Lles joueurs de Lille se congratulent après l’Ă©galisation face Ă  Valence en C1, au stade Pierre-Mauroy, le 23 octobre 2019
/ © 2019 AFP

En progression constante, Lille, tenu en échec par Valence (1-1) mercredi dans son stade en Ligue des champions mais très percutant dans le jeu, a enfin brillé en Ligue des champions après deux premiers matches frustrants.

Ambitieux mais punis à Amsterdam (3-0), puis prometteurs mais frustrés contre Chelsea (1-2), les Lillois ont poursuivi leur apprentissage de la compétition reine par un match très satisfaisant, récompensé par un premier point cette saison en C1.

L’Ă©galisation obtenue sur le fil a permis de sauver les meubles sur le plan comptable, et de croire encore Ă  un avenir europĂ©en: et l’identitĂ© du buteur, un Jonathan IkonĂ© placĂ© sur le banc au coup d’envoi, Ă  une prise de conscience des cadres.

Comme Jonathan Bamba, Ă©galement remplaçant, le nĂ©o-international a fait les frais des choix de Christophe Galtier. “Contrairement Ă  ce que j’ai pu lire, ce n’Ă©tait pas une punition pour certains”, a nuancĂ© son prĂ©sident GĂ©rard Lopez Ă  l’issue de la partie.

DĂ©cision sportive ou psychologique, le constat demeure: jamais, la saison dernière, les deux milieux offensifs n’avaient dĂ©butĂ© une rencontre importante hors du onze. Cette fois, cela n’a pas empĂŞchĂ© la machine de tourner.

“On mĂ©ritait mieux”

“Nous avons dominĂ©, ce rĂ©sultat montre qu’on progresse”, a soulignĂ© le technicien Ă  l’issue de la partie. “La rĂ©alitĂ© c’est qu’on a Ă©tĂ© largement supĂ©rieur Ă  Valence”, a abondĂ© son prĂ©sident GĂ©rard Lopez, pourtant très dur depuis quelques temps.

“Je n’ai pas arrĂŞtĂ© de leur taper dessus, de dire des choses quand ça n’allait pas, donc quand ça va il faut le dire aussi”, a-t-il ajoutĂ©.

Cette performance, Ă©galement louĂ©e par l’entraĂ®neur valencian Albert Celades, ne peut cependant pas ĂŞtre un aboutissement.

D’abord parce que le niveau de certaines individualitĂ©s, bien plus impliquĂ©es qu’Ă  l’accoutumĂ©e, accrĂ©dite la thèse d’un manque de concentration lors de matches moins prestigieux. Mais aussi car la plupart des bonnes situations se sont terminĂ©es par une mauvaise exĂ©cution du dernier geste. Une constante cette saison en coupe d’Europe.

“On mĂ©ritait mieux”, a pestĂ© l’attaquant Victor Osimhen. “En C1, c’est la grosse diffĂ©rence. Un match oĂą on tire 27 fois sur le but en Ligue 1, je ne pense pas qu’on perde ou qu’on fasse match nul”, a soufflĂ© GĂ©rard Lopez.

Système durable?

Si, comme lui, l’entraĂ®neur lillois ne pourra pas prendre la place des joueurs pour cadrer les tirs (seulement 6 sur les 27 tentĂ©s mercredi), il peut les mettre dans les meilleures conditions. Son changement de système, un inĂ©dit 3-4-2-1, a ainsi Ă©touffĂ© Valence, ouvrant de nouvelles perspectives.

“J’ai choisi ce dispositif en raison des contre-performances rĂ©centes, mais aussi du niveau de la Ligue des champions qui impose d’ĂŞtre moins ouvert. Renforcer mon axe permet de libĂ©rer des joueurs dans d’autres secteurs pour ĂŞtre plus prĂ©sents dans le pressing et jouer plus haut”, a analysĂ© Christophe Galtier.

TravaillĂ© la veille et rĂ©pĂ©tĂ© le matin, ce changement a surpris Valence, en grande difficultĂ© pour quitter son camp… mais buteur sur l’une de ses seules sorties de balles rĂ©ussies. Un autre bĂ©mol, qui incite Ă  la prudence.

Car Bordeaux, prochain adversaire en Ligue 1, aime multiplier les passes Ă  proximitĂ© de son but pour crĂ©er de l’espace dans la moitiĂ© de terrain adverse. Et son système hybride, qui passe de trois Ă  quatre dĂ©fenseurs quand la balle est perdue, sera moins perturbĂ© par le positionnement des joueurs lillois.

DĂ©cidĂ© Ă  ne pas rĂ©vĂ©ler ses plans, Christophe Galtier n’a d’ailleurs pas confirmĂ© que le 3-4-2-1 serait maintenu pour la suite. L’effet de surprise passĂ©, reste Ă  conserver les mĂŞmes intentions. “Ça ne reste qu’un match, j’en suis très conscient et très frustrĂ©, mais ça doit fĂ©dĂ©rer l’Ă©quipe autour du projet”, a conclu le technicien.