Marseille, l’An IV a déjà commencé

Le directeur sportif de l’OM Andoni Zubizarreta (g) en conversation avec le président du club Frank McCourt lors du match de L1 contre Montpellier au Vélodrome, le 24 mai 2019
Par Emmanuel BARRANGUET / © 2019 AFP

La difficile troisième saison de l’Olympique de Marseille sitôt bouclée, l'”OM champions project” repart avec des changements attendus, de coach et de joueurs, sous la contrainte du fair play financier. Mais Frank McCourt, le propriétaire, reste optimiste.

. Avec quel coach?

Le premier gros changement concerne l’entraîneur. McCourt a réitéré sa confiance au président Jacques-Henri Eyraud et au directeur sportif Andoni Zubizarreta, dans un entretien à l’AFP vendredi, avant la victoire contre Montpellier (1-0) pour le dernier match de la saison.

Des noms sont apparus, comme l’ancien joueur du club Gabriel Heinze, retourné chez lui en Argentine pour entraîner Velez Sarsfield, ou l’ex adjoint de José Mourinho, André Villas-Boas.

Les représentants du Portugais ont été aperçus à Marseille, il a lui même fait part de son intérêt mais son salaire XXL ne semble pas taillé pour un budget redimensionné par l’absence de Coupe d’Europe la saison prochaine.

Côté Français, Laurent Blanc ou Claude Puel, un bâtisseur qui lance des jeunes, un profil intéressant pour l’OM la saison prochaine, sont aussi libres.

Le président “JHE” a juste promis d’aller vite mais aucun favori ne se dégage pour l’heure. Eyraud sait mener ses tractations dans le plus grand secret, le prochain entraîneur ne figure pas forcément dans cette liste.

. Joueurs, les anciens veulent rester

Pourvus d’un gros salaire, les cadres du club ont tous annoncé qu’ils voulaient rester, sur le thème: “on doit une revanche aux supporters”, après une triste 5e place et des éliminations aux premiers tours de toutes les coupes.

“Je serai là”, a par exemple dit le capitaine Dimitri Payet, qui “espère faire une meilleure saison et atteindre enfin l’objectif qu’on s’est fixé”, la Ligue des champions.

Adil Rami, passé complètement au travers de sa saison, a assuré qu’il voulait rester, tout comme Kevin Strootman, la coûteuse recrue de l’été dernier, très décevant.

Steve Mandanda ne veut pas non plus partir sur une note si moyenne et Florian Thauvin, une des ventes potentielles les plus à même de réduire les déficit, a rappelé qu’il avait deux ans de contrat et qu’on ne se débarrasserait pas de lui comme ça.

Il faudra pourtant réduire la copieuse masse salariale du club pour rentrer dans les clous du fair play financier, a rappelé McCourt. Et trouver quelques joueurs, surtout un attaquant si le coûteux Mario Balotelli, parti sur un carton rouge, ne reste pas.

. Respecter le fair play financier

Sans les rentrées européennes, les comptes de l’OM plongent. Le déficit de 78 millions d’euros en juin 2018 était prévu, il a fallu investir lourdement au début du projet mais celui qui s’annonce équivalent cette saison entrave l’OM.

“Ni notre ambition ni nos moyens ne sont balayés par cette saison difficile”, a martelé Eyraud au moment de l’annonce du départ de Rudi Garcia, dont les indemnités de départ ne sont toujours pas connues.

L’Equipe et La Provence annoncent un chèque entre 10 et 15 millions d’euros, charges comprises, pour licencier Garcia et son staff.

“Beaucoup moins”, assure-t-on à la direction, sans donner de chiffre.

Au-delà de l’équipe première, les investissements se poursuivent. L’OM a par exemple mis 6 millions d’euros cette année dans son OM Campus, en ville, dans le quartier de Mazargues, pour la formation et l’équipe féminine, qui vient de remonter en Première Division.

Le club a aussi obtenu la gestion du Vélodrome, condition indispensable du projet, mais difficile d’y voir clair dès aujourd’hui sur la rentabilité effective de l’opération.

Enfin, McCourt vise la gestion du Parc d’expositions Chanot, voisin du stade, et l’enchère promet d’être disputée. Résultat fin 2019, ou plutôt début 2020.

L’homme d’affaires américain n’a pas donné de chiffre non plus, juste dit qu’il poursuivrait ses investissements. Il ne prévoit pas non plus de faire monter quelqu’un d’autre au capital, son fonds familial McCourt Limited Partnership reste seul aux commandes.

“Nous voyons à long terme, en tant que famille”, explique-t-il à l’AFP. “Nous n’avons pas à nous inquiéter que quelque chose soit fait dans un certain délai, nous ne sommes pas un fonds privé avec un horizon à cinq ans, et nous n’avons pas de dettes.”

“Nous avons la flexibilité et un horizon lointain, ce sont deux très bonnes choses en sport”, conclut-il. Mais il faut commencer par réussir l’An IV.