L’entraĂ®neur de Lyon, Rudi Garcia, lors du match de Ligue 1 face Ă  Metz, Ă  Decines-Charpieu, le 26 octobre 2019
Par Francois-Jean TIXIER, Emmanuel BARRANGUET / © 2019 AFP

Parti de Marseille sous l’opprobre, arrivĂ© Ă  Lyon sous les sifflets, Rudi Garcia revient au VĂ©lodrome oĂą l’attend un accueil très hostile, dimanche (21h00) pour le choc OM-OL, comptant pour la 13e journĂ©e de Ligue 1.

L'”Olimpico” vire au Rudico”. “C’est un match OM-OL ce n’est pas un match Marseille-Garcia”, a tentĂ©, vendredi en confĂ©rence de presse, l’homme au centre de l’attention.

Mais quelques minutes plus tard et 300 km plus au sud, son ancien capitaine marseillais, Dimitri Payet, n’hĂ©sitait pas Ă  griffer, dĂ©nonçant en vrac “une communication qui ne passait plus” et “des prises de tĂŞte” avec son ancien coach. “On ne s’est pas sĂ©parĂ©s en bons termes”, a conclu un Payet incisif.

Cela n’apaisera pas la tension d’un VĂ©lodrome qui s’apprĂŞte Ă  conspuer son ex-coach (2016-2019).

Le stade a progressivement pris en grippe Rudi Garcia au cours de la saison dernière, jalonnée de déceptions sportives.

Mais “j’ai souvenir qu’on est quand mĂŞme allĂ© en finale de coupe d’Europe” en 2018 (perdue 3-0 contre l’AtlĂ©tico Madrid), rappelle Ă  l’AFP FrĂ©dĂ©ric Bompard, adjoint de Garcia pendant 17 ans, de Dijon en 2002 jusqu’Ă  l’OM en mai dernier.

“Y aller comme un boxeur”

“Si je fais la comparaison avec (Marcelo) Bielsa, qui n’a rien fait et Ă©tait super aimĂ©, je n’arrive pas Ă  comprendre pourquoi Rudi est autant dĂ©testĂ©, pourtant, je pense que notre travail n’Ă©tait pas si mal que ça”, ajoute “La Bompe”.

Il n’a pas suivi Garcia Ă  Lyon. “On avait peut-ĂŞtre besoin de s’aĂ©rer tous les deux, après presque 20 ans ensemble”, explique le technicien, qui de son cĂ´tĂ© a des touches pour une nouvelle place d’adjoint.

Bompard rappelle aussi qu’avec Garcia et son staff l’OM est d’abord montĂ© en puissance, 5e puis 4e et finaliste de C3, donc. “La saison dernière, on nous a reprochĂ© d’avoir fini 5e, mais on ne dĂ©teste pas quelqu’un qui finit 5e, pas autant!” s’Ă©tonne-t-il.

InterrogĂ© sur l’accueil houleux promis Ă  Garcia, Bompard ne s’en fait pas: “Il sait qu’il va se faire insulter, il l’a dĂ©jĂ  vĂ©cu”.

“Il faut y aller, comme un boxeur avant monter sur le ring, 95 minutes de concentration, si tu commences Ă  rĂ©pondre aux mecs, t’es mort”, ajoute Bompard.

Et puis pour l’ancien gardien, Garcia n’est pas le seul acteur du “Rudico” qui puisse penser Ă  une revanche.

Important pour les joueurs aussi

“J’ai entendu les joueurs de l’OM mettre beaucoup en avant le nouvel entraĂ®neur, dire qu’ils travaillaient plus avec le ballon, qu’il les faisait mieux jouer… Maintenant vous allez devoir le dĂ©montrer sur le terrain, attention si vous perdez le match face Ă  Lyon après tout ce que vous avez avancĂ©…” prĂ©vient Bompard, s’exprimant avant la “sortie” de Payet.

“Si je me mets Ă  la place Rudi, je n’ai peur de rien, conclut-il. Il ne concède qu’une forme de “double pression, peut-ĂŞtre: Rudi sait bien, comme il est aussi sifflĂ© Ă  Lyon, que s’il ne gagne pas face Ă  Marseille, il va encore les entendre…”

Car Ă  Lyon non plus Garcia n’est pas en odeur de saintetĂ©, lui qui a dĂ©butĂ© sur un banc professionnel Ă  “SaintĂ©” en 2001.

Encore sifflĂ© Ă  l’annonce des Ă©quipes mardi avant la victoire contre Benfica (3-1), le nouvel entraĂ®neur reste contestĂ© par une frange du public lyonnais, notamment pour des propos tenus Ă  l’encontre de l’OL quand il dĂ©fendait les couleurs de l’OM (2016-2019).

Le dĂ©part de l’entraĂ®neur Bruno Genesio, dĂ©testĂ© malgrĂ© de bons rĂ©sultats et parti en juin dernier pour laisser la place au duo brĂ©silien formĂ© par Juninho, directeur sportif, et Sylvinho entraĂ®neur, avait apaisĂ© le climat autour de l’Ă©quipe.

Mais les supporters ultras ont de nouvelles têtes de turc dans leur collimateur en plus de Garcia, comme Lucas Tousart, Marcelo et Bertrand Traoré, buteur contre Benfica (3-1).

Avant mĂŞme qu’il ne commence sa mission, une pĂ©tition circulait contre sa venue Ă  l’OL comme pour Bruno Genesio en dĂ©cembre 2015. Elle a recueilli plus de 5500 signatures.

Pour son premier match, le comitĂ© d’accueil avait dĂ©ployĂ© une banderole dans le virage nord: “Garcia, notre patience sera Ă©gale au respect que tu as montrĂ© au club: nulle”. Garcia a vraiment deux bonnes raisons de gagner le Rudico…