L’entraĂ®neur portugais de Marseille, AndrĂ© Villas-Boas, lors du match de Ligue 1 Ă  Angers, le 3 dĂ©cembre 2019
Par Emmanuel BARRANGUET / © 2019 AFP

AndrĂ© Villas-Boas a rĂ©veillĂ© l’Olympique de Marseille comme Marcelo Bielsa avant lui. EntraĂ®neur Ă©tranger, populaire et bien classĂ© comme l’Argentin, le Portugais, qui reçoit NĂ®mes samedi (20h45) pour la 19e journĂ©e de Ligue 1, rĂ©ussira-t-il, lui, Ă  aller en Ligue des champions?

“Ils sont totalement diffĂ©rents”, prĂ©vient le capitaine Steve Mandanda. Chacun sa façon de faire, j’ai eu la chance de travailler avec les deux et j’ai pris du plaisir avec les deux, leurs mĂ©thodes diffĂ©rentes, mais elles fonctionnent”.

. Dauphin d’automne

La première diffĂ©rence se voit dĂ©jĂ  au classement. Bielsa avait virĂ© en tĂŞte Ă  NoĂ«l 2014, devant le Paris SG; “AVB” est sĂ»r d’ĂŞtre dauphin, mais ne croit pas Ă  la première place.

Il veut surtout conforter son avance sur Lille (4 points) et Rennes (5 points), les Bretons comptant un match en moins.

La seconde partie de saison sera rude, l’OM se rendra chez tous ses concurrents, sauf Monaco. Autant se faire “un petit matelas”, comme le dit Mandanda, garni de 19 points pris sur les 21 derniers possibles, et lorgnant trois de plus “obligatoires” (dixit AVB) contre NĂ®mes.

“J’ai eu l’occasion d’ĂŞtre champion d’automne avec Marcelo Bielsa, mais on a fini 4e, ça ne veut rien dire”, tempère le capitaine.

Les deux saisons se ressemblent un peu: l’OM doit se relancer après un Ă©chec, 6e en 2014, 5e l’an dernier, et les entraĂ®neurs lancent des jeunes du centre.

StĂ©phane Sparagna, Baptiste AloĂ© ou GaĂ«l Andonian ont dĂ©butĂ© avec “El Loco”, Marley AkĂ©, Lucas Perrin et Isaac Lihadji, qui n’a toujours pas signĂ© son contrat professionnel, avec l’ex “Special Two”.

C’est moins une vocation chez Villas-Boas, mais son OM a un groupe rĂ©duit Ă  cause du fair-play financier.

Pour Mandanda, “ce que fait le coach avec l’effectif c’est beau, c’est grand et c’est bien”.

. Le caméléon et le dogmatique

Sur la tactique, Bielsa avait un schéma de jeu rigide et très exigeant, il a fini par lasser ses joueurs par des heures de répétitions des circuits de passe. Et son équipe a lâché prise en fin de saison, terminant 4e, sans Ligue des champions.

Mais le football jouait par son OM était par séquences vraiment ébouriffant.

Villas-Boas est plus souple. La façon dont il s’est adaptĂ© au style de jeu du SCO a, par exemple, bluffĂ© l’entraĂ®neur angevin, StĂ©phane Moulin. Et emportĂ© la victoire (2-0).

Le Portugais préfère le 4-3-3, mais peut changer en cours de match. Subtil dans les Ressources Humaines, il a réussi à convaincre Dimitri Payet de jouer à gauche, et même de défendre.

En contre-partie, le N.10, Ă©tincelant cette première moitiĂ© de saison, dispose d’une relative libertĂ©, et AVB le couvre d’Ă©loges. “Dimitri est notre leader technique et charismatique”, dit-il.

“Le coach a su trouver le bon système, salue Mandanda, la bonne mĂ©thode pour emmener chaque joueur Ă  100% de ses capacitĂ©s”.

AVB est moins dogmatique, mais il a la foi. En dĂ©but de saison, l’objectif Ligue des champions, “le seul qui y croyait, c’Ă©tait le coach, se souvient Mandanda. Il avait raison”.

. Le prof cool et le théologien

Les deux techniciens ont du charisme, mais pas le mĂŞme. Sourires, barbe blonde et confĂ©rences de presse très ouvertes, Villas-Boas est une sorte de M. Keating, le professeur de lettres du “Cercle des poètes disparus”.

Lunettes Ă©paisses, glacière et regard toujours fuyant, Bielsa est un thĂ©ologien du football. Lui aussi fournissait des explications tactiques, encore plus dĂ©taillĂ©es que celles du Portugais, mais d’une façon très magistrale.

L’Argentin parlait longuement de football en confĂ©rence de presse, mais refusait d’Ă©voquer les hypothèses. Le Portugais discute plus volontiers ses choix.

Bielsa a enflammé le Vélodrome et laissé un souvenir impérissable, il a encore ses adeptes malgré sa fracassante démission dès le soir de la 1re journée de sa seconde saison.

Si le courant n’est pas passĂ© avec Rudi Garcia, Marseille aime ces entraĂ®neurs très typĂ©s. Avant Bielsa et AVB, le Belge Eric Gerets aussi a laissĂ© un très bon souvenir de son passage sur le banc (2007-2009).

Il a terminĂ© 2e, l’objectif de Villas-Boas…