Ligue 1: premier acte sans filet pour Clement et Monaco à Nantes

Le Belge Philippe Clément, nouvel entraîneur de Monaco, arrive au camp d’entraînement du club, le 5 janvier 2022 à La Turbie
Par Christophe BELLEUDI / © 2022 AFP

“Je n’ai jamais vraiment de stress, je suis plutôt curieux”: pour sa première à la tête de Monaco, dimanche (17h05) à Nantes, l’entraîneur belge Philippe Clement a hâte de voir comment son groupe, même diminué, réagira à ses principes.

Depuis sa prise de poste mardi en remplacement de Niko Kovac, Philippe Clement a eu peu de temps pour préparer ce déplacement. Il a surtout dû faire face à une situation sanitaire complexe. Sept joueurs (Diop, Fofana, Disasi, Matsima, Badiashile, Lucas et Marcelin) ont été contrôlés positifs au Covid à la reprise. Wissam Ben Yedder, positif de son côté plus tard dans la semaine, est forfait.

Si certains, tels Diop et Badiashile, sont opérationnels, d’autres, comme Disasi ou Fofana, s’entraînaient encore à part vendredi. Sans compter les blessés plus ou moins graves, tels que Golovin et Boadu, absents de l’entraînement collectif à deux jours du match.

“Nous avons quelques joueurs avec des problèmes, beaucoup de jeunes à l’entraînement, mais c’est intéressant de voir tout le monde”, a dédramatisé Clement, dans un français correct, mais s’exprimant en anglais dès qu’il affine son discours.

Le Belge n’en rajoute pas sur la situation sanitaire actuelle. “On a la chance de faire notre boulot, souligne-t-il. Notre job est de nous adapter. Je n’aime pas la négativité, les excuses, tout ça”.

“Preud’homme et Guardiola”

Aussi, fidèle à ses principes, il entend voir ses joueurs dans l’action dès dimanche. “Je veux jouer de manière dominante et offensive”, annonce l’ancien adjoint de Michel Preud’homme, qui a été un modèle à Bruges. “En Belgique, c’était lui, mais j’apprécie aussi ce que fait Guardiola depuis le Barça”, précise encore ce natif d’Anvers.

“J’ai souvent analysé ses matches”, poursuit-il. “J’ai eu la chance d’échanger longuement avec lui après nos oppositions. C’était très intéressant. Mais ne pensez pas qu’on jouera comme Manchester City à Nantes! Dans quelques mois, j’espère qu’on verra certaines évolutions dans notre jeu et qu’on fera de grandes choses”.

En attendant, l’ex-technicien du Club Bruges ne part pas d’une page blanche. Avec Niko Kovac, Monaco reste sur trois victoires, trois nuls et une défaite à Paris (2-0) en sept journées.

“Il y a des bons fondamentaux, souligne d’ailleurs Clement. Je respecte le travail de Niko mais chaque entraîneur a ses idées. On change des petites choses à l’entraînement. On doit notamment améliorer notre jeu offensif”.

Pour cela, lui et ses trois adjoints, Frédéric De Boever, entraîneur des gardiens, Jonas Ivens, spécialiste en préparation physique, et Johan Van Rumst, arrivés aussi de Bruges, ont densifié les séances.

“Les premières ont été dures”, reconnaît Clement. “Mais ce n’est pas une surprise. A Bruges, les recrues devaient aussi s’adapter. J’aime quand il y beaucoup d’intensité et mes entraînements sont plus longs que dans d’autres clubs. Cela aidera les joueurs. Ils le ressentiront plus tard”.

“Dans l’urgence tu deviens nerveux”

Pour que sa méthode fonctionne, il sait qu’il lui faudra, au-delà du soutien de sa direction, l’adhésion totale de son groupe et, surtout, des résultats très rapides. Or, à la fin de l’ère Kovac, le niveau et l’attitude de certains cadres, comme Aleksandr Golovin, Gelson Martins, Caio Henrique, voire Wissam Ben Yedder, laissaient entrevoir une unité fissurée.

Clement va donc s’attacher à “créer une famille” avec ses joueurs. Il prédit “beaucoup de bons moments et, c’est le plus important, beaucoup de points”.

S’il précise que “le projet n’est pas sur 2 ou 3 semaines”, s’il sait qu'”aucun entraîneur ne peut tout changer en quatre jours”, il est surtout impatient.

“Je suis curieux de voir ce qu’on met en place sur le terrain par rapport à ce qu’on a travaillé”, dit-il. Je n’ai jamais vraiment de stress. Je suis curieux”.

Afin de se qualifier en Ligue des champions, Monaco, 29 points, doit remonter quatre places et reprendre sept points à Marseille, 2e de L1, d’ici fin avril. Pour Clement, il n’y a cependant pas urgence. “Dans l’urgence tu deviens nerveux, tu fais des erreurs”, conclut-il. “Ce n’est pas bon! Il faut aller étape par étape”.