Ligue 1: Strasbourg sur tous les fronts

L’entraîneur de Strasbourg Thierry Laurey lors du déplacement à Nantes le 24 mai 2019
/ © 2019 AFP

Huit matches en quarante jours, peut-être dix: entre Coupe d’Europe et championnat, Strasbourg, qui reprend dimanche prochain contre Metz en Ligue 1, n’est qu’au début de son marathon estival.

La qualification étriquée mais méritée obtenue jeudi sur la pelouse du Maccabi Haïfa au 2e tour préliminaire de la Ligue Europa, malgré la défaite 2-1 (victoire 3-1 à l’aller), a clairement entamé les organismes.

“Il faisait très chaud les joueurs étaient vraiment fatigués”, a constaté l’entraîneur Thierry Laurey.

“C’était dur physiquement car il faisait énormément chaud. Il y a plus de fatigue que lors des matchs classiques de L1. Ça demande beaucoup d’énergie”, corrobore le milieu Adrien Thomasson, auteur d’un but et de deux passes décisives sur la première double confrontation européenne de la saison.

Pour être au point comme l’ex-Nantais, les Alsaciens ont repris les premiers, le 23 juin, presque une semaine avant tous les autres clubs de L1, avec en prime un programme précis à respecter durant les vacances: sept séances, entre course et renforcement musculaire, concoctées par le staff.

“C’était le deal pour être en avance. On a prévenu les gars qu’il n’y avait pas le temps et qu’il fallait jouer le jeu”, explique à l’AFP Florian Bailleux, l’un des deux préparateurs physiques très sollicités ces temps-ci.

Au Racing, la coupe d’Europe, les supporters en gardent de vieux souvenirs (de 13 ans au moins) et les joueurs l’ont pour la plupart découverte. Leur capacité à encaisser la répétition des matches reste une inconnue.

Laurey et sa garde rapprochée, étoffée avec l’arrivée d’un second adjoint cet été (David Ducourtioux), s’attelle surtout à gérer le futur coup de mou.

“Souffrir ensemble”

L’équipe va être fluctuante. Il y aura des changements jeudi chez les Bulgares de Plovdiv en 3e tour préliminaire aller de C3, et d’autres contre Metz, en ouverture de la L1 trois jours plus tard.

“On doit apporter de la fraîcheur. C’est la qualité d’un groupe, de tous souffrir ensemble et de se répartir le travail”, a confié à l’AFP Laurey qui redoute plus la période “octobre-novembre”.

Le préparateur physique confirme: “Ce mois d’août dantesque ne me fait pas peur parce que les joueurs aiment bien jouer. Si on va jusqu’au barrage (22-29 août), il faudra gérer au mieux pour qu’on n’ait pas de trou en octobre. On sait qu’on va avoir un pic de fatigue, il faut l’anticiper.”

Face aux Bulgares, vainqueur de leur coupe nationale mais 7e d’un championnat peu coté, les Strasbourgeois paraissent bien placés pour se hisser en barrage, dernier obstacle avant la phase de poules.

“Nous on est que le 11e du championnat de France, il ne faut pas l’oublier et la défaite à Haïfa montre que l’on peut se ramasser à tout moment”, tempère Thierry Laurey, qui entame une quatrième saison sur le banc alsacien.

Cette saison, peu de joueurs (Martinez et Gonçalvès) ont quitté l’Alsace et c’est la même chose dans le sens des arrivées où seuls, Jean-Ricner Bellegarde (Lens) et Alexander Djiku (Caen) ont rejoint le RCSA.

De la L2 à l’Europe en trois ans, sans oublier le dépôt de bilan en 2011 qui précipita le club en CFA2, Strasbourg s’habitue à l’inhabituel, saison après saison. Ce début de saison, en mode marathon, ne déroge pas à la règle.