Le président de Lille, Gérard Lopez, le 11 décembre 2019 à Londres
Par Nicolas BLASQUEZ / © 2019 AFP

“Jouer la C1 tous les ans, je pense que c’est possible”: malgrĂ© son Ă©limination prĂ©coce de la Ligue des champions, Lille a l’ambition d'”y retourner” dès la saison prochaine, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP son prĂ©sident GĂ©rard Lopez, jugeant “possible” d’y parvenir “tous les ans”.

Participer Ă  la lucrative compĂ©tition europĂ©enne, “ce n’est pas vital, mais c’est un gros plus” pour les finances lilloises, a expliquĂ© dans un entretien le dirigeant, qui annonce vouloir conserver l’Ă©tĂ© prochain son meilleur buteur Victor Osimhen, dĂ©jĂ  très convoitĂ©.

Q: Quel bilan tirez-vous de cette première participation à la Ligue des champions sous votre mandat ?

R: “En termes de rĂ©sultats, on ne peut pas ĂŞtre satisfait. On aurait pu et dĂ» mieux faire. La frustration vient du fait que pendant cinq matches, on a su dominer nos adversaires par moment et qu’on n’a pas Ă©tĂ© payĂ©. Mais on a payĂ© cher notre incapacitĂ© Ă  marquer dans nos temps forts et Ă  courber l’Ă©chine sans prendre de but quand on Ă©tait dominĂ©.”

Q: Cette Ă©limination est-elle un coup d’arrĂŞt ?

R: “C’est malheureux de dire ça, mais non, au contraire. J’avais l’ambition de donner une bonne image par le jeu. On l’a fait, on a eu le respect de nos adversaires, mais on n’a pas rĂ©ussi Ă  leur faire peur. Ça nous donne envie d’y retourner pour faire mieux. On veut capitaliser sur ce qu’on vient d’apprendre. Ça nous a fait gagner en expĂ©rience. Le club a grandi.”

Q: Quels sont les objectifs cette saison ?

R: “Si on part du principe que le PSG reste intouchable, c’est le top 2 ou top 3 qu’on doit viser. Je crois en ce groupe, en la qualitĂ© de nos joueurs. La saison est moyenne car on est la meilleure Ă©quipe Ă  domicile mais une des pires Ă  l’extĂ©rieur. Cette espèce de schizophrĂ©nie nous pĂ©nalise. Mais lĂ , on monte en puissance. Le club se doit d’ĂŞtre europĂ©en, vu notre budget, nos infrastructures et la qualitĂ© de nos joueurs. Il faut que ça devienne normal d’ĂŞtre europĂ©en, que ça fasse partie de la gĂ©nĂ©tique du club. “

Q: Que manque-t-il au Losc pour pouvoir rivaliser avec le PSG et jouer la C1 tous les ans ?

R: “Pour rivaliser avec le PSG, c’est une question d’argent, mais pas que. Il faut faire une saison presque parfaite et qu’eux soient un peu moins bons. En revanche jouer la C1 tous les ans, je pense que c’est possible. On fait une saison mauvaise Ă  l’extĂ©rieur et on est quand mĂŞme troisième. Donc on aura toujours l’ambition de terminer sur le podium et je pense que c’est possible de le faire de manière rĂ©gulière.”

Q: Votre modèle est-il viable sans vendre vos deux ou trois meilleurs joueurs chaque été ?

R: “Le modèle du club est connu. Il y aura des ventes et de l’investissement l’Ă©tĂ© prochain, comme cette annĂ©e. Mais il y aura toujours un noyau dur. L’objectif serait par exemple de garder Victor Osimhen encore une annĂ©e. On ne peut pas dire que le Losc est un club qui n’a pas d’ambitions et qui fait juste du trading. On a refusĂ© beaucoup d’offres importantes car on a des ambitions sportives importantes, mais les gens ne voient que les dĂ©parts.”

Q La participation Ă  la C1 est-elle cruciale pour les finances du club ?

R: “Non, ce n’est pas crucial car notre plan d’affaires n’est pas basĂ© sur cela. Mais elle nous permet de garder un ou deux joueurs clĂ©s car cela a rapportĂ© 40 millions d’euros cette saison. J’aimerais garder Osimhen alors qu’il y a deux ans, cela aurait Ă©tĂ© impossible. Ce n’est pas vital, mais c’est un gros plus. Participer souvent Ă  la C1 permet de solidifier les fondations du club.”

Q: Quels sont les axes de développement économique du club ?

R: “Il y a des rĂ©flexions. On travaille beaucoup sur le sponsoring, l’ouverture Ă  l’Ă©tranger. On a progressĂ© mais ces choses mettent du temps. La question du stade se pose. C’est un formidable outil mais il est extrĂŞmement onĂ©reux. On a une vraie rĂ©flexion stratĂ©gique sur le stade mais qui ne passe pas forcĂ©ment par son acquisition. Il y a d’autres axes comme nos acadĂ©mies en Chine. Mais ça reste un club de foot, ce n’est pas un supermarchĂ© oĂą on ajoute de nouvelles lignes de produits chaque mois. D’oĂą l’importance de jouer la Coupe d’Europe tous les ans pour poursuivre le dĂ©veloppement Ă©conomique positif du club.”

Propos recueillis par Nicolas BLASQUEZ