L’entraĂ®neur espagnol de Manchester City, Pep Guardiola, lors du match de groupes de la Ligue des champions face Ă  Bergame, Ă  San Siro, le 6 novembre 2019
Par Frédéric HAPPE / © 2019 AFP

RelĂ©guĂ© Ă  six points de Liverpool, auteur d’un dĂ©but de saison canon, l’enjeu du clash de dimanche Ă  Anfield est bien plus qu’arithmĂ©tique pour Manchester City: il s’agit de retrouver de la superbe affichĂ©e l’an passĂ©.

Le championnat “n’est jamais terminĂ© en novembre”, a claironnĂ© Pep Guardiola en confĂ©rence de presse, vendredi. Mais un Ă©cart de neuf points entre les deux Ă©quipes renforcerait le rĂŞve des Reds d’arracher enfin un championnat 30 ans après.

Pour City, il s’agira surtout d’Ă©viter une troisième dĂ©faite en 12 journĂ©es, plus que sur toute la saison 2017/2018 et Ă  une longueur des quatre concĂ©dĂ©es l’an dernier.

Depuis le dĂ©but de saison, City ne ressemble plus Ă  la machine Ă  gagner des deux dernières saisons, contrairement Ă  Liverpool qui n’a lâchĂ© que deux points sur 33 jusqu’ici.

Un dĂ©fi de taille pour les Citizens, dont le dernier succès Ă  Anfield remonte Ă  2002/2003 et l’avent-dernier Ă  fin 1981.

On y promet souvent l’enfer Ă  la dĂ©fense des Citizens, en oubliant un peu vite que la saison dernière (0-0), il s’en Ă©tait fallu d’un penalty ratĂ© par Mahrez en fin de match pour que City ne l’emporte.

Difficile pourtant de ne pas faire de mĂŞme cette annĂ©e, tant l’arrière-garde bleu ciel semble fragilisĂ©e depuis la blessure fin aoĂ»t d’Aymeric Laporte, absent jusqu’Ă  la fin de l’hiver.

L’attaque aussi peut progresser

N’ayant pas pris la peine de remplacer le Belge Vincent Kompany, reparti au pays, City s’est retrouvĂ© avec les seuls John Stones et Nicolas Otamendi dans l’axe.

Le premier est revenu récemment après avoir lui aussi été blessé pour quelques semaines alors que le second a livré des prestations cataclysmiques lors des deux défaites face au promu Norwich (3-2) et à domicile contre Wolverhampton (0-2).

La perspective de voir, en plus, dĂ©bouler le trident offensif des Reds Salah-Firmino-ManĂ© sur un but gardĂ© par le Chilien Claudio Bravo plutĂ´t qu’Ederson, blessĂ©, n’est pas non plus rassurante.

“Actuellement, Liverpool est l’Ă©quipe la plus forte du monde”, a d’ailleurs reconnu Guardiola, qui attend cependant aussi son attaque au tournant.

MalgrĂ© 34 buts en 11 matches, dont presque un quart inscrits contre Watford (8-0), le coach a souvent pointĂ© son manque de prĂ©cision dans le dernier ou l’avant-dernier geste.

Un défaut criant lors des deux défaites, mais aussi la semaine dernière lors de la victoire arrachée (2-1) contre Southampton, 19e, où il leur a fallu 70 minutes et 19 tirs pour cadrer une frappe.

En ce dĂ©but de saison, quand il a Ă©tĂ© Ă  la peine offensivement, City s’en est souvent remis Ă  un bombardement de centres sur la surface adverse, alors que ses attaquants ne dĂ©notent pas par leur taille.

Liverpool, une domination en trompe-l’œil ?

Contre Southampton, ils ont tenté 57 centresplus 17 cornersle troisième plus haut total en Premier League depuis que la société Opta en fait le décompte.

Mais City ne part pas vaincu. Liverpool laissera plus d’espaces que des mal classĂ©s et ne faudrait pas non plus idĂ©aliser le dĂ©but de saison des hommes de JĂĽrgen Klopp, dont le bilan comptable masque des victoires souvent laborieuses.

Sur 13 victoire en 18 matches cette saison, 8 ont Ă©tĂ© obtenues par un but d’Ă©cart souvent inscrit en toute fin de match, comme Ă  Aston Villa samedi dernier, oĂą les Reds ont marquĂ© deux fois entre la 87e et la 94e minute (2-1).

Liverpool a aussi concĂ©dĂ© 8 fois l’ouverture du score ou Ă©tĂ© menĂ© au cours d’un match, pour l’emporter trois fois au final, faire nul Ă  quatre reprises et ne cĂ©der que devant Naples (2-0) en Ligue des champions.

Face Ă  City, son adversaire le plus redoutable, pas sĂ»r que Liverpool puisse s’en remettre Ă  ces dernières minutes oĂą la rage de leur entraĂ®neur semble possĂ©der l’Ă©quipe.