avant mĂŞme la nomination de Petrov, Jardim n’avait cure de ce supĂ©rieur hiĂ©rarchique avec qui il n’entretenait aucune relation et seul Rybolovlev comptait pour le technicien portugais.

Mais cette posture n’a progressivement plu ni en interne, ni au Palais princier, ni, au final, Ă  Rybolovlev lui-mĂŞme.

Si les nĂ©gociations se poursuivent toujours, Jardim pourrait toucher des indemnitĂ©s infĂ©rieures aux huit millions d’euros d’octobre 2018 et oscilleraient entre quatre et six millions d’euros.

Cette éviction et le nouveau chèque qui va avec étant le fait de Petrov, ce dernier se retrouve désormais en première ligne. Une position que le dirigeant russe, ancien patron de sociétés exploitant des mines de diamant, assume pleinement.

Sans Jardim, Petrov se sent dĂ©sormais les mains libres. Il estime possĂ©der aujourd’hui assez de latitude pour mener Ă  bien la mission demandĂ©e. En cas d’Ă©chec, il connaĂ®t dĂ©jĂ  la sentence…

. Solder les années Vasilyev-Jardim

Avec le limogeage de Jardim, Petrov a soldĂ© le dernier pilier important de la pĂ©riode Vasilyev Ă  Monaco. Les adjoints de Jardim, Caldeira, Vieira et Barros, ont Ă©tĂ© remerciĂ©s. Et le futur d’AndrĂ© Amitrano et Bob Tahri est très incertain.

Après avoir remodelĂ© le secteur mĂ©dical en juillet et après avoir en partie revisitĂ© le moribond service communication-marketing, Petrov s’est attaquĂ© Ă  la partie Ă©mergĂ©e de l’iceberg: le sportif.

Beaucoup de tĂŞtes seront nouvelles au centre d’entraĂ®nement de La Turbie, oĂą Petrov possède un bureau qu’il utilisera plus.

En le nommant, Rybolovlev lui a aussi demandĂ© d’assainir des comptes devenus rouge vif Ă  la fin de la gestion Vasilyev (indemnitĂ©s de dĂ©part de Jardim, Henry et de leurs staffs, commissions internes ou pour agents…).

Avec Ă  long terme, la volontĂ© de redorer l’image d’un club Ă©claboussĂ© par les rĂ©vĂ©lations des “Football Leaks” et par un management sportif (plus de 70 joueurs sous contrat, gestion des entraĂ®neurs) devenu inadaptĂ© et obsolète.

Le chantier du duo Petrov-Moreno est colossal et très risqué.