Manchester City mise gros sur Grealish, le chouchou des fans anglais

Jack Grealish avec l’équipe d’Angleterre après la victoire sur l’Allemagne à l’Euro le 29 juin 2020 à Wembley
/ © 2021 AFP

Vice-champion d’Europe, Manchester City a frappé très fort dans le mercato estival jeudi en s’attachant à prix d’or le milieu offensif Jack Grealish (Aston Villa), coqueluche des supporters anglais, recruté jusqu’en 2027… en attendant peut-être d’attirer une autre figure de l’Angleterre: l’avant-centre Harry Kane.

Selon les médias britanniques, City a accepté de débourser une indemnité de transfert record en Angleterre de 100 millions de livres (environ 117 millions d’euros), faisant de Grealish la recrue la plus onéreuse de l’histoire de la Premier League devant Paul Pogba (105 M EUR de la Juventus à Manchester United en 2016).

Et l’équipe entraînée par Pep Guardiola pourrait ne pas s’arrêter là cet été: le club mancunien, porté par ses richissimes propriétaires émiratis et libéré par le relâchement du fair-play financier, pourrait casser à nouveau sa tirelire pour recruter Harry Kane, engagé dans un bras de fer avec Tottenham.

Le jeune Anglais, qui a signé un contrat de six ans avec les “Citizens”, s’est satisfait de “jouer pour Pep et apprendre de lui”. Cela “sera particulier et c’est quelque chose que tout footballeur voudrait”, a-t-il dit dans un communiqué du club.

Avec l’arrivée de Grealish (25 ans, 12 sélections), le champion d’Angleterre renforce son armada offensive avec l’un des joueurs anglais les plus créatifs de ces dernières années, un argument de plus pour rêver enfin d’un premier sacre européen après la désillusion de la finale de Ligue des champions perdue en mai à Porto contre Chelsea (1-0).

Et le panel de milieux offensifs dont dispose Guardiola fait peur: Kevin De Bruyne, Bernardo Silva, Raheem Sterling, Phil Foden, Ferran Torres, Riyad Mahrez et désormais Grealish…

Superstitions

Même si, à bientôt 26 ans, Grealish n’a jamais disputé une seule rencontre de Ligue des Champions ni remporté de trophée significatif, il a montré une certaine régularité en Premier League depuis la remontée d’Aston Villa il y a deux ans, délivrant notamment douze passes décisives la saison dernière.

Il n’était pas titulaire en sélection d’Angleterre lors du dernier Euro, mais ses entrées en jeu à la fin des matches ont donné aux Three Lions un peu plus d’allant offensif, particulièrement en demi-finale face au Danemark (2-1 après prolongation) et en finale face à l’Italie (1-1 a.p., défaite 4-3 aux tirs au but).

Les applaudissements à Wembley pendant ses échauffements ont rappelé qu’il était la coqueluche des supporters anglais.

Cet ancien international irlandais en sélections de jeunes, qui a finalement choisi de jouer pour l’Angleterre, s’est également attiré la sympathie des observateurs en étant depuis deux saisons le joueur qui subit le plus de fautes.

Dans une époque où l’éclat individuel et l’image de marque comptent presque autant que le collectif, Grealish sort aussi du lot avec ses minuscules protège-tibias et ses chaussettes qu’il ne monte jamais plus haut que les mollets.

De simples superstitions depuis son adolescence, assure-t-il.

City en quête d’un avant-centre ?

Sa coiffure et son élégance sur le terrain rappellent également celles de l’ancienne popstar du football anglais David Beckham. Grealish n’a pas manqué de rappeler son admiration pour celui-ci lorsqu’il a hérité du numéro 7 en sélection anglaise.

Ce recrutement audacieux pose toutefois question sur la stratégie globale de Manchester City. Pep Guardiola a effectué 136 changements en 38 matches de championnat la saison dernière, plus que toutes les autres équipes, mais n’a jamais vraiment préparé la succession de l’Argentin Sergio Agüero (parti à Barcelone), jouant souvent sans avant-centre pur.

Et pour se renforcer à ce poste, City devra très probablement débourser une nouvelle somme record, supérieure à celle versée pour Grealish, pour attirer un vrai buteur.

Selon la presse britannique, la cible principale reste Harry Kane. Tottenham exigerait la somme astronomique de 160 millions de livres (188 M EUR) pour son attaquant de 28 ans, qui souhaite évoluer à l’Etihad Stadium et refuse désormais de s’entraîner avec les Spurs.

Le départ de plusieurs Citizens vers l’Espagne, comme Bernardo Silva ou Aymeric Laporte, est une possibilité, mais ne permettra pas de rééquilibrer significativement la balance des transferts des Critizens.

Un recrutement de Kane au prix fort signifierait que Manchester City est, comme le Paris SG, bien décidé à profiter du desserrement de l’étreinte du fair-play financier pour se renforcer cet été et atteindre le Graal européen, quoi qu’il en coûte.