Le gardien Mike Maignan et les Lillois ont sombré face à Valence à Mestalla, le 5 novembre 2019
Par Alexis HONTANG / © 2019 AFP

Lille, dernier de son groupe de Ligue des champions, a dit adieu aux 8es de finale en perdant Ă  Valence (4-1) un match oĂą il a fini par s’Ă©crouler malgrĂ© une première heure prometteuse, mardi lors de la 4e journĂ©e.

S’il remportait ses deux derniers matches, et les Espagnols aussi, le Losc se retrouverait Ă  Ă©galitĂ© Ă  7 points avec Chelsea et l’Ajax Amsterdam. Mais dans ce cas de figure du règlement, dans un mini-championnat Ă  trois Ă©quipes, les Lillois (hypothĂ©tiquement 6 pts) ne pourraient pas finir en tĂŞte devant les Blues (7 pts), qui s’adjugerait alors le dernier billet pour les 8es.

Les jeunes Dogues, en plein apprentissage du plus haut niveau, ont pourtant longtemps cru tenir cette première victoire qui aurait confirmé leurs progrès.

A l’image du gardien Mike Maignan qui a frappĂ© de rage dans la balle après le troisième but valencien, un missile signĂ© Geoffrey Kondogbia (84e), ils y ont cru plus que jamais, mais cette compĂ©tition est dĂ©cidĂ©ment celle de leurs dĂ©sillusions et des leçons apprises dans la douleur.

Pendant une heure, la grinta lilloise a rendu silencieuse la cathĂ©drale de bĂ©ton de Mestalla, entre le rĂ©alisme froid de Victor Osimhen et l’abattage au milieu de Boubakary SoumarĂ©.

Mais, une nouvelle fois, c’est une erreur individuelle qui a relancĂ© l’adversaire, jusque-lĂ  tĂ©tanisĂ© par l’enjeu de cette “finale” pour la qualification: la main du capitaine JosĂ© Fonte, qui a offert le penalty de l’Ă©galisation Ă  Daniel Parejo (66e).

Une fin “cauchemardesque”

RĂ©duire la faute au Portugais serait cruel, tant ses Ă©quipiers n’ont pas non plus montrĂ© en seconde pĂ©riode l’expĂ©rience, ou le niveau, nĂ©cessaires pour sceller ces trois points. Quand Yusuf Yazici a ratĂ© l’occasion de tuer le match (53e), les latĂ©raux Zeki Celik et Domagoj Bradaric n’ont pas Ă©tĂ© Ă  la hauteur de match crucial.

C’est sur le flanc du premier que JosĂ© Gaya a expĂ©diĂ© le centre dĂ©tournĂ© dans ses cages par Adama Soumaoro (82e). Et sur le cĂ´tĂ© second qu’est venu le quatrième but, celui de la correction, par Ferran Torres (90e).

“Nos efforts n’ont pas suffi car c’est une dĂ©faite lourde si on regarde le rĂ©sultat sec. Il y a Ă  la fois des erreurs dĂ©fensives assez lourdes, et Ă  ce niveau-lĂ  ça ne pardonne pas, et aussi le talent de Valence, Ă  l’image du but de Kondogbia”, a synthĂ©tisĂ© l’entraĂ®neur Christophe Galtier.

“De la 81e Ă  la 90e, c’est un cauchemar”, a-t-il lâchĂ©.

Une somme de dĂ©tails, encore et toujours, les mĂŞmes qu’il pointe Ă  chaque confĂ©rence d’après-match. Si le rabâchage est la meilleure des mĂ©thodes, alors Lille pourra espĂ©rer rĂ©ussir un coup lors de ses deux derniers matches, contre l’Ajax et Ă  Chelsea, pour au moins sauver l’honneur.

Si la 3e place, synonyme de Ligue Europa, est mathĂ©matiquement atteignable, il faudrait bien un miracle pour que le Losc passe l’hiver.

Ikoné forfait de dernière minute

De ce déplacement au soleil, le coach nordiste retiendra la première heure, prometteuse, et le but de Victor Osimhen (25e).

Alors qu’il restait sur sa plus longue sĂ©rie sans but depuis son arrivĂ©e (trois matches), consĂ©cutive Ă  une petite blessure Ă  un adducteur, le NigĂ©rian a repris la folle marche en avant qui l’a rĂ©vĂ©lĂ© aux yeux de l’Europe cette saison.

Auteur de l’un de ses pires matches Ă  l’aller, le joueur a incarnĂ© cette volontĂ© lilloise d’Ă©lever son intensitĂ© dans un sprint Ă©chevelĂ© de 40 mètres, au bout duquel il a battu Jasper Cillessen, pour sa 2e rĂ©alisation dans la compĂ©tition.

Mais lui aussi, en fin de match, a manquĂ© de carburant pour continuer Ă  avancer. Sans Jonathan IkonĂ©, forfait surprise en raison d’un accident de voiture sans gravitĂ©, la marche Ă©tait encore trop haute pour Lille.