Ligue des champions: l’Atalanta Bergame, divine surprise

Les joueurs de l’Atalanta lors de l’entraînement de veille de match à Zagreb, le 17 septembre 2019
/ © 2019 AFP

La Juventus, l’Inter Milan, Naples: L’Italie en Ligue des champions, ce sont des grands noms et des habitués. Et puis il y a l’Atalanta Bergame, qui n’a jamais rien gagné ou presque et n’est jamais montée aussi haut, mais émerveille la Serie A par la qualité de son football.

L’Atalanta n’a pas volé sa place en C1. La saison dernière, alors que l’Inter, l’AC Milan, la Lazio Rome ou l’AS Rome, tous bien mieux armés que les Bergamasques, se livraient à un concours de médiocrité pour atteindre les places européennes, l’équipe de Gian Piero Gasperini a livré un sprint époustouflant pour terminer troisième du championnat, le meilleur classement de son histoire, meilleure attaque de Serie A à la clé.

Et c’est la même route qui suit cette saison la “Dea” (la Déesse, le surnom du club), avec une troisième place après six journées, derrière les intouchables Inter et Juventus.

Sur son chemin, l’Atalanta vient cette semaine de détruire méthodiquement l’AS Rome dans la capitale (2-0), puis de piétiner Sassuolo (4-1), déjà mené 4-0 après 35 minutes avant que la bourrasque ne s’apaise.

La saison dernière, la Gazzetta dello Sport avait parlé de “football à l’arme blanche” pour décrire le jeu ultra-agressif prôné par Gasperini, 61 ans, qui trouve à Bergame une superbe revanche, huit ans après avoir été remercié par l’Inter Milan après seulement trois mois sur le banc.

Porté par la surpuissance de son avant-centre colombien Duvan Zapata et par le talent de ses deux acolytes d’attaque, le génial argentin Alejandro “Papu” Gomez et l’irrégulier mais brillant Slovène Josip Ilicic, l’Atalanta joue le meilleur football d’Italie et ça fait un moment que ça dure.

Brutal apprentissage

Lundi matin, la Gazzetta rappelait ainsi que sur l’ensemble de l’année 2019, l’Atalanta était l’équipe de Serie A à avoir inscrit le plus de points, un de plus que la Juventus, six de plus que l’Inter et sept de plus que Naples et la Roma. Pas mal pour un club qui a pour seul palmarès une Coupe d’Italie remportée en 1963.

Défense à trois, marquage individuel parfois tout terrain, l’Atalanta impressionne surtout en championnat par son pressing étouffant, la répétition des courses de ses milieux de terrain et sa vitesse de jeu, autant de qualités qui auraient dû être transposables au niveau européen.

Pourtant, l’apprentissage de la Ligue des champions s’est fait de façon brutale, avec une défaite lourde et inattendue (4-0) sur le terrain du Dinamo Zagreb, qui restait sur 11 revers d’affilée en matches de poules de C1.

“Je dis toujours que soit on gagne, soit on apprend. De ce point de vue, l’Europe est un défi que nous affrontons avec beaucoup d’enthousiasme et la défaite de Zagreb nous a réveillés”, a assuré Gasperini.

Lui et ses joueurs auront l’occasion de le montrer mardi contre le Shakhtar Donetsk, dans une poule qui reste ouverte, derrière le grand favori Manchester City.

Le stade Atleti Azzurri d’Italia étant en travaux et loin des normes de l’UEFA, c’est au stade San Siro de Milan, à 60 kilomètres de là, que les tifosi de la “Dea” devront aller encourager leurs joueurs.

Cela ne devrait pas leur faire peur. Lors de la saison 2017-2018, en Europa League, ils allaient beaucoup plus loin, au Mapei Stadium de Reggio d’Emilie et Sassuolo, à 200 kilomètres de Bergame, pour soutenir leur équipe. Et le virage était plein à craquer.