Le Rennais Romain Del Castillo (g) à la lutte avec le Nantais Moses Simon, à La Beaujoire, le 25 septembre 2019
Par Fanny CARRIER / © 2020 AFP

L’affiche est classique mais les ambitions rennaises et le regain nantais lui ont donné un nouveau parfum européen: même si personne ne l’assume, c’est bien le podium de L1 qui sera en jeu vendredi soir au Roazhon Park (20h45).

En cas de victoire, Rennes renforcerait sa 3e place au championnat, tandis qu’à l’inverse, Nantes a l’occasion de revenir à deux points de son rival breton.

“Ce n’est pas nécessaire de se mettre une pression supplémentaire”, tempère Julien Stéphan, l’entraîneur de Rennes. “Chaque match, on l’aborde pour le gagner, et quel que soit le résultat, je pense que rien ne sera terminé ni dans un sens ni dans l’autre”.

La saison 2015-16 en est un bon exemple: Rennes et Nantes étaient 6e et 7e, tous deux à un point du podium avant leur derby de la 29e journée. Vainqueur 4-1 à domicile, Rennes était grimpé à la 4e place. Deux mois plus tard, Rennes avait terminé la saison 8e et Nantes 14e.

Et cette année aussi, la suite du programme s’annonce corsée: mardi, Rennes se déplacera à Lille et Nantes recevra le PSG. Et dans ce championnat très resserré au milieu, les deux fleurons bretons n’ont finalement que 9 et 6 points d’avance sur le 15e, Saint-Etienne.

Rennes “surperforme”

De part et d’autres, on fait donc assaut de modestie.

“Le championnat est long, il faut rester constant dans la motivation, dans l’application”, prévient Christian Gourcuff, l’entraîneur des Canaris. “On ne s’est jamais pris pour une autre équipe. L’humilité, c’est une qualité première dans le sport”.

A Rennes, Stéphan n’a qu’un seul mot à la bouche: l’équipe “surperforme”.

Pour lui, il faudra attendre la trêve internationale de mars, juste après la réception de Lyon, pour savoir ce à quoi Rennes peut réellement prétendre. Dans l’immédiat, son ambition affichée reste “de continuer à donner des émotions au public” et “de produire des mouvements offensifs de qualité”.

Sur ces deux plans, Rennes a régalé mardi à Angers dans un 8e de finale de Coupe de France de haute volée, remporté 5 à 4 après prolongation et au bout du spectacle.

Mais évidemment, cela n’a pas suffi: “Si on veut avoir des ambitions plus hautes encore, on ne peut pas afficher de telles lacunes défensives”, a pesté Stéphan après le match. “La chance ne va pas tenir encore longtemps. Il faudra vite se remettre la tête à l’endroit”, a aussi râlé l’attaquant M’Baye Niang.

Les ambitions de Rennes se manifestent aussi clairement dans les efforts actuels du club pour faire venir le champion du monde Steven Nzonzi avant la fin du mercato hivernal.

Rennes, Gourcuff ne veut pas en parler

Dans ce contexte, la dynamique semble plutôt profiter à Rennes, d’autant que Nantes a montré une apathie inquiétante dimanche face à Bordeaux (défaite 1-0) et que Gourcuff, qui garde une rancoeur évidente après son éviction de Rennes à l’arrivée de la direction actuelle en novembre 2017, ne semble pas serein.

“Je ne parlerai pas de Rennes”, a-t-il lancé mercredi avant de couper court à sa conférence de presse d’avant-match.

Mais les Canaris restent sur trois victoires d’affilée à l’extérieur et ont pu mieux se préparer que les Rennais, dont plusieurs piliers auront encore dans les jambes les 120 minutes de folie de mardi à Angers.

La clé sera sans doute dans la solidité des deux défenses, parmi les toutes meilleures du championnat (3es ex-aequo avec 19 buts concédés depuis août) mais qui ont toutes deux encaissé quatre buts lors de leur dernier match de Coupe de France (5-4 pour Rennes en 8e contre Angers, 3-4 pour Nantes en 16e contre Lyon).

Et puis, comme l’a prévenu Stéphan, “un derby, c’est un match spécial, tout est remis à plat, tout peut se passer”.