Lyon: Juninho et Sylvinho, des doutes à lever

Le nouveau directeur sportif de Lyon Juninho (d) et le nouvel entraîneur Sylvinho au Stade Decines Groupama le 28 mai 2019
/ © 2019 AFP

De retour à Lyon dans un rôle de directeur sportif nouveau pour lui, le Brésilien Juninho et son compatriote Sylvinho, qu’il a choisi comme entraîneur, font face à une formidable attente des supporters mais devront rapidement lever les doutes sur leur capacité à garantir les ambitions élevées de l’OL.

Et les deux hommes entendent continuer à travailler dans la continuité de ce qui a été fait ces dernières saisons au cours desquelles, avec l’entraîneur Bruno Genesio, l’Olympique lyonnais a été une fois 2e du championnat (2016), deux fois 3e (2018, 2019) et 4e en 2017, avec une demi-finale de Ligue Europa.

“Bien sûr, il y a pas mal de doutes car c’est la première fois que je tiens le rôle de directeur sportif et en même temps, j’ai donné le nom d’un technicien qui sera pour la première fois en numéro un”, a prévenu Juninho en conférence de presse tout en précisant que Sylvinho n’était pas son ami.

. Trois fois pour convaincre Juninho

Jean-Michel Aulas a dû s’y prendre à trois fois pour convaincre Juninho de revenir à Lyon, dix ans après avoir quitté le club, pour le poste de directeur sportif qui n’existait pas à Lyon.

A l’époque, en 2009, pris d’une émotion intense, il avait fait un malaise sur le plateau d’OLTV au moment d’annoncer son départ.

“Pourquoi ignorer une troisième proposition de l’OL ? Et peut-être si je n’avais pas accepté, cela ne se serait plus présenté. Et avec le temps qui passe, je ne me serai pas pardonné de refuser cette fois-ci”, a confié Juninho.

“Je remercie le président pour sa confiance. Cela fait un peu peur car il y a beaucoup d’attente de la part des supporters par rapport à mon histoire. Mais mon parcours de joueur est terminé. Nous allons travailler dans la continuité et pour cela il est toujours difficile de choisir un entraîneur qui accepte cela. J’ai tout de suite pensé à Sylvinho”, a dit l’ancien meneur de jeu et capitaine de l’OL.

Sensible aux critiques quand il était joueur, celui-ci bénéficiera quoi qu’il en soit d’un état de grâce, plus ou moins long selon que le club devra franchir ou non les tours préliminaires pour accéder à la Ligue des champions.

. Prudence sur les trophées

Pour les trophées, Juninho et Sylvinho se sont montrés prudents.

“Juni” a été l’idole de l’OL entre 2001 et 2009, période au cours de laquelle il a remporté six titres de champion de France, de 2002 à 2008, mais Lyon n’a plus remporté le moindre titre depuis la Coupe de France 2012. D’où une certaine prudence du nouveau directeur sportif alors que le club va disputer sa 23e campagne européenne consécutive, dont 18 en Ligue des champions.

“J’étais mauvais perdant et j’adore gagner. On ne peut pas promettre des trophées mais il faut être plus régulier en Ligue 1 sur laquelle il faut se concentrer et essayer d’être plus proche du PSG. Il faut se qualifier en Ligue des champions, avant tout. Jouer pourquoi pas, une des deux finales nationales, serait bien”, a concédé Juninho.

Mais ce dernier entend toutefois faire évoluer les attitudes des joueurs.

“Notamment sur les écarts de concentration d’un match européen à un autre de championnat. L’équipe a une qualité technique importante et affiche offensivement le plus gros pourcentage de possession de balle, elle domine ses adversaires, aime jouer mais ne fait pas mal. Elle concède beaucoup de buts et manque d’agressivité à la perte du ballon”, a analysé le directeur sportif.

. L’OL en 4-3-3

Juninho a, par ailleurs, confirmé les propos de Jean-Michel Aulas selon lesquels deux à trois joueurs majeurs, dont Nabil Fekir, pourraient être transférés.

A l’inverse, l’OL va chercher prioritairement à se renforcer en défense centrale et à recruter un patron au milieu, devant la défense.

De son côté, Sylvinho a déclaré privilégier le système de jeu en 4-3-3 avec une bonne possession de balle en jouant dans le camp adverse. Cette organisation semble pousser Fekir vers la sortie. Ce dernier était au centre du jeu avec le 4-2-3-1 adopté par Genesio.