Le défenseur danois Joachim Andersen (C) ouvre le score pour Lyon face à Benfica, en Ligue des champions, le 5 novembre 2019
Par Antoine MAIGNAN / © 2019 AFP

Toujours sur un fil: après son revers frustrant de l’aller Ă  Lisbonne, Lyon a remis les choses en place en dominant non sans s’effrayer le Benfica (3-1) mardi, et s’est replacĂ© dans le droit chemin vers la qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions.

Rien ne semble facile pour l’OL cette saison, mais cette fois-ci, cela a suffi. BousculĂ©s par la rĂ©duction du score de Haris Seferovic (76e), les Lyonnais s’en sont sortis grâce Ă  Bertrand TraorĂ© (89e) Ă  un moment oĂą planait le souvenir de Lisbonne. Car au stade de la Luz il y a deux semaines, malgrĂ© la domination, c’est par une dĂ©faite (2-1) que s’Ă©tait soldĂ©e la fin de match, la faute Ă  une boulette du gardien Anthony Lopes.

Mais mardi, les deux buts précoces de Joachim Andersen (4e) et Memphis Depay (33e) ont offert aux hommes de Rudi Garcia la marge dont ils avaient besoin pour compenser leur manque de confiance.

“Comme nous les avons perdus Ă  l’extĂ©rieur, il nous faut reprendre les points chez nous”, avait exigĂ© Garcia la veille. Sur le plan comptable, il est plutĂ´t servi: avec sept unitĂ©s, son Ă©quipe, 2e d’un groupe G abordable, distance de trois et quatre points le Zenit Saint-PĂ©tersbourg et le Benfica.

Première série pour Garcia

Peut-ĂŞtre aurait-il prĂ©fĂ©rĂ© que Leipzig ne gagne pas en Russie (2-0), ce qui offre deux points d’avance aux Allemands Ă  deux journĂ©es de la fin de la phase de groupes… Mais quand on connaĂ®t la rĂ©cente situation du club rhodanien, entre le limogeage de l’ancien coach, Sylvinho, et le catastrophique mois de septembre sans victoire, Garcia ne sera pas accusĂ© de manquer d’ambition si son club termine les poules avec la deuxième place.

Sur le plan personnel, l’ancien entraĂ®neur de l’OM notera que ce succès lui permet de faire pencher la balance du bon cĂ´tĂ© depuis son arrivĂ©e mi-octobre: trois victoires en cinq rencontres, et surtout trois sur les trois derniers matches. Et d’offrir au public lyonnais une victoire Ă  domicile en C1, denrĂ©e rareseulement trois depuis 2011 !

Sur le plan du jeu, il retiendra que son onze fonctionne: après l’avoir dĂ©jĂ  alignĂ© Ă  Toulouse samedi pour une victoire in extremis (3-2), il a choisi la stabilitĂ© en le reconduisant, avec rĂ©ussite, contre les Lisboètes. Ce qui pourrait lui donner des idĂ©es avant l'”Olympico” de dimanche Ă  Marseille.

Toujours “convalescent”

Mais il ne changera probablement pas tout de suite son discours, lui qui parlait encore lundi d’une Ă©quipe “convalescente” et “fragile”: les imprĂ©cisions offensives et les grosses erreurs dĂ©fensives n’ont en effet pas Ă©tĂ© gommĂ©es en quelques jours, mĂŞme si cette fois, le gardien Anthony Lopes a retrouvĂ© ses parades acrobatiques habituelles.

Le Benfica, lui, avait bien la tĂŞte Ă  l’envers pendant une heure. Pour ne rien arranger, l’entraĂ®neur Bruno Lage a dĂ» rapidement faire sans son dĂ©fenseur central Ferro, dont la perte de connaissance et la sortie sur civière ont donnĂ© des frissons Ă  ses coĂ©quipiers. Et aux supporters des Aigles, pas aussi bruyants, par ailleurs, qu’on aurait pu l’imaginer jusqu’Ă  la rĂ©duction du score.

C’est dans ce climat que l’essentiel du match s’est dĂ©cantĂ©, avec, comme souvent cette saison, Depay Ă  la manoeuvre. Auteur, sur un service parfait d’Houssem Aouar, de son huitième but sur ses sept derniers matches toutes compĂ©titions confondues, le 50e qu’il inscrit avec le maillot de l’OL, le NĂ©erlandais a aussi initiĂ© l’ouverture du score d’Andersen, sur un corner anodin jouĂ© Ă  trois. Avant de laisser sa place, dès la mi-temps, pour une douleur Ă  la cuisse selon plusieurs mĂ©dias.

A la manoeuvre, aussi, l’un des joueurs critiquĂ©s du dĂ©but de saison, le BrĂ©silien Thiago Mendes. ArrivĂ© de Lille pour devenir le patron du milieu, il a déçu les fans jusque-lĂ . Mais sa reconquĂŞte se poursuit: l’un de ses retours dĂ©fensifs (65e) a provoquĂ© l’une des plus belles ovations de la seconde pĂ©riode.