Les joueurs de l’Atalanta en communion avec leurs supporters Ă  l’issue de leur victoire contre Zagreb Ă  San Siro, le 26 novembre 2019
Par Stanislas TOUCHOT / © 2019 AFP

L’Atalanta divine surprise ! Pour sa première participation Ă  la Ligue des champions et malgrĂ© des dĂ©buts catastrophiques, l’Ă©quipe de Bergame a trouvĂ© le chemin des 8es de finale, un exploit qui a provoquĂ© un immense enthousiasme dans la ville et mis en lumière un club qui rĂ©ussit beaucoup avec peu.

“Divine” pour Tuttosport, “Mythique” pour la Gazzetta et “Magique” pour le Corriere: les quotidiens sportifs se sont extasiĂ©s jeudi sur l’exploit de “la Dea”, la dĂ©esse en italien, le surnom de l’Atalanta.

Pour Andrea Magioni, un supporter de l’Atalanta, rencontrĂ© jeudi par l’AFP-TV dans les rues de Bergame, “impossible de ne pas ĂŞtre heureux”. Après 10 ans de vaches maigres, le club connaĂ®t “un retour en force en sĂ©rie A” et se classe “parmi les 16 meilleures Ă©quipes d’Europe”.

Les mĂ©dias faisaient le parallèle avec l’Ă©chec la veille de l’Inter Milan, estimant qu’il y aurait donc bien un printemps europĂ©en Ă  San Siro, oĂą l’Atalanta joue ses matches de C1 en attendant la fin des travaux dans son stade Atleti Azzurri d’Italia, mais pas avec l’Ă©quipe attendue.

Sur les rĂ©seaux sociaux, les plus caustiques Ă©voquaient une phrase d’Antonio Conte, entraĂ®neur de l’Inter qui, en 2014, avait critiquĂ© le mercato rĂ©alisĂ© par la Juventus, son club d’alors, en estimant qu’on ne pouvait pas “manger dans un restaurant Ă  100 euros avec 10 euros en poche”.

L’Atalanta, elle, est entrĂ©e dans le restaurant Ă  100 euros et a fait un festin avec trois fois rien dans le portefeuille.

En dĂ©but de saison, la Gazzetta avait en effet estimĂ© sa masse salariale totale Ă  36 millions d’euros, soit la 13e seulement de Serie A, derrière Bologne ou Cagliari, et Ă  peine plus que le salaire du seul Cristiano Ronaldo Ă  la Juve (31M).

Et si tout le monde a souligné que seuls les cinq grands championnats seraient représentés en 8e de finale de la C1 en février, il y aura donc bien un intrus lundi au tirage au sort.

“Football Ă  l’arme blanche”

L’Atalanta en effet est un petit club, qui n’a jamais rien gagnĂ©, en dehors d’une Coupe d’Italie en… 1963. Mais tout a changĂ© en 2016 avec l’arrivĂ©e de l’entraĂ®neur Gian Piero Gasperini et de son “football Ă  l’arme blanche”, comme l’Ă©crivait la saison dernière la Gazzetta pour dĂ©crire le jeu hyper-agressif dĂ©veloppĂ© par le technicien.

Avec lui, l’Atalanta a fini 4e, 7e et surtout 3e la saison dernière, le meilleur classement de son histoire, qui lui a ouvert les portes de la C1.

Après trois journĂ©es pourtant, “Gasp” et sa troupe n’avaient pas inscrit le moindre point et avaient dĂ©jĂ  encaissĂ© 12 buts. L’apprentissage Ă©tait brutal.

Mais il faut croire que De Roon, Castagne, Gosens et tous les autres soldats mĂ©connus qui accompagnent les brillants Ilicic, Zapata et “Papu” Gomez apprennent vite. Les sept points pris lors des trois matches retour ont suffi et voilĂ  l’Atalanta dans le Top 16.

A Bergame, dès le coup de sifflet final, le centre-ville a Ă©tĂ© envahi par des centaines de tifosi et Ă  l’aĂ©roport, Ă  trois heures du matin, ils Ă©taient 2.000 Ă  fĂŞter le retour des hĂ©ros, drapeaux et fumigènes en mains.

Luis Muriel et “Papu” Gomez sont mĂŞme montĂ©s sur le toit du bus pour ne rien rater de la fĂŞte. Quelques heures plus tĂ´t, le talentueux capitaine argentin de la “Dea” avait rĂ©sumĂ© l’affaire. “Il n’y a pas de mots. C’est une Ă©motion unique, quelque chose qui restera dans l’histoire de ce club et du football.”

Jeudi, la ville continuait de s’extasier. “C’est un rĂŞve qui s’est rĂ©alisĂ©, nous Ă©tions tous devant nos Ă©crans, Ă  1-0, le VAR a Ă©tĂ© libĂ©rateur, et maintenant nous ne pouvons que profiter du voyage et voir oĂą nous allons, c’est un cadeau Ă  toute la ville”, a racontĂ© Ă  l’AFP Daniele Zambonelli, supporteur du club.

Battista Negri, un autre supporter, n'”arrive toujours pas Ă  y croire”. Il est dans l’expectative du tirage au sort prĂ©vu lundi et de voir s’il sera favorable Ă  l’Atalanta, dans le cas oĂą elle tomberait sur Lipsia ou Valence.

Mais, quoiqu’il arrive, “vu la façon dont ils jouent, ils peuvent jouer contre tout le monde, ils donnent tout ce qu’ils ont”.